Pêche sénégalaise : la chute de 32,9 % des débarquements industriels inquiète la filière

Raréfaction des ressources, hausse des coûts et risque commercial européen : la pêche sénégalaise cumule les difficultés. Selon L’Observateur, le recul des débarquements industriels au deuxième trimestre 2026 révèle une crise dont les conséquences pourraient atteindre l’emploi, les exportations et les revenus des communautés côtières.


La pêche sénégalaise traverse une période de fortes tensions. L’Observateur rapporte une contraction de 5,5 % de l’activité du secteur au deuxième trimestre 2026, marquée par une baisse de 32,9 % des débarquements industriels, alors que la pêche artisanale progresse de 5,4 %.

Pour le Dr Matar Thiam, représentant des armateurs cité par le quotidien, cette évolution ne correspond pas à un simple ralentissement passager. Elle traduit une dégradation plus profonde des conditions d’exploitation, à laquelle s’ajoutent des contraintes économiques et réglementaires.

Le journal souligne que les opérateurs industriels doivent faire face à des charges importantes, notamment liées au carburant, tout en étant dépendants de la rentabilité de leurs sorties en mer. La difficulté à obtenir des captures suffisantes pèse ainsi directement sur leur activité.

La pression sur les ressources constitue un autre facteur majeur. Oumar Dramé, responsable syndical interrogé par L’Observateur, met en cause la capture des poissons juvéniles, en particulier des petits pélagiques. Il estime que ces pratiques compromettent le renouvellement des stocks.

La surpêche, les déplacements de certaines espèces, les effets du changement climatique, la pollution marine et les engins abandonnés en mer sont également évoqués dans le quotidien. Le Dr Matar Thiam considère cependant que les variations naturelles ne suffisent pas à expliquer, à elles seules, le recul de la pêche industrielle.

À ces difficultés s’ajoute l’incertitude entourant le marché européen. L’Observateur rappelle le carton jaune adressé au Sénégal en 2024 au sujet de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Une aggravation de cette situation pourrait, selon les intervenants cités, fragiliser l’accès des produits sénégalais à ce débouché.

Les conséquences potentielles concernent l’ensemble de la chaîne : armateurs, industries de transformation, manutentionnaires, travailleurs des ports et acteurs du froid. Le quotidien évoque aussi des répercussions possibles sur les recettes publiques et sur les ménages des localités dépendantes de la pêche.

Enfin, les deux intervenants insistent sur la qualité des données. Ils demandent une meilleure coordination entre les services concernés, un suivi plus rigoureux des captures et des politiques fondées sur l’état réel des ressources. Pour eux, la préservation des stocks et la fiabilité des statistiques sont des conditions essentielles à la stabilisation du secteur.
Lundi 12 Octobre 2026
Dakaractu



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