Abdoulaye Sali Sall, ministre conseiller spécial du président : "La présidentielle ne sera qu'une formalité pour Macky Sall (...) Il n'y a pas une justice pour les voleurs de chèvres et une autre pour les pilleurs des caisses du pays"


Abdoulaye Sali Sall, ministre conseiller spécial du président : "La présidentielle ne sera qu'une formalité pour Macky Sall (...) Il n'y a pas une justice pour les voleurs de chèvres et une autre pour les pilleurs des caisses du pays"
Si certains leaders de la mouvance présidentielle privilégient la vigilance, d'autres semblent plus à l'aise avec la réélection de Macky Sall. Abdoulaye Sali Sall figure dans cette catégorie. Le ministre conseiller spécial du président de la République ne doute pas un seul instant que son candidat passera au premier tour sans aucune difficulté. “Ce sera juste une formalité”, s'est-il convaincu dans un entretien avec Dakaractu, en marge du lancement de la campagne de collecte de signatures pour le président sortant à Matam.

Le maire de Nabadji Civol est d'autant rassuré qu'il met en avant les “réalisations de Macky Sall”. Selon lui, l'actuel président a réussi ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'a pu faire. Il prend l'exemple de sa commune où, dit-il, seulement neuf villages ont été électrifiés pendant les 52 ans qui ont précédé son magistère tandis que depuis l'avénement de Macky Sall au pouvoir, ce ne sont pas moins de 14 qui ont été électrifiés. “Depuis 1972, il n'y a pas un seul kilomètre de goudron qui a été fait entre Ndioum, Ourossogui et Bakel”, déplore-t-il en ajoutant que si la donne a changé, on le doit à Macky Sall. Pourtant, d'aucuns croient savoir que l'affaire ne sera pas aussi simple surtout que des tensions sont notées au sein de la mouvance présidentielle. Mais pour Abdoulaye Saly Sall, ces dissensions ne sont pas de nature à compromettre les chances du candidat Macky Sall.

Insécurité alimentaire dans le nord, une fabrication des ONG

De la même manière, le ministre conseiller spécial minimise les effets des intempéries de ces derniers jours qui, selon certaines ONG, ont installé les populations du Nord dans une insécurité alimentaire. Pour lui, les auteurs de ces prévisions sont dans l'exagération. “Ils étaient dans mon hôtel et je leur ai demandé d'où tirent-ils leurs chiffres. Ils se sont lancés dans des explications qui ne m'ont pas convaincu. Je peux vous assurer qu'ici, les gens mangent à leur faim”, assure Abdoulaye Sali Sall selon qui, l'Etat n'a pas laissé les populations à leur propre sort. “La preuve, plastronne-t-il, elles ont répondu à notre appel aujourd'hui (jeudi 06 septembre)”, argumente le maire de Nabadji Civol.
Une partie de l'opinion estime que les candidats Khalifa Sall et Karim Wade ont été écartés par Macky Sall sur l'autel de la reddition des comptes. Une analyse que ne partage pas Abdoulaye Sali Sall d'autant plus que pour lui, il appartient au Conseil constitutionnel de trancher. L'homme politique déplore dans le même temps les quolibets attribués à la justice du Sénégal dans ces deux affaires. “C'est manquer de respect aux pratiquants de notre justice. Le président n'en a même pas les moyens. La justice est indépendante. Elle n'a pas été créée en 2012 et est gérée par des Sénégalais qui sont des chefs de famille”, défend-il le pouvoir judiciaire non sans ajouter que les pilleurs des caisses de l'Etat doivent être traités de la même manière que les voleurs de chèvres. Il dit ça au moment où certains collaborateurs du chef de l'Etat semblent être protégés. Mais selon la lecture de Sali Sall, “le temps de la justice n'est pas le temps de la politique”.

Pourquoi doit-on investir dans les zones rurales 

Abdoulaye Sali Sall est un homme d'affaires reconnu à Matam pour avoir investi dans cette région du nord. Un choix qu'il assume. “C'est mon choix qui date de longtemps. Nous ne devons pas abandonner la zone rurale. Nous avons misé et nous ne le regrettons pas. L'investissement en zone rurale n'a pas qu'un caractère pécuniaire. Nous devons relever le standing de vie des gens de la zone rurale”, philosophe-t-il. Aujourd'hui, il tire son épingle du jeu et affirme que son hôtel affiche le plein jusqu'au 31 mars 2019...
Dimanche 9 Septembre 2018
Dakaractu



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