Fonds politiques/Abdou Mbow charge Sonko et l’estime « très mal placé pour parler de transparence » : « Mëno daw lakku à l’Assemblée nationale, dem jël sunu alal, kenn xamul nakh da ko sàcc, kenn xamul fu mu ko defee »

Invité de l’émission « Rfm Matin» avec Babacar Fall, Abdou Mbow a lancé une nouvelle charge contre Ousmane Sonko et le pouvoir. Le député estime que Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye doivent assumer ensemble le bilan du régime. S’attardant particulièrement sur les fonds politiques de la Primature, il évoque des montants cumulés dépassant, selon ses calculs, les 4 milliards de FCFA et conteste, sur cette base, le discours de transparence porté par Ousmane Sonko.


Abdou Mbow poursuit son offensive contre le pouvoir. Dans son intervention face à Babacar Fall, le député a directement associé Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye au même bilan, considérant que les deux ne sauraient être dissociés dans l’évaluation de l’action du régime.
 
« Bilan bi, Pastef ak Diomaye ñoo ko bokk, parce que ñoom ñoo ànd », a-t-il déclaré. Autrement dit, à ses yeux, Pastef et Bassirou Diomaye Faye partagent la responsabilité du bilan puisqu’ils sont politiquement engagés ensemble.
 
Mais c’est surtout Ousmane Sonko que le député a ciblé dans la suite de son intervention. Abdou Mbow s’est appuyé sur la question des fonds politiques rattachés à la Primature pour remettre en cause la posture du leader de Pastef sur la transparence dans la gestion des deniers publics.
 
Selon les chiffres avancés par Abdou Mbow au cours de l’émission, les montants concernés se seraient élevés à 1 milliard de FCFA en 2024, puis 2 milliards en 2025, avant d’atteindre 1,7 milliard de FCFA en 2026.
 
« En 2024, ce fonds-là (…) am na 1 milliard. En 2025, am na 2 milliards, am na 1 milliard 700 en 2026 », a-t-il soutenu.
 
En additionnant les différents montants qu’il cite, Abdou Mbow affirme que l’enveloppe dépasse globalement les 4 milliards de FCFA.
 
« En tout, presque c’est plus de 4 milliards », a-t-il insisté.
 
Le député entend ainsi déplacer le débat au-delà du seul montant de 1,7 milliard de FCFA qu’il évoque pour 2026. Pour lui, l’analyse doit porter sur l’ensemble des sommes mobilisées sur plusieurs exercices et sur les modalités de leur utilisation.
 
C’est précisément sur cette base qu’Abdou Mbow conteste le discours d’Ousmane Sonko en matière de bonne gouvernance.
 
« Je pense qu’Ousmane Sonko est très mal placé aujourd’hui pour parler de transparence », a-t-il lancé.
 
Une déclaration particulièrement offensive par laquelle Abdou Mbow cherche à mettre Ousmane Sonko face à ses propres exigences en matière de gestion publique. Le député estime que lorsqu’il est question d’argent public, la transparence devrait permettre aux citoyens de connaître clairement la destination et l’utilisation des sommes engagées.
 
Poursuivant son argumentaire en wolof, Abdou Mbow a ainsi insisté sur la nécessité de rendre compte de l’utilisation de ces fonds. « Mëno daw lakku à l’Assemblée nationale, dem jël sunu alal, kenn xamul nakh da ko sàcc, kenn xamul fu mu ko defee », a-t-il déclaré, mettant directement en cause, dans son propos, l’absence de visibilité qu’il dit constater autour de l’utilisation de l’argent public.
 
À travers cette sortie, Abdou Mbow place donc la question des fonds politiques au centre de sa critique contre Ousmane Sonko. Il considère que le leader de Pastef ne peut, selon lui, revendiquer une exigence de transparence tout en bénéficiant à la Primature de fonds dont l’utilisation alimente les interrogations de ses adversaires politiques.
 
Le député refuse également de séparer la responsabilité de Sonko de celle du reste du pouvoir. Dans son raisonnement, Pastef, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye sont liés par une même expérience du pouvoir et doivent, à ce titre, répondre collectivement du bilan.
 
Une sortie qui confirme, une nouvelle fois, que la gestion des fonds politiques demeure l’un des terrains sur lesquels Abdou Mbow entend porter la confrontation politique avec le pouvoir, en faisant de la transparence et de l’utilisation de l’argent public les principaux axes de son argumentaire.
Vendredi 28 Août 2026
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :