À l’étage de la mairie de Durban, principal bureau de vote de la ville, Thabani Nyawose, porte-parole du conseil municipal, enchaîne les rendez-vous. Il porte un t-shirt du Congrès national africain (ANC), parti récemment endeuillé par un double assassinat. « Ils étaient en campagne au sud de la ville. Ça ne donne pas une bonne image de notre pays, ni de notre démocratie dont nous sommes fiers, car les gens doivent se respecter, respecter les opinions des autres : c’est ainsi que fonctionne la démocratie. »
Si l’élu reçoit parfois des menaces, il affirme ne pas craindre pour sa vie. En revanche, il connaît les réalités de terrain pour les conseillers municipaux, en première ligne face aux réseaux criminels. « Ils feront tout pour vous intimider, pour nous mettre sous pression. Parfois ils déposent une balle devant votre maison ou dans votre boîte aux lettres. »
« Certains sont prêts à vous ôter la vie simplement pour avoir une situation »
Pour Mxolisi Nyuswa, représentant du conseil chrétien du KwaZulu-Natal, le très haut taux de chômage en Afrique du Sud, qui dépasse les 30 %, permet de mieux comprendre la violence en période électorale. « Parfois, être conseiller municipal relève surtout d’une opportunité professionnelle. Alors, certains sont prêts à vous ôter la vie simplement pour avoir une situation, car les conseillers gagnent bien leur vie ».
Le conseil chrétien a donc décidé de s’engager davantage pour lutter contre ces violences politiques, avec plusieurs programmes de médiation, de dialogue, ou d'accompagnement pour les lanceurs d'alerte.
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