Environnement : Rio + 20, Etat des Lieux au Sénégal (Mamadou Guissé)


Environnement : Rio + 20, Etat des Lieux au Sénégal (Mamadou Guissé)
La conférence des Nations Unies sur le Développement Durable se tiendra du 20 au 22 juin 2012 à Rio de Janeiro (Brésil), sous le thème de « l’Economie Verte ». Cette conférence marque les 20 ans du Sommet de la Terre tenu dans la même ville en Juin 1992. Le sommet de la Terre de 1992 marquait une rupture totale dans la gestion de la problématique de l’environnement ; sonnant l’alarme sur les méfaits des gaz à effet de serre et mettant les nations devant leurs responsabilités quant à tenir en compte ces problèmes dans tous leurs projets de développement.

Le dit sommet s’était soldé par la signature d’un accord connu sous le nom d’Agenda 21. Il s’agit la d’une feuille de route pour un développement durable. C’était un fait historique car, les pays riches devaient s’engager à mettre les moyens financiers et la technologie au service des pays pauvres afin de créer un nouveau type de développement, tout en réduisant drastiquement leurs propres émissions en gaz à effet de serre. Historique aussi, du fait que c’était la première fois qu’un cadre institutionnel est mis en place afin de réguler la gestion de l’environnement au niveau international.

Les pays en voix de développement, dont le Sénégal ne sont, certes, pas les plus grands pollueurs mais leurs populations sont les plus vulnérables aux méfaits du changement climatique du a la dégradation de l’environnement. Ceci est une tentative de faire un état des lieux pour le Sénégal 20 ans après.

Le Président Macky Sall a donné, au mois de Mai dernier, son accord de principe pour sa participation au Sommet Rio +20 et le Sénégal a toujours été présent et proactif aussi bien durant les périodes préparatoires que pendant les différents sommets. Force est de constater qu’il est difficile de faire un état des lieux exhaustif de l’impact des accords de l’Agenda 21 sur le terrain dans le pays de la Teranga, même si l’on peut affirmer sans se tromper que les administrations successives ont pris au sérieux les directives et des progrès immenses ont été faits. Des fonds propres de l’état ainsi que des apports inestimables des partenaires au développement ont infusé des moyens énormes à travers les années dans des projets de développement avec la connotation « durable ».

Les domaines d’impact sont à rechercher dans la lutte contre la pauvreté et l’accès à l’eau.

Par rapport à ce dernier paramètre, en l’occurrence l’accès à l’eau, il est la cible 7.C de l’Objectif 7 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Cela lui a valu une attention particulière, lui permettant d’assoir des progrès remarquables au point que 98% des citadins et 77% de ruraux Sénégalais ont accès à une eau de qualité selon le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat. Notons que l’Assainissement n’a pas suivi ce pas de développement.

L’assainissement dans les milieux urbains et semi-urbains au Sénégal souffre de grand maux à l’exemple de la situation totalement inacceptable de l’émissaire de Camberene, entre autres. Le principal frein au progrès dans le secteur de l’assainissement est le cout extrêmement élevé des infrastructures. A cela s’ajoute le manque de maintien des installations existantes et certaines habitudes pas très appréciables des populations – déversement abusif d’ordures dans les canaux. Le problème de l’assainissement est rendu encore plus complexe par d’autres facteurs, difficiles à prévoir au moment du dimensionnement de ces infrastructures tels que la croissance exponentielle de la décharge publique résultant d’une urbanisation très rapide et incontrôlée.

Une autre conséquence indésirable de ce phénomène se trouve être les inondations dans la banlieue dakaroise à chaque saison des pluies. L’état essayant tant bien que mal de palier à ces situations, finit toujours par jouer le rôle de pompier ; ce qui draine des ressources et ne fait que remettre la partie à la saison suivante. Cela n’est évidemment pas durable.

Les autorités sénégalaises ont mis et continuent de mettre des moyens énormes dans les projets d’assainissement à travers l’Office National de l’Assainissement (ONAS) et avec l’appui des partenaires au développement tels que l’Agence Française de Développement (AFD) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), ainsi que multiples ONG et autres groupes de la société civile. Ceci nous amène au domaine de la gestion des ressources naturelles.

La relation du Sénégalais avec les ressources naturelles est à l’image de la plus part des pays de la sous-région. Les populations, dans une plus large mesure, dépendent directement de leur milieu naturel pour leurs besoins de subsistance. C’est une surexploitation ponctuelle dans l’espace, mais, très accrues par endroit. L’usage abusif des fertilisants, l’exploitation de la forêt à usage domestique, la déforestation notamment par le feu ont pour résultat l’avancée dangereuse du désert et la poussée des eaux salées dans les zones agricoles ou encore l’érosion côtière. Cette dernière est, en outre, due au réchauffement global de la planète. Les effets directs de ces phénomènes sont très courants et sont visibles au niveau de la ville de Rufisque qui perd du terrain à la mer tous les ans qui risque de disparaitre si rien n’est fait. Ceci est, aussi, le cas des fragiles écosystèmes des Iles du Saloum.

Dans une moindre mesure, mais pour autant de dévastation causée, des usines continuent de déverser des quantités énormes de déchets toxiques, non traités, dans le littoral. Ces compagnies le font en toute connaissance de cause, mais semblent attendre qu’une législation claire avec des mesures d’accompagnement voie le jour. Entre temps, les pauvres populations exposées continuent de prendre des risques chaque jour qu’ils s’alimentent en produits de mer ou se baignent dans l’océan.

Les besoins du Sénégal, dans les milieux urbains ou ruraux, à la veille du sommet Rio + 20 en matière de programmes de développement durable restent entiers malgré les progrès placés depuis 1992.

Quant au thème de cette année à savoir « Economie Verte » nous y reviendront ultérieurement.



Mamadou Guissé
Ingénieur en Hydraulique
Spécialiste en Mobilisation des Ressources en Eau.
Guissemamadou10@gmail.com
Mardi 19 Juin 2012
Mamadou Guissé




1.Posté par mamadou ndiaye le 19/06/2012 13:03
Incapable de relever ses propres défis, malgré l’énormité de son potentiel de ressources et son capital humain, éternel assisté, il ne reste plus qu’à proclamer à à la grande messe de RIO+20, le continent Africain : Zone Prioritaire d’Expérimentation du « paquet technologique durable » à savoir les procédés, les technologies et les techniques mis au point dans le cadre du développement durable. Ceci devra permettre aux pays Africains de tirer profit de leur énorme potentiel en matière de production d’énergies renouvelables, d’offrir aux populations des alternatives de survie et de gestion rationnelle des ressources, de protection des écosystèmes bref de se frayer-enfin – nous l’espérons –la voie tant recherchée du développement, donc de l’épanouissement de ses populations

2.Posté par Ahmet deh le 20/06/2012 02:05
Article tres pertinent, on a besoin d'utiles contributions pour le devolopment de Norte chere pays le Senegal. Merci mr Guisse



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