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DROGUE : I- Une nouvelle "technologie" de la conscience


Au-delà de cette ténébreuse affaire d’infiltration de narcotrafiquants nigérians au cœur du système sécuritaire sénégalais - lequel est justement sensé lutter contre le trafic de stupéfiants -, et qui laisse encore abasourdie toute une conscience collective; après les cérémonies officielles ayant marqué il y a juste un mois la journée du "26 Juin", décrétée en 1988 par les Nations-Unies "Journée Internationale de Lutte contre la Drogue", dont le point d’orgue, au Sénégal, est la cérémonie publique d'incinération des variétés de drogue saisies ; par-delà les statistiques officielles sur l'ampleur du fléau et les énormes enjeux financiers des 20 tonnes de cocaïnes saisies en moyenne annuellement Afrique de l’Ouest, et que l’Onudc estime à quelques 400 milliards de nos francs !; par delà son incidence sur le taux de la criminalité et le grand banditisme, ainsi que ses effets particulièrement ravageurs chez la plus fragile frange sociale qu’est la Jeunesse, il ne serait sans doute pas vain de tenter une singulière excursion, affranchie des œillères de la stigmatisation et des préjugés sociaux, dans ce monde féerique et… stupéfiant de la Drogue, pour tenter de comprendre pourquoi ces produits de la mort continuent-ils d’exercer une si puissante fascination chez les «camés» ? Pourquoi se défoncent-ils assidûment? Pourquoi persistent-ils à se détruire à petit feu ? La réduction, en amont, de la demande semble être l’option la mieux partagée, au niveau des structures en charge de la «prévention», pour contenir les assauts récurrents de ces «marchands de la mort».


DROGUE :   I- Une nouvelle "technologie" de la conscience
Une instabilité émotionnelle, un psychisme "cafardeux", un environnement social hostile, constituent souvent les motivations profondes des amateurs de l'évasion psychédélique. Le Progrès a imposé à l'homme moderne un rythme de vie plus dure que par le passé. Tout va très vite. Les études universitaires sont de plus en plus difficiles. Dans la vie professionnelle, on est tenu de se recycler sans cesse, pour ne pas être dépassé. L'oppression qu'exerce le modernisme sur l'individu se traduit, au plan social, par de l'irritabilité, de la frustration, l'augmentation des dépressions nerveuses, des internements psychiatriques, voire des accidents et de la criminalité.
Aussi, face à l'accroissement exponentiel du «rythme» de la vie, devant l'extension fulgurante des responsabilités sociales de l'homme, les "traînards" et les amorphes, n'ayant pas la force d'assumer toutes ces difficultés, toutes ces nouvelles exigences de la vie moderne, préférant capituler face aux épreuves, s'emploient-ils (à tort ?) à s'en libérer, ou à en atténuer l'emprise, en se réfugiant dans toutes sortes d'exutoires, de dérivatifs ou d'inhibitrices, pour tenter de "fuir", ne serait-ce que momentanément, cette société oppressante, turbulente et rebelle.
Seulement, lorsque la "pression" cesse, on reprend aussitôt contact avec la dure et obsédante réalité ! On comprend alors aisément la douloureuse auto-persécution dont sont victimes les drogués, dés lors condamnés à une "fuite" perpétuelle. On ne peut certes reprocher à une personne de rechercher la paix, la sérénité intérieure. C'est même fort louable comme intension, dans cette société tumultueuse. Mais devrait-on pour autant s’y prendre en s'intoxiquant !!
 
Comment en est-on arrivé là ?
La Chimiothérapie enseigne que toutes les drogues utilisées par la médecine moderne le sont dans un but thérapeutique. C'est donc la banalisation et la popularisation de leur usage qui en font des "drogues", péjorativement parlant. Et l'Autorité Médicale de trancher plus nettement la question en cataloguant sous le vocable générique de "drogues non-prescrites" toute la pharmacopée fichée dans la nomenclature officielle, et dont la consommation est susceptible d'avoir une incidence sur le fonctionnement du système nerveux central humain.
Au fait, comment des produits destinés à une utilisation clinique ont-ils pu être littéralement détournés de leurs objectifs ? Vraisemblablement, selon le principe d'utilisation, à bon ou à mauvais escient, des ressources de l'univers, qui a toujours caractérisé l'Homme dans sa quête perpétuelle d'un mieux-être. Nous avons souvenance, d’une démarche de proximité et de sensibilisation que Jamra, du vivant de son défunt fondateur Abdou Latif Guèye, effectuait régulièrement dans les quartiers populaires et les établissements scolaires, à l'occasion de chaque 26 juin, consacrée, par l'Organisation des Nation Unies, "Journée internationale de lutte contre la Drogue". Alors qu'un de nos animateurs s'apitoyait devant un auditoire juvénile sur les ravages que causent les stupéfiants dans beaucoup de segments sociaux, un jeune étudiant, visiblement "planeur" de son état, lui fit cette réplique : "Pourquoi tout ce tapage, tout cette alerte autour de la drogue ? A bien y réfléchir, si elle est véritablement nocive pour l'espèce humaine, pourquoi le Créateur de l'Univers qui, à ce qu'on dit, ne nous veut que du bien, l'a-t-elle mise à la disposition de l'homme ?". Spontanément, le moniteur répondit à sa question par une question : "Qui a donc crée et mise à la portée de l'homme l'énergie nucléaire ? – Le Bon Dieu, pardi ! s'est-il empressé de répondre – Eh bien, figure-toi que cette énergie prodigieuse qui a servi, en août 1945, à détruire en quelques secondes plus de deux cent cinquante mille vies, à Hiroshima et à Nagasaki, est entrain, parallèlement, de servir à des fins pacifiques et humanitaires dans l'Industrie électrique, la Médecine, l'Astronomie, etc.". Pour ne citer que ces exemples.
Considérons le cas de cette célèbre drogue chimique, de synthèse, qu’est le LSD, un hallucinogène extrêmement puissant. Elle est utilisée avec succès dans le traitement de sujets n'ayant pas réagi à la thérapie conventionnelle. Par exemple les enfants atteints d'autisme (trouble du comportement caractérisé par un repli morbide sur soi-même), jusque-là incapables d'apprendre quoi que ce soit, parce qu'enfermés dans leur univers intérieur, ont pu être traités par ce puissant psychédélique. Et le LSD n'a pas encore livré tous ses secrets, car on ne sait pas encore pourquoi il soulage les malades névrosés ou psychotiques. On a avancé l'hypothèse d'un pouvoir neuroleptique qu'il posséderait. Mais toujours est-il que toutes les utilisations thérapeutiques du LSD ne concernent que des patients dont la condition justifie que l'on prenne des risques : alcooliques, psychopathes, moribonds, enfants autistiques, etc.
En contre-point, il est suffisamment prouvé que l'usage fantaisiste et intempestif de cette même drogue provoque des modifications importantes dans les chromosomes, qui peuvent entraîner la naissance d'enfants difformes, mongoliens ou retardés mentaux. Et au risque de maladie mentale, souvent irréversible, il faut ajouter que l'impression trompeuse d'euphorie et d'immortalité, caractéristique du "plané" au LSD, aboutit parfois à un suicide non voulu chez les utilisateurs : ayant éprouvé ce que certains psychothérapeutes décrivent comme une "conscience élargie", le drogué risque de passer à coté des quelques effets plus subtiles de cette sensation et se dire, par exemple, qu'il peut sans danger sortir par la fenêtre du 6e étage ! En somme le "voyage" qu'est supposé s'offrir le "camé", en quête de sérénité, peut à tout moment devenir un voyage sans retour ! On ne le dira jamais assez : l'abus en toutes choses est nuisible; on ne peut pas tricher avec la Nature.
(A SUIVRE…)
 

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II - "L'herbe qui tue"
 
L'usage de drogues non-prescrites sous tous les cieux, et sous toutes les normes, n'a jamais causé que des ravages. On a essayé de mesurer l'influence du cannabis (chanvre indien, ou "yamba", sous nos cieux) sur la neurophysiologie. Et il s'est avéré qu'au fur et à mesure qu'il produit ses effets, le rythme cardiaque s'accélère, les perceptions visuelles et auditives sont altérées, le sujet perd la notion du temps et de l'espace, pendant que ses yeux rougissent et que sa bouche se dessèche. Les utilisateurs font état d'une sensation d'euphorie, d'un renforcement des impressions sensorielles. Lorsque l'accoutumance s'installe, les sujets commencent à témoigner d'une perturbation des capacités intellectuelles, affectant particulièrement la fonction mnémonique. En effet, des recherches attestent à suffisance, chez nombre d'utilisateurs réguliers de "yamba" ("l'herbe qui tue"), une incapacité chronique à restituer des informations acquises juste avant la consommation, d'une incohérence dans l'élocution, due à une mauvaise coordination entre l'esprit et le corps. Aussi, il n'est pas étonnant d'entendre les consommateurs de notre "herbe" locale se plaindre de ce qu'ils nomment eux-mêmes le "pinw-pinw", qui serait, au sens de leur explication, une perte totale et brutale de la mémoire, alors qu'ils étaient en pleine conversation, par exemple.
Une des premières études faites sur ce sujet par le service de psychiatrie de l'Université de Toronto, dés 1974, fourni des exemples éloquents d'altérations des facultés mentales, sous l'effet de cette drogue. Outre les pertes de protéines, des dégâts irréversibles ont été notés dans le cerveau de rats soumis en laboratoire à l'expérience du chanvre indien. Et tous les dosages administrés à des chats ont entraîné des vomissements et une défécation. Les félins semblaient n'en avoir cure. Mieux, ou pire, dans la plupart des cas, ils se sont assis sur leurs excréments, ce qui est comportement absolument anormal chez un chat. Des expériences conduites par le docteur John Hall, directeur de l'unité de médecine de l'Hôpital de Kingston, à la Jamaïque, ont établi que 20 % de ses patients fumant de "l'herbe" depuis au moins 5 ans se plaignent de d'impuissance sexuelle.
Les "pulls" aussi…
            Au nombre des drogues chimiques, dont l'effet primaire se manifeste directement dans le cerveau, figurent les amphétamines, les barbituriques, les tranquillisants, les anti-dépressifs et les dérivés de la morphine. L'intoxication qu'elles produisent est d'autant plus grave que leurs effets dépresseurs sur les centres respiratoires peuvent entraîner le coma ou la mort brutale. Nous pouvons à cet égard citer la fameuse "pilule bulgare", ou "comprimé sawarnaa", toujours en vente libre (?!) sur la place publique, et qui doit son surnom au dynamisme physique et à la lucidité mentale qu'il procurerait au consommateur. C'est une drogue chimique, de synthèse, à base d'amphétamine. Or, la structure de l'amphétamine est analogue à celle de l'adrénaline (substance naturelle stimulante, secrétée par les glandes surrénale; elles constituent "l'hormone de l'activité"). Sous l'effet des amphétamines, les produits chimiques de transmission du cerveau sont libérés et acheminés vers les synapses (zone de contact entre les neurones du cerveau). A l'état normal, dés que la substance chimique naturelle a accompli sa mission, et fait passer le message d'une cellule nerveuse à la cellule voisine, elle est inactivée : la cellule reprend son transmetteur. Le drame est que les amphétamines bloquent cette reprise. Les substances de transmission du cerveau continent alors à agir aux synapses. Situation alarmante que les neurologues comparent, à juste titre, à un tableau de signalisation routière où tous les feux (vert, orange, rouge) s'allument en même temps, et restent allumés ! Il est évident que l'absorption de cette drogue tonifiante finit par épuiser les cellules nerveuses, d'où l'effondrement soudain qui suit un "plané" prolongé aux amphétamines. Le "comprimé sawarnaa" (et ses variantes), très prisé dans certains milieu du transport en commun, présentent un danger certain pour les conducteurs (et pour les passagers, naturellement !) : voulant à tous prix lutter contre la fatigue et le sommeil, pour fructifier leurs gains, certains conducteurs absorbent inconsidérément un comprimé après l'autre, risquant ainsi une perte de conscience soudaine au volant. L'accoutumance conduit le consommateur de "pulls" à supporter progressivement des doses toujours plus fortes. Et il finit presque toujours par substituer la prise trachéo-buccale par l'injection intraveineuse pour accélérer la production du "flash".
"Dans les vaps"
Pourquoi nos frères "camés" s'obstinent-ils à faire et à refaire le "voyage" ? Nombre d'entre-eux avoueront sans complexe qu'ils avaient goûté à la "chose" d'abord par curiosité ou par snobisme. Et que le véritable coup de foudre s'est produit dés la première expérience. Le séisme qui aura secoué le système nerveux, jusque dans ses structures biologiques, n'est pas étranger, selon de nombreuses études, au "sentiment de liberté", aux "sensations extraordinaires", aux "visions colorées d'une beauté ineffable", dont font état les drogués. Ce qui est non moins certain, c'est que le mécanisme ayant conduit à cette altération de la conscience n’en reste pas moins un agent chimique, agissant jusque dans la structure biologique du système nerveux, et dont les résidus continuent de squatter les méandres de celui-ci après avoir produit leurs effets.
C’est ainsi que le THC (tétra-hydro-cannabinol), le principe actif du "Yamba", est considéré comme l’un des cannabinoïdes qui affectent le plus le psychisme. Par marquage radioactif on a pu en suivre le trajet dans l'organisme, et constater qu'il faut entre cinq à huit jours pour que le métabolisme parvienne à éliminer la moitié seulement de la quantité contenue dans un seul "joint" ! C'est donc dire que les méfaits de la drogue sont cumulatifs. Autrement dit, plus la consommation est régulière, plus la concentration de l'élément actif dans le corps est dense et, par conséquent, le sentiment de "manque" que peut ressentir le drogué autant douloureux. Eh oui, la "défonce" peut devenir une nécessité physiologique ! Aussi l'habitué du "daanu leer" est-il abruti entre deux prises : pour 5 à 10 minutes de "haaya", il est par la suite malade pendant des heures. Mais puisqu'il se sent mieux dans le "plané", il s'empresse d'y retourner dés que la pression cesse. Un impitoyable cercle vicieux, dans l'étrécissement duquel se côtoient les cas rebelles de psycho-dépendance, d'asservissement total et, à la limite, de délires paranoïaques. Mais en attendant, le "guerrier" se plait dans sa peau. Il ne s'imagine pas être intoxiqué. Il pense pouvoir s'arrêter quand il veut. Et convaincu d'être affranchi de ses barrières psychologiques, il se retrouve une conscience nouvelle ("le timide devient courageux, le lâche audacieux").
Charles Baudelaire, le poète drogué, auteur des "Paradis artificiels" et des "Fleurs du mal" a écrit ¨"La drogue ne révèle à l'individu que l'individu lui-même". Et Charlie Parker, le grand saxophoniste de Jazz, mort à 34 ans, a déclaré : "A l'époque où je me droguais, je pouvais penser que je jouais mieux. Mais lorsque j'écoute mes disques d'alors, je me rends bien compte que c'est faux".
Le portrait du drogué super-intelligent, dont les facultés intellectuelles sont décuplées est un mythe. Il est à présent avéré que l'altération de la conscience, induite par l'expérience psychédélique, étant en contraste notoire avec l'état mental ordinaire, explique cette perception inhabituelle de l'environnement. Réaction somme toute prévisible, eu égard au bouleversement de la structure biochimique du cerveau induit par les substances hallucinogènes.
Selon une étude menée par le Kings Collège de Londres et l’Université de Duke, aux Usa, les consommateurs réguliers de cannabis ont de faibles capacités de mémoire, de concentration et de vivacité d’esprit. Et que même avec l’âge leur QI (quotient intellectuel) baissait, consécutivement à la récurrence de la "perturbation du processus cérébral normal ". Et cette psycho-dépendance du drogué peut atteindre une proportion telle qu'il en devienne littéralement l’esclave, au point de devoir nécessairement prendre sa "dose" même pour pouvoir accomplir des actions qui d'ordinaire ne posaient pas de problème (son activité professionnelle, par exemple) ou pour effectuer des opérations mentales les plus élémentaires (la lecture, la conversation, etc.). L'intoxication du milieu sensitif provoque insidieusement une "anesthésie" psychique, qui fini par entraîner une diminution des reflexes sensori-moteurs, privant progressivement l'adepte du "plané" de l'usage normal de ses facultés mentales et intellectuelles. Aussi, lorsqu'il les recouvre dans leur normalité, lors d'un prochain "voyage", lui arrive-t-il, paradoxalement, de se targuer d'avoir fait du "jeli science" !
L'usage de la drogue qui, incontestablement, a gagné des segments considérables de la société, est un fléau qu'il importe, certes, de combattre pour la sauvegarde de la santé mental des populations et la de sécurité publique. Mais l'expérience prouve chaque jour davantage que les programmes de prévention, développés par les structures non-étatiques, ne seront jamais de trop pour protéger les couches les plus fragiles, particulièrement les jeunes. Auprès d'eux, un effort particulier doit être consenti dans la "démythification", en commençant par les édifier sur les mécanismes insidieux de l’accoutumance. De manière à les armer moralement, face aux techniques de marketing mis en œuvre par les dealers-détaillants, des quartiers populaires surtout, pour mieux les appâter, selon des formules subtiles leur faisant souvent miroiter des "facultés nouvelles" que la drogue procurerait. Avec la "sérénité" en prime…
 
(A SUIVRE…)
 

 
 
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Une nouvelle "technologie" de la conscience
III - Et "Jah", dans tout ça ?
 
            Comment peut-on prétendre rechercher la paix intérieure en s'autodétruisant ? Ce paradoxe se résume fort bien dans cette terrible phrase de "Pecos" - c’est le surnom d’un "camé" repenti que Jamra avait eu l'opportunité d'encadrer, et dont l'histoire a fait l'objet d'un récit pathétique, fidèlement restitué par le défunt Abdou Latif Guèye, dans le premier numéro de "JAMRA, Revue sénégalaise des dossiers sociaux", du mois de février 1983 -, et qui défraya, à l'époque, la chronique. «Pecos» a confié ceci à Latif : "Lors de son voyage à Dakar, Burning Spear, cette icône du Reggae, m'a dit que la drogue procure un équilibre mental qui efface la souffrance. Effectivement, j'ai pu me rendre compte que lorsque j'étais en plein "haaya", on pouvait égorger un enfant devant moi et ça m’aurait laissé indifférent". Effarante contradiction ! Maudit cercle vicieux ! En cherchant à "s'améliorer", à se "libérer", par le biais de la drogue, on aura en fait réussi qu'à se bâtir perfidement le caractère le plus épouvantable qui soit.
            Lorsqu'au paroxysme de l'intoxication "Pecos" – qui s'était "défoncé" pendant 17 ans – en arriva un jour à gifler son petit neveu de trois ans (qui en perdit connaissance); à casser la tête de son prof' d'un coup de manivelle; à décharger son pm (pistolet-mitrailleur) sur son supérieur militaire hiérarchique, etc., on peut aisément imaginer la profonde aversion qui a dû le saisir postérieurement – à la faveur d'un furtif mais salutaire moment de lucidité -, et l'impérieux sursaut de conscience qui aura eu l'heur de l'arracher des tentacules envoûtante du produit satanique.

 
            Le plus grand mérite de la jeunesse intellectuelle de notre pays, est qu'elle est généralement sans équivoque lorsque, dans ses analyses, elle passe au crible les dogmes culturels ou politiques. Elle aime à les "remettre en question", pour en discerner les aspects aliénants. Notre jeunesse est généralement attentive et vigilante, face aux apports culturels extérieurs, avant d'en adopter éventuellement les aspects positifs. Lors de leurs conférences et "thés-débats contradictoires", ce ne sont pas les réquisitoires sévères, daubant telle ou telle impérialisme, qui manquent. Mais on est comme frappé cécité face au plus cruel, au plus venimeux des impérialismes, que l'on subit complaisamment parce dispensateur de "rêves et d'euphorie".
Si la drogue a pu durablement gagner sous nos cieux ses lettres de noblesse, au point de devenir endémique au Sénégal, c'est parce que, reconnaissons humblement, elle est devenue un effet de mode (on "s'enflamme" pour être à la page) après s'être mué en une véritable idéologie, avec l'avènement du Mouvement "Rasta", dont les effluves sonores des années 1980, continuent toujours d’ailleurs, depuis la lointaine Jamaïque, de faire leur effet de séduction sur de large segments juvéniles et autres nostalgiques de ces années de gloire du "dreadlocks rasta".
       Les "Rastafarians", apôtres d'un nouveau dogme philosophique, ou simples victimes de la société néo-coloniale, sont en tous cas d'un ressentiment inextinguible contre les "sangsues de Babylone", incarnés, selon eux, par les impérialismes occidentaux. Ils ne pardonneront jamais à l'Occident d'avoir non seulement astreint, pendant 300 ans, leurs ancêtres à l'esclavagisme le plus vil (la Traite négrière), mais surtout d'avoir continuer, par l'exploitation économique et financière néo-coloniale, à reléguer leur progéniture dans la précarité, dans des quartiers crasseux et populeux de lumpen-prolétariat.
Renonçant à toutes formes de lutte consciente et organisée, en vue de leur libération culturelle et économique, ils se résignent à un repli sur eux-mêmes, s'enferment dans un univers musical et psychédélique pour extérioriser leur rage et leur désespoir dans des exhortations tantôt bibliques, tantôt injurieuses contre "l'usurpateur", "l'impérialiste". Simple révolte qui n'aura pour autant pas eu l'heur de les affranchir véritablement de l'ascendance culturel du système oppresseur.
Par conséquent, où sied-t-il le mieux, que dans cette occurrence, de parler d' "Opium du Peuple" ? Complaisance ne peut, en effet, être plus saillante, de la part de l'élite intellectuelle "rastafariane", dans ce renversement condamnable des rôles, qui n'en aura pas moins permis de révéler au grand jour une certaine cécité "révolutionnaire". Après des décennies de gesticulations puériles, ces "idoles", qui prétendent porter le message de la philosophie "Rasta", auront tout au plus réussi – et les nombreuses masses populaires, fanatisées, avec eux - à promouvoir, et à mettre en musique (cf. "legalize marijuana", de Peter Tosh), des comportements sociaux serviles, et surtout à s'assujettir inconsciemment à des politiques laxistes d'anesthésie de la conscience populaire, par la vulgarisation à outrance du "Ganja", qui aura compromis moult carrières et brisé bien des vies. Qu'on laisse donc "Jah" tranquille. Il n'y est pour rien!
Le visionnaire jamaïcain, Marcus Mosiah Garvey (1887-1940), avait fondé l’Association universelle pour l’amélioration de la condition noire, l' "Universal Negro Improvement Association"- UNIA, toujours en activité. Sous son impulsion, cette organisation devint le principal défenseur de "la rédemption par le rapatriement".En 1919, à New York, Garvey descend les rues de Manhattan à bord d’une Limousine, suivi par 250.000 adeptes. Les Jamaïcains écoutent religieusement et avec enthousiasme ses prêches, lors des meetings organisés dans les mois qui suivirent son retour en Jamaïque. En dépit de cette ambiance sympathique et animée, Garvey se trouvait à l’étroit et, en 1935, il part pour l’Angleterre.
Mais auparavant, il eut le temps de prononcer, à Kingston (Jamaïque), son discours historique, qui devait marquer le lancement du mouvement Rasta, dans une église de la capitale. C'était un dimanche de 1927. Il eut ces mots : " Look to Africa, where a black king shall be crowned " ("Portez vos regards vers l’Afrique, où un roi noir doit être couronné ").
Marcus venait ainsi de "prédire", à l'attention de la Diaspora noire du monde entier, que ce noir qui allait être couronné en Afrique, "rassemblerait les tribus égarées pour les libérer et les ramener à la terre de leurs ancêtres". Une prédiction qui était plus symbolique que dialectique, mais qu'une bonne frange d'afro-américains prit à la lettre. Ils l'interprétèrent comme le signe de la venue d'un messie noir. Et le mouvement "Rasta" naquit à New York et à Kingston, en attendant l'événement !
Trois ans plus tard, le 02 novembre 1930, un chef tribal, jusque-là méconnu, fut couronné empereur à Addis-Abeba, le "Négus", Souverain d'Ethiopie. Il prend le nom d' ''Hailé Sélassié 1er", signifiant le " Pouvoir de la Sainte Trinité ". De plus, il est descendant de Salomon, fils de David, lui-même fils de Jessé (Issaï Jessé est noir, selon la philosophie "Rasta").
Les Rastafarians conclurent naturellement que toute la filiation est noire et qu'ils sont par conséquent les vrais juifs. JAH (JAH-VÉ) est donc leur Dieu. Rastafari (Haïlé Sélassié) leur roi, le Seigneur des Seigneurs, le Lion de Judée, l'homme-Dieu incarné, l'égal de Jésus. Les Rastas y virent donc un accomplissement de la prophétie de Garvey.
Prédiction symbolique, disions-nous, Mais non moins significative quand on sait que c'est Addis Abéba, fief du Négus, qui abrita, en 1963, le premier Sommet de l'Oua, et que l'organisation panafricaine ambitionnait, dés qu'elle fut portée sur les fonts baptismaux, de parachever l'indépendance politique et économique du Continent.
Or donc, déportés et déracinés, nos frères de cette île des Antilles, au sud de Cuba, assistent toujours impuissants à leur déculturation, à leur aliénation, en se délectant, depuis plusieurs générations, de ce "bricolage mythologique", qu'ils enrichissent à souhait de références bibliques, qui "avaliseraient" leur croyance Rasta. Assoiffés d'authenticité culturelle, les "Rastafarians" trouvent toujours (faute de mieux ?) leur consolation dans la Drogue et de la musique reggae. Et les multiples célébrations - le 11 de chaque mois de mai -, depuis trois décennies maintenant, à travers le monde, de l’anniversaire de la mort du "Roi du Reggae", Bob Marley, parti pour le "grand voyage", à la fleur de l’âge - il avait 36 ans -  n’auront pour autant pas connu une seule ride, en dépit de l’épreuve du temps !
 
 
 
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IV – Une Rédemptrice ?
 
La Lutte contre le fléau de la drogue peut s'avérer, à plusieurs égards, très laborieux, si l'on tient compte de certains impondérables qui traversent aisément les plus fines mailles de la répression officielle. Face à un vaste réseau, scientifiquement organisé, qui imagine sans cesse de nouvelles stratégies d'infiltration et de dissimulation, les pouvoirs publics semblent parfois désorientés dans cette chasse ininterrompue contre l'ennemi invisible, insaisissable.
Que faire quand des médecins, oubliant leur noble mission de préservation de la santé publique, mus par des mobiles bassement mercantiles, tournent le dos à l'éthique professionnelle, pour délivrer complaisamment certaines ordonnances à des individus douteux ?
Que faire pour réglementer plus rigoureusement la commercialisation des sédatifs, des amphétamines, des analgésiques, des neuroleptiques… Afin qu’on n’en use pas comme levier d'auto-hallucination ?
Comment filtrer toute la gamme de supports littéraires importés, pour en extirper tout ce qui vante les vertus "miraculeuses" du "H", des "bennies", des "dexies", des "pulls", du "crack", etc. ?
Comment protéger nos enfants contre un certain prosélytisme pernicieux et envahissant, issu des imparables sinuosités de l'Internet, et susceptible de leur inculquer de dangereuses notions de "Liberté" ou, plus prosaïquement, l'abécédaire même de la composition de quelque substance hallucinogène, "pour adhérer à une Société nouvelle" ?
Que faire pour protéger la jeunesse sénégalaise de l'influence perverse d'un certain tourisme ? Que faire pour identifier, neutraliser ces "prospecteurs", ces agents commerciaux d'un type nouveau qui hantent les abords des lycées et collèges, s'infiltrent dans les milieux universitaires, organisent la promotion de leurs "produits", en distribuant généreusement  des échantillons, comme on le ferait pour lancer une quelconque marque de lessive ? Que faire pour s'assurer que le simple carburant d'automobile, ou le diluant cellulosique, en vente libre, comme on le sait, ne servent à la reniflette enivrante (le "guinz") ?
Que faire ? Que faire ? Les interrogations ne manquent pas, simplement parce toute démarche s'inscrivant dans le sillage du "Mythe de Sisyphe" ne saurait prétendre solutionner un problème au niveau du problème lui-même. Il serait prétentieux de vouloir faire disparaître l'obscurité en … la chassant !  ("Il faut apporter la lumière pour que s'évanouisse l'obscurité !" - Confucius)
Au demeurant, on est saisi de compassion en entendant certains toxicomanes, obstinément "accros", avouer qu'ils ne peuvent se passer de leur "dose" quotidienne. Aussi, lorsque survient le "manque" rien, à leurs yeux, ne saurait constituer un obstacle au "voyage". Et à tous prix, au risque même de chaparder ou d'agresser sur la voie publique, ils se procureront leurs "joints", leurs "pulls" ou leur seringue. D'ailleurs, à entendre certains "camés" théoriser sur leur grimoire on s'aperçoit que les formules hallucinatoires peuvent être variées et sophistiquées à l'infinie. Alors que faire ?
La faiblesse humaine, semble être le dénominateur commun des comportements déviants, et de la souffrance humaine, dans une plus large acception. Cette souffrance humaine, que l'on entreprend légitimement d'enrayer en se "shootant", s'il y avait moyen de s'en affranchir, à la faveur du développement du potentiel mental, de la maîtrise de soi, du renforcement de la santé mentale, ne serait-elle pas le début d'une solution  révolutionnaire à la toxicomanie ? C'est ce qui semble en tous cas ressortir d'études réalisées dans des Universités de renom, en Californie, Los Angeles, Harvard, aux Usa ; mais aussi en Suède, en Allemagne, en Suisse et plus récemment en France.
Ces études cliniques révèlent, en effet, que la pratique régulière de certaines techniques de régénération physique ou mentale, procurant un profond niveau de repos neurophysiologique, normalise le fonctionnement du système nerveux en l'affranchissant progressivement de la dépendance aux produits hallucinogènes ou neuroleptiques. C'est ainsi que de nombreuses conclusions de recherches effectuées en laboratoire, en Occident, ont pu établir qu'une technique de repos mental et physiologique comme la "Méditation transcendantale" (MT), par exemple, se substitue sainement, et avec un succès surprenant au "plané" que recherchent les drogués.
Les Suédois ont travaillé avec des toxicomanes usant invariablement de drogues dites "douces" (hachisch, marijuana, etc.) et "dures" (morphine, cocaïne, etc.) Ils ont réparti leurs sujets d'expérience en deux groupes : un groupe expérimental auquel l'on enseigna la technique de Méditation transcendantale (MT) et un groupe témoin auquel on fit suivre une thérapie de groupe. Détail amusant, les chercheurs suédois n'ont pu garder leur groupe témoin que pendant 3 mois, au lieu de 6 initialement prévus : au vu des résultats… stupéfiants, obtenus par le groupe expérimental, les membres du groupe témoin ne voulaient plus attendre davantage pour se mettre, eux aussi, à pratiquer la MT !
Dans le numéro un de l' "Américan journal of psychiatry", au chapitre "Méditation and Marijuana", on y commente les résultats d'une étude rétrospective portant sur 1862 sujets chez qui on a relevé une diminution  notable de l'usage de drogue, alors qu'ils ne pratiquaient la MT que depuis quelques mois seulement. L'expérience quotidienne d'"éveil au repos", induite par la technique de MT, entraîne un raffinement naturel de la physiologie, allié à une amélioration de l'équilibre psychique. La profonde relaxation mentale qu'elle procure favorise le relâchement des stress, profondément enracinés dans le système nerveux, et que le sommeil naturel n'avait pu éliminer. Il en résulte un regain d’énergie, une plus grande clarté de l’esprit et davantage de stabilité intérieure.
Par la pratique régulière, la normalisation progressive de la neurophysiologie entraîne une réduction de l'anxiété, un renforcement de l'équilibre mental et du bien-être général. Les Beatles, en leur temps, avait su tirer grand profit de cette technique de régénération mentale. Et le grand guitariste sud-américain, Carlos Santana, semble s'être complètement métamorphosé depuis qu'il s'adonne à la MT. Plus généralement, cette technique mentale, dont les répercutions sur la physiologie sont avérées, est expérimentée avec succès chez les psychopathes moyens, les adolescents victimes de traumatismes émotionnels, les retardés mentaux, les bègues et les aphasiques.
Au Brésil, il y a deux ans, 60 millions de téléspectateurs ont suivi, pendant le journal télévisé, un reportage sur la popularité et l’efficacité de la technique de MT. Et plusieurs autres émissions l’ont présentée comme un outil particulièrement efficace dans la vie des hommes et femmes politiques, des médecins, des ministres des différents cultes, des militaires, des enseignants, des acteurs et des sportifs.
Et Dilma Rousseff, la nouvelle présidente du Brésil, a récemment témoigné de sa propre expérience devant la presse  en déclarant qu’elle pratiquait quotidiennement la Méditation Transcendantale et combien cette pratique était importante pour elle.
 Le 13 décembre 2010, à New-York, lors d’une conférence de presse, à laquelle participaient d’éminents psychiatres, les quatre plus grands metteurs en scène américains, Clint Eastwood, David Lynch, George Lucas, Martin Scorsese, ont lancé l’Opération "Warrior Wellness" [Opération santé des soldats]. Une vaste action nationale destinée à permettre à 10 000 soldats de se libérer du "syndrome de stress post-traumatique", induit par les traumatismes de la guerre (SSPT), grâce à la technique de Méditation Transcendantale.
On estime à quelque 500 000 soldats, soit près de 35% des troupes, ayant combattu en Irak et en Afghanistan, qui souffrent de SSPT ou d’autres formes de traumatismes mentaux. Et nombre d’études scientifiques, étayées par des témoignages de soldats américains eux-mêmes, attestent que la pratique de la Méditation Transcendantale aide à éliminer les stress profonds causés par les guerres et à rétablir chez les soldats un équilibre physique et psychique. Sans usage de stupéfiants ou de neuroleptiques. Aux Usa, le gouvernement subventionne toujours des programmes d'initiation dans certains lycées, pour évaluer les effets de la MT sur les jeunes toxicomanes. L'Armée et la Marine Us ont des projets expérimentaux en cours. Dans les prisons – ces zones à forte concentration de stress, prêtes à exploser à tout moment - américaines et canadiennes, la MT y est enseignée aux détenus, surtout avant leur élargissement, pour faciliter leur réinsertion sociale.
C’est en 1975 que cette technique mentale de régénération neurophysiologique est utilisée pour la première fois dans le milieu carcéral, par des expériences-pilotes dans les établissements pénitenciers américains : la Prison d’Etat de Saint-Quentin et la Maison d’Arrêt de Folsom. Les plus durs des Etats-Unis. Les excellents résultats, validés par de nombreuses recherches scientifiques, ont été confirmés par la suite dans plus de cent établissements pénitentiaires à travers le monde : Sri-lanka, Espagne, Brésil, Philippines, Etats-Unis, France… Sénégal.
 A cet égard, le gouvernement du Sénégal, en 1986/1987, avec l'appui d'instructeurs français, indiens et américains indépendants, avait inclut ce programme dans sa politique de réinsertion des détenus de différentes Maison d'Arrêt et de correction du Sénégal. Suite à une audience que le président Abdou Diouf a accordé à une délégation de l’Université de recherche européenne Maharishi (Meru), basée en Suisse, le gouvernement du Sénégal invita l’Université Meru à venir travailler en collaboration avec son administration pénitentiaire. Dix-sept experts en réhabilitation, fondée sur la pratique de la technique de la MT, instruisent en deux ans plus de 12.000 détenus, gardiens et régisseurs de prisons, dans 31 établissements pénitentiaires, sur les 34 que compte le Sénégal. Pour la première fois, la totalité de la population carcérale du Sénégal adopte et pratique cette technique mentale, simple et naturelle, dont les effets sur le potentiel mental, la santé physique et le comportement social sont confirmés par les expérimentateurs eux-mêmes.
Résultat : le climat social dans beaucoup de centres de détention s’était tellement amélioré, notamment par une baisse des tensions internes, des dépressions nerveuses et des comportement violent, que le président de la République, M. Abdou Diouf, du signer, en juin 1988, un décret de grâce présidentiel au profit de 2.300 détenus. Si bien que l’administration pénitentiaire se résolue à fermer quatre centres de détention restés vides, de juin 1988 à janvier 1989… faute de pensionnaires !  Quatre prisons sénégalaises sans pensionnaires durant huit mois, et une dizaine d’autres fonctionnant au ralenti, avec 20 à 30% de leur taux d’occupation habituelle. Sur les 2.300 amnistiés, plus de 2000 ne sont pas revenus. Soit un taux de récidive inférieur à 20%, le plus bas jamais enregistré au Sénégal. A cet égard, les résultats obtenus par la Maison d’arrêt et de correction de Thiès sont plus que spectaculaire : «Aucun détenu libéré n’a été réincarcéré à la Mac de Thiès, où le taux de récidive était de l’ordre de 85% avant la mise en œuvre du programme de M.T.», précise le Régisseur Alioune Badara Déme, dans un rapport en date du 04 août 1987, dont ampliation a été faite au ministre d’Etat, Ministre des Affaires et des Services présidentiels, au Gouverneur de Région, au Procureur de la République à Thiès, aux Chronos et aux Archives. Ce fut un succès éclatant.
Les économies budgétaires ainsi réalisées ont permis de renforcer les stocks des denrées alimentaires, de procéder à des travaux de réfection en maçonnerie et en électricité, dans certains centres de détention, assurant de la sorte de meilleures condition d’existence aux détenus restant.
La consommation des médicaments est l’une des toutes premières dépenses dans la plupart des prisons. Aspirines, somnifères, antibiotiques, antipaludéens, sérums antitétanique, pour les coups et blessures à l’arme blanche, remplissent régulièrement les pharmacies des prisons. Six mois à peine après l’adoption de ce programme de réhabilitation, on a noté une chute significative des frais médicaux. A la Prison de Saint-Louis, la fréquence des consultations médicales chuta de 1000 à 300 par mois…
Co-piloté avec le Colonel Mamadou Diop, Directeur de l’administration pénitentiaire, secondé par Fatou Binetou Diongue, directrice de la Prison pour femmes de Rufisque, Alioune Badara Déme, régisseur de la Maison d’arrêt et de correction de Thiès et Mamadou Moustapha Dieng infirmier Major de la Prison de Saint-Louis, cette expérience originale ne fit malheureusement pas long feu, faute de suivi, après le départ des experts l’université Meru de Suisse.
Le médecin toulousain, Jean Paul Banquet, a fait cette déclaration encourageante: "Cette technique (la MT) complète la conception pasteurienne de la Médecine. Elle attache plus d'intérêt au terrain qu'à l'agent agresseur et s'oriente d'avantage vers une médecine préventive. A un certain stade de la pratique, le système immunitaire se retrouve renforcé".
Réputée pour les améliorations qu'elle apporte dans le potentiel mental, la santé physique et le comportement social, la MT est aujourd'hui l'objet d'investigations sérieuses dans plus de 200 universités et instituts de recherche à travers le monde, où physiologistes, psychologues et sociologues multiplient systématiquement leurs observations et recensent ses effets remarquables. Et les faits indiquent que la souffrance humaine, due aux stress et aux limitations intrinsèques, peut désormais être vue sous un jour nouveau, dés lors qu'il est désormais possible d'en amoindrir les méfaits, pour ensuite les juguler progressivement, par l'application régulière de cette "nouvelle technologie de la conscience" qui, également, se substitut admirablement au "plané" destructeur que les toxicomanes recherchent dans les stupéfiants.
On devrait exhorter les gouvernements à propager cette connaissance nouvelle, de la même façon et pour les mêmes raisons qu'ils encouragent l'application des découvertes les plus avancées de la Médecine ou de l'Agriculture. Et il bien heureux que cette technique, qui a, sous divers cieux, réhabilité plus d'un "camé" soit à nouveau disponible au Sénégal.
(FIN)
 
Mame Mactar Guèye
Vice-président Organisation
Islamique Jamra

Dakaractu2




Lundi 22 Juillet 2013
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