Affaire Pape Alé Niang / Reporters Sans Frontières aux autorités sénégalaises : "Il est temps de clôturer son dossier et de le libérer immédiatement".


Reporters Sans Frontières a rapporté les paroles du journaliste qu'il a confiées à sa famille. "Je reste fort et déterminé, toujours prêt à me battre pour la liberté, pour la liberté de la presse", est revenu sur les derniers épisodes, notamment la visite de son secrétaire général au Sénégal. " Retour à la case prison, avec au surplus une hospitalisation préoccupante…  Pape Alé Niang n’a eu que peu de temps pour profiter de sa liberté.  Extrait de sa cellule et placé sous contrôle judiciaire le 14 décembre, deux semaines après la visite que lui a rendue en prison le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, le journaliste d’investigation sénégalais a de nouveau été incarcéré le 20 décembre. Sa grève de la faim, entamée dès son retour derrière les barreaux, l’a conduit à l’Hôpital Principal de Dakar la veille de Noël. Mais il reste “fort et déterminé”, comme il l’a déclaré à RSF  par l’intermédiaire de sa famille. Et “toujours prêt à se battre pour sa liberté, pour la liberté de la presse.”

 

Le patron de RSF, Christophe Deloire réitère son vœu qui est la libération sans condition du journaliste de DakarMatin. " Comme je l'ai déjà fait en me rendant à Dakar le 1er décembre dernier, RSF insiste pour que Pape Alé Niang, qui a le soutien de ses consoeurs et confrères de la presse sénégalaise, soit immédiatement libéré". D'après la même organisation, "Si les autorités sénégalaises ne veulent pas laisser croire à l’opinion publique africaine et internationale que Pape Alé Niang est victime d’un harcèlement cruel, elles doivent clôturer son dossier, abandonner toutes les charges qui pèsent contre lui et le libérer immédiatement".

 

RSF revient également sur les charges pour les condamner. " La remise en liberté et le placement sous contrôle judiciaire de Pape Alé Niang étaient intervenus après plus d'un mois de détention entamée en novembre pour "divulgation d'informations de nature à nuire à la Défense nationale", "recel de documents administratifs et militaires" et "diffusion de fausses nouvelles". Coup de théâtre, moins d’une semaine après, le 20 décembre  : dans un communiqué, le parquet de Dakar annonce que le contrôle judiciaire est "révoqué". Argument avancé : "une violation des obligations" qui lui "faisaient défense de communiquer sous aucune forme sur les faits objets de poursuite". Le parquet de Dakar affirme que "l'inculpé a largement contrevenu à ses obligations en abordant volontairement lors de ses lives sur Youtube les faits poursuivis" et lors desquels il a mené "des attaques injustifiées aussi bien contre une autorité de la police que contre les enquêteurs".
 

"RSF s’est entretenu avec Me Moussa Sarr, l’un des avocats de Pape Alé Niang. Il a remis en cause le prétexte du parquet pour demander la révocation de la liberté provisoire. “Le parquet a créé un lien d’apparence entre la participation de Niang à un direct sur Youtube et son évocation du directeur général de la police nationale, alors que ces deux éléments ne faisaient aucunement partie de son dossier”, a-t-il déclaré.   Me Ciré Clédor Ly, un autre de ses avocats est, pour sa part, formel : Niang ne s’est jamais réellement exprimé publiquement  sur son dossier en cours. Rien ne justifiant son arrestation, RSF appelle à la clôture de l’information judiciaire en cours ainsi qu’à une remise en liberté immédiate. La Coordination des associations de presse (CAP) qui soutient Pape Alé Niang a également répondu au parquet en précisant que le journaliste “n’a nullement et aucunement évoqué la procédure ni les éléments du dossier le concernant", a-t-il ajouté.

 

L'organisation d'alerter " L’arrestation et la détention de Pape Alé Niang a suscité une vague d’indignation tant au  Sénégal qu’à l’étranger. RSF qui a pris part à toutes les manifestations de soutien au directeur du site d’information Dakar Matin a solennellement rappelé au président sénégalais Macky Sall son engagement à ne mettre aucun journaliste en prison pendant son exercice du pouvoir au Sénégal. Le cas Niang – qui risque de se transformer en précédent lamentable – entame sérieusement la crédibilité de la parole du président sénégalais vis-à-vis de ses concitoyens et de l’opinion publique mondiale. Le pays occupe la 73e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par l’organisation en 2022".

Mercredi 28 Décembre 2022
Dakaractu



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