À Keur Massar, la précarité derrière une prostitution qui s’exerce aussi en journée

Un reportage de L’Observateur décrit des sollicitations discrètes autour de la station de Keur Massar dès les premières heures de la matinée. Les femmes interrogées évoquent principalement les dépenses alimentaires et scolaires, dans un quotidien marqué par la clandestinité et la peur du regard social.


À la station de Keur Massar, l’activité matinale ne se limite pas aux commerces et aux transports. Dans un reportage publié par L’Observateur, des femmes sont décrites abordant discrètement des passants pour leur proposer des relations tarifées. Les échanges se déroulent au milieu des déplacements ordinaires, dans ce carrefour reliant notamment Malika, Yeumbeul, Jaxaay et Niagues.


Le journaliste rapporte plusieurs scènes observées aux alentours de 9 heures. Certaines femmes engagent la conversation avec des automobilistes ou des voyageurs, parfois en présentant d’abord leur démarche comme une demande d’aide financière. Les échanges restent brefs et se poursuivent, lorsqu’un accord intervient, à l’écart de la station.


Un vendeur interrogé par le quotidien affirme que ces sollicitations se répètent au cours de la journée. Il évoque l’existence de chambres ou d’appartements utilisés à proximité. Le reportage mentionne un montant de 5 000 FCFA demandé lors de plusieurs approches observées.


Les femmes rencontrées mettent en avant des contraintes économiques. L’une d’elles explique recourir à ces rencontres pour acheter de la nourriture et régler les frais de scolarité de ses enfants. Une autre présente cette activité comme une source de revenus permettant de faire face aux besoins immédiats du ménage.


Le reportage décrit notamment des veuves et des femmes divorcées. Ces situations correspondent aux personnes rencontrées par le journaliste et ne permettent pas d’établir un profil général de toutes les femmes concernées à Keur Massar.


Certaines disent privilégier la journée parce qu’elles se sentent davantage en sécurité lorsque les lieux sont fréquentés. L’une des interlocutrices affirme pouvoir rencontrer trois à quatre clients avant de rentrer chez elle. D’autres chercheraient seulement à obtenir la somme nécessaire aux dépenses quotidiennes.


La clandestinité apparaît également liée à la crainte d’être identifiées par leurs proches. Une femme interrogée dit redouter que ses enfants découvrent la nature de son activité. Le regard social influence ainsi la manière dont ces rencontres sont organisées et dissimulées.


Le quotidien rapporte aussi des témoignages sur des demandes de rapports non protégés et sur les refus opposés par certaines femmes. Les propos recueillis expriment des inquiétudes, mais ne constituent pas des données médicales permettant d’établir la fréquence d’infections parmi les personnes concernées.


Autour de la station, les réactions diffèrent. Certains commerçants et riverains se disent gênés par les sollicitations près de leurs établissements, tandis que d’autres entretiennent des relations de proximité avec ces femmes. Le reportage donne ainsi à voir une réalité où les difficultés matérielles, la recherche de revenus et la stigmatisation se croisent au cœur d’un espace très fréquenté.
Jeudi 17 Septembre 2026
Dakaractu



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