Homicide involontaire : deux responsables de l'usine Fabrimetal risquent 3 ans de prison ferme à cause de l'affaissement d'un mur sur un journalier.

3 ans de prison ferme! C'est la peine que risquent B Saffiedine, directeur général adjoint et A Khumar. Ils ont été attraits ce vendredi 06 janvier 2023 à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour répondre des faits d'homicide involontaire et mise en danger de la vie d’autrui. L'affaire a été mise en délibéré jusqu'au 15 janvier prochain.


Sur les faits, le 5 novembre 2022 la brigade de la gendarmerie de Rufisque a reçu un appel téléphonique de la sécurité de l’usine Fabrimetal sise à Sébikotane faisant état d’un accident de travail d’un journalier nommé Th Kaïré. En effet, il résulte de l’économie des faits que c’est dans le souci d’améliorer le cadre de vie des employés de l’usine que les responsables ont entrepis des travaux de maintenance et d’entretien à l’intérieur. Ainsi, ce jour-là, alors qu’il était chargé de démolir un mur dans le périmètre du département des fours avec ses collegues, Th Kaïré a eu la malheureuse surprise de voir le chaînage s’affaisser sur lui. Informés de cet accident, les gendarmes se sont transportés sur les lieux en présence des sapeurs-pompiers. Ils ont constaté le corps sans vie du sieur Kaïré muni de son matériel de travail et d'un casque à la tête. 


Arrêtés, les nommés B Saffiedine, directeur général adjoint et A Khumar ont été déférés et placés sous mandat de dépôt le 4 janvier 2023. Par la suite, les mis en cause, ont été placés sous mandat de dépôt le 04 janvier avant d'être jugés ce vendredi 06 janvier 2023 par le tribunal des flagrants délits de Dakar pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d’autrui.

 

À la barre, les prévenus ont nié les faits qui leur sont reprochés. Et se renvoient la balle. Selon B Saffiedine, ce n’était pas son rôle de s’occuper de l’aspect sécurité, mais plutôt celui du responsable de la Qualité Hygiène Sécurité et Environnement (QHSE). "Toutes les dispositions avaient été prises dès que des études ont été menées en présence du génie civil de l’usine", dit-il. Quant à son co-prévenu A Khumar, il reconnaît avoir été consulté par les ouvriers qui lui ont proposé des solutions éventuelles qu’il a jugées trop risqué avec le directeur, car le chaînage pourrait tomber sur des pipelines et aurait engendré des fuites d’oxygène ce qui pourrait provoquer des incendies dans l’usine. À cet effet, il a précisé aussi qu’avant l’heure du drame, il était en compagnie d’autres personnes à la recherche de sangles pour tirer le chaînage vers le bas et aurait ordonné l’arrêt momentané des travaux. Mais les ouvriers se sont entêtés.

 

Des allégations qui ne sont pas corroborées par celles du témoin O Ba qui déclare avoir averti au préalable le responsable A Khumar du danger et aurait proposé des solutions pour écarter tout danger.

 

Lors de son réquisitoire, le parquet a souligné qu'il était avéré qu'A Khumar était sur le lieu et a déclaré qu'il en avait reçu ordre de son supérieur B. "Les ouvriers se sont opposés à poursuivre les travaux. Ce qui veut dire qu'il y a bel et bien une négligence. Lorsque les ouvriers leur ont fait part du danger, ils devaient chercher toutes les mesures nécessaires pour sécuriser la zone. Même s'il prétend leur avoir demandé d'attendre", a relevé le procureur qui requiert 3 ans de prison ferme contre les prévenus.

 

 

La défense S Ndong a demandé que les prévenus soient renvoyés des fins de la poursuite sans peine ni dépens. À l'issue de sa plaidoirie, la robe noire a introduit une demande de liberté provisoire. Mais le parquet s'y est opposé en évoquant l'absence de sécurité des prévenus.

 

Au final, la présidente du Tribunal a ordonné leur mise en liberté provisoire avant de mettre l'affaire en délibéré jusqu'au 15 janvier 2023 prochain.  

Vendredi 6 Janvier 2023
Dakaractu



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