Ibrahima Sall, ministre de l'Education nationale, annonce le sauvetage de l'année scolaire.

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Ibrahima Sall, ministre de l'Education nationale, annonce le sauvetage de l'année scolaire.
Mesdames, messieurs les journalistes, je vous remercie de votre présence pour la couverture de ce point de presse qui traite de la situation scolaire.

Comme vous le savez, depuis quelques temps, le système éducatif est confronté à des secousses profondes dues aux grèves des enseignants et aux réactions des élèves. Cette situation nous a été léguée par l’ancien régime. Elle n’est pas rose.

Mais les appels des patriotes, des vecteurs d’opinions, les efforts de tous ont permis le ressaisissement des uns et des autres et fort heureusement à temps.

Ainsi sur le territoire du Sénégal, il n’y a aucun syndicat d’enseignant en grève aujourd’hui.

L’analyse exhaustive de la situation faite à partir des données remontées par les inspecteurs d’académie montre une disparité sur le niveau de perturbation des enseignements/apprentissages.

On note des disparités entre régions, entre le milieu rural et le milieu urbain, entre le public et le privé, dans une même école et même dans une même classe.

Si pour l’élémentaire, la situation est normale sur l’ensemble du territoire national, la situation est différente pour ce qui est des collèges : par exemple environ 70% des collèges ont déjà fini de composer. Il en de même pour les lycées ou à peu près 40% des élèves ont suivi les apprentissages presque normalement et ont également fait les compositions.

Permettez-moi de rappeler que ce n’est pas la première fois que notre pays est confronté à une telle situation :

1968 : organisation d’une session unique du Bac au mois d’octobre,
1976 : session unique en octobre,
1985 : session unique,
1988 : année blanche,
1994 : année invalide,
1997 : les examens ont eu lieu en Octobre, ouverture en novembre,
2008 : organisation de deux sessions pour les examens de l’élémentaire.

Ceci, juste pour dire que les agressions contre le système éducatif doivent cesser pour faire primer le droit à l’éducation de nos enfants. Le champ de l’éducation doit être mis hors des querelles des adultes, des tensions politiques. L’éducation est sacrée.

C’est pourquoi, depuis ma prise de fonction et bien avant d’ailleurs, j’ai travaillé à trouver en urgence les solutions à ce grand mal, avec notamment l’appui inestimable de tous les acteurs de la société civile et de beaucoup de nos compatriotes.



A cet effet, depuis la levée du mot d’ordre, j’ai mis en place une task-force en charge de proposer une stratégie globale de réaménagement du calendrier scolaire qui prend en compte l’intérêt suprême de l’ensemble des apprenants. Ce groupe de travail est composé des Techniciens du Cabinet, Directeurs, chefs de service et de l’IGEN.

Les propositions faites ont été partagées et enrichies par les Inspecteurs d’académie qui ont aussi fait un état des lieux exhaustif de la situation pour nous permettre de cerner tous les contours afin de prendre les mesures appropriées. Ces différentes rencontres se sont tenues le mercredi 25 et le vendredi 27 avril 2012.

Il s’en est suivi, le lundi 30 avril 2012, une large concertation avec tous les acteurs (enseignement technique, université, élèves, enseignement privé, syndicats, parents d’élèves société civile etc.) sous la présidence du doyen de l’IGEN, ce qui est une première dans le cadre de la gestion de telles questions.

Il faut ajouter à cela, d’intéressantes contributions écrites de bonnes volontés, militants de l’éducation.

Partant de la synthèse de toutes ces propositions, je tiens à rassurer en précisant que :

1. il n’y aura pas d’année blanche ; pas de bachotage, ni de bâclage des cours ; la validité des diplômes ne souffrira d’aucune contestation;

2. les intérêts des enfants seront sauvegardés ;

3. aucune partie ne sera lésée.

Le découpage de l’année sera réajusté, il s’agira de faire des efforts supplémentaires.

En tout état de cause il est important de noter que :



1. Les enseignements/apprentissages se poursuivront jusqu’en fin juillet ;

2. Les examens du CFEE seront décalés d’une semaine,

3. Les examens du BFEM se feront en deux sessions, dans la première quinzaine du mois d’Août 2012 et dans la première quinzaine du mois de novembre 2012;

4. Concernant l’examen du Baccalauréat, le Ministère de l’Education Nationale, en concertation avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, précisera les modalités de son organisation ;

5. Les évaluations sommatives (contrôles continues et compositions) se feront tant pour les classes intermédiaires que pour les classes d’examens sous des formes adaptées ;

6. le mois d’août sera consacré aux vacances ;

7. le mois de septembre sera un mois de consolidation, de renforcement des enseignements apprentissages pour les établissements réellement perturbés ;

8. La rentrée scolaire 2012/2013 est maintenue à date échue. Le mois d’octobre sera consacré aux orientations (en seconde et en 6ème), à la propreté des écoles, aux inscriptions et réinscriptions et au démarrage des cours.

Il reste entendu que les inspections d’académie seront responsabilisées dans la mise en œuvre et il sera pris un certain nombre de mesures d’accompagnement, notamment :

 la poursuite de concertations inclusives à la base, par l’organisation de CRD, CDD etc. de rencontres avec tous les acteurs et actrices ;

 la mutualisation des infrastructures pour prendre en charge la question des abris provisoires ou écoles non praticables pour le mois de septembre ;

 l’obtention de dérogations pour les préinscriptions dans les universités étrangères ;

 la prise en compte des candidats à la deuxième session pour les orientations dans les universités nationales et la tenue des concours nationaux ;

 la sécurisation de l’espace scolaire

Je réaffirme mon engagement sous les directives de Monsieur le Président de la République, Monsieur Macky SALL et du Premier Ministre à tenir avec les organisations syndicales des concertations autour de leurs plateformes ; de même que ma ferme volonté de promouvoir les principes d’équité et de justice sociale dans le cadre d’une gouvernance rénovée du secteur.

Par la même occasion, nous demandons à l’ONCAV, en relation avec les ministères de la jeunesse, et de la Culture, à défaut de surseoir à certaines activités récréatives de vacances, de les réduire considérablement.

Je pense que cette année, on est allé trop loin dans une crise qui a fortement porté atteinte à l’intérêt des enfants. Il nous faut revenir aux valeurs qui fondent toute société qui se respecte et opérer des ruptures nécessaires dans nos conduites ; bien entendu, dans le respect des textes de lois et de règlements.

La majorité des élèves, plus de 95% ont décidé de reprendre les cours. J’appelle les parents à prendre toutes leurs responsabilités afin que l’espace scolaire soit définitive pacifiée.

L’opérationnalisation de l’ensemble des décisions est entrain d’être étudiée par les services techniques compétents.

De même, les cas de redoublement dans les classes perturbées feront l’objet d’un traitement spécifique.

Pour finir, je voudrais saluer fortement la générosité dont a fait montre toute la communauté éducative :

 les différents médiateurs,

 les responsables des écoles privées ;

 les parents d’élèves ;

 la société civile ;

 des organisations syndicales ;

 La presse pour son patriotisme ;

 les élèves pour leur patience et leur engagement.

Quant aux enseignants, je les invite à être dans les mêmes dispositions d’esprit pour la réussite de cette entreprise qui ne vise que l’intérêt national.

Le Sénégal ne devra jamais perdre de vue que nous n’avons qu’une seule richesse : c’est notre jeunesse, nos ressources humaines qui constituent notre pétrole, notre or. Pour cette raison, l’éducation ne doit jamais être hypothéquée.



Je vous remercie

Monsieur Ibrahima SALL

Ministre de l’Education Nationale
Jeudi 3 Mai 2012




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