En août 2026, lors de la 2e Edition du Camp d’excellence et de Citoyenneté à Saly, face aux cent lauréats du Concours général, le docteur Saliou Ndiaye, Directeur de l’Enseignement Moyen dessine une trajectoire à la fois prestigieuse et exigeante. « Les meilleurs élèves du pays peuvent aller étudier en Chine, au Japon ou aux États-Unis », leur explique-t-il en filigrane, mais à une condition : revenir mettre leurs compétences au service du Sénégal. « L’État du Sénégal investit beaucoup d’argent sur moi, sur vous, sur tous les lauréats », insiste-t-il.
Dix ans plus tôt, Awa Ly Fall Faye, Docteure en Médecine Chinoise (Une spécialité méconnue au Sénégal) avait précisément suivi cette voie. Partie en Chine en 2006, elle y a passé une décennie avant de rentrer au Sénégal, en 2016, avec un doctorat en médecine chinoise. Son retour n’a pourtant donné lieu à aucune prise en charge particulière. « Sans protocole, comme le retour de tous les anciens étudiants de Chine. Il n’y a ni agence, ni direction chargée du suivi des étudiants à leur retour », regrette-t-elle.
Le Sénégal encourage ses meilleurs profils à partir, célèbre les bourses obtenues et appelle les diplômés à rentrer. Mais lorsque ceux-ci reviennent, aucune institution ne prend véritablement le relais. Le pays finance, accompagne parfois, puis perd la trace de compétences dont il dit pourtant avoir besoin. Entre la consigne et la réalité administrative, un gigantesque fossé s’est installé.
La coopération éducative entre Dakar et Pékin s’inscrit dans une relation diplomatique mouvementée. Les deux pays établissent leurs relations le 7 décembre 1971. En janvier 1996, le Sénégal noue avec Taïwan. Dès le lendemain, la Chine accuse Dakar d’avoir trahi son engagement et rompt les liens diplomatiques avec le Sénégal. Le dialogue ne reprend que le 25 octobre 2005.
Depuis cette normalisation, les bourses du gouvernement chinois sont devenues l’un des instruments les plus visibles du rapprochement entre Dakar et Pékin. Selon le conseiller diplomatique de l’ambassade de Chine à Dakar, Zhu Quan environ 200 bourses ont été accordées entre 2005 et 2010. Le rythme est ensuite passé à 50 voire 60 bourses par année universitaire. En vingt ans, le total approche le millier, renouvellements compris, avec une forte présence des filières scientifiques et technologiques.
Ce mouvement dépasse largement le Sénégal. Presque inexistantes à la fin des années 1990, les arrivées d’étudiants africains en Chine avoisinaient 80 000 à la fin des années 2010, selon les données officielles du ministre chinois de l’Éducation. L’ampleur des engagements a toutefois varié au fil des ans.
Lors du Forum sur la coopération sino-africaine, le FOCAC, organisé à Dakar en 2021, l’offre éducative chinoise est passée de 50 000 bourses gouvernementales à 10 000 formations destinées aux profils de haut niveau pour toute l’Afrique. Au sommet de Pékin de 2024, la Chine a promis 60 000 possibilités de formation et proclamé 2026 « Année des échanges humains Chine-Afrique ».
Pour Pékin, la réussite de ces diplômés ne constitue pas un simple résultat académique. Elle participe aussi d’une stratégie d’influence. Le chercheur britannique Kenneth King, spécialiste de la coopération éducative chinoise, observe dans son ouvrage « China’s Aid and soft power in Africa : The Case of education and training » que de nombreux anciens boursiers occupent désormais des fonctions importantes sur le continent et que la Chine porte leur parcours au crédit de son action en Afrique. Pékin a donc intérêt à ce que ces diplômés réussissent. Le Sénégal, qui devrait être le premier bénéficiaire de leurs compétences, n’a pourtant bâti aucun dispositif cohérent pour les accueillir. Il convient de noter que le choix de la formation faite en Chine peut poser problème au Sénégal, comme ce fut le cas de notre Docteure en Médecine Chinoise, alors méconnue au Sénégal à l’époque.
Deux diplômés, deux voies
Le docteur Pape Niane Faye a obtenu deux fois une bourse chinoise, d’abord en master, puis en doctorat. Entre 2010 et 2017, il se forme en Chine comme ingénieur technologue. Au lendemain de sa soutenance, il rentre au Sénégal avec l’ambition de créer son entreprise.
Il lance deux activités, l’une dans le bâtiment, l’autre dans la sérigraphie. Toutes deux cessent leurs opérations au bout de deux ans. Il n’a bénéficié ni d’un financement d’amorçage, ni d’une mise en relation avec des partenaires, ni d’un accompagnement adapté à son profil. Il finit par trouver un emploi au Niger. La coopération sino-sénégalaise a ainsi contribué à former un professionnel dont les compétences profitent aujourd’hui à un autre pays.
Son expérience n’est pas exceptionnelle. Dès 2016, dans des entretiens réalisés, le chercheur Antoine Kernen, Sinologue-chercheur à l’université de Lausanne (Suisse) relevait, à partir d’entretiens menés à Xi’an (Chine), Brazzaville et Pointe-Noire (République du Congo), que les diplômés africains des universités chinoises cherchent souvent à intégrer les grandes entreprises chinoises implantées sur le continent.
Ils se heurtent cependant à deux obstacles : la reconnaissance encore incertaine de leurs diplômes et le faible degré d’internationalisation de certaines de ces entreprises.
Dr Awa Ly Fall Faye, elle, a choisi de rester au Sénégal, mais au prix d’un long détour. « À mon retour, je n’ai pas trouvé de travail, car je fais partie des pionniers dans le domaine de la médecine chinoise au Sénégal », explique-t-elle. Elle rejoint d’abord un institut chinois, où elle exerce pendant plusieurs années, avant de créer sa propre structure.
Être pionnière signifie ici travailler dans un environnement juridique inachevé. Le projet de loi encadrant la médecine traditionnelle n’a été transmis à l’Assemblée nationale qu’en mai 2017. À l’époque, le docteur Mohamed Lamine Ly, de la Coalition pour la santé, estimait que ce retard faisait du Sénégal le « dernier de la classe » dans la sous-région. En août 2025 encore, le directeur général de la Santé d’alors, le professeur Ousmane Cissé, reconnaissait la nécessité d’accélérer la réglementation de l’organisation et de l’exercice de cette médecine.
Après dix années de formation, une spécialiste est donc revenue dans un pays où aucun texte ne définissait clairement son champ d’exercice. Son diplôme attestait une compétence. L’environnement institutionnel, lui, n’était pas prêt à la reconnaître pleinement.
L’équivalence ou l’examen de trop
« Le véritable enjeu n’est pas seulement de faire revenir les diplômés, mais de leur permettre de valoriser leurs compétences », insiste le docteur Pape Niane Faye. Il formule une question restée sans réponse : « Comment peut-on envoyer un étudiant, dans le cadre d’une bourse de coopération, étudier dans une université étrangère et, à son retour, lui demander de recommencer un long processus pour faire reconnaître son diplôme ? »
La procédure existe, mais elle est lourde. Le diplômé doit adresser une demande manuscrite au ministre de la Fonction publique. Il lui faut joindre les pièces détaillant les conditions d’accès à la formation, sa durée, son programme, son volume horaire et son mode d’évaluation. Le dossier est ensuite instruit par la Commission technique de reconnaissance, de classement et d’équivalence des diplômes, la CRCE, dont l’avis conditionne la décision. Le délai annoncé est de six mois. Le dispositif repose sur le décret n° 2021-1790, qui modifie le décret n° 2015-582 relatif à la reconnaissance, au classement et à l’équivalence des diplômes de l’enseignement supérieur.
Des agents du ministère de la Fonction Publique, du travail et de la réforme du service public interrogés dans le cadre de cette enquête n’ont pas été en mesure d’indiquer la durée réelle du traitement. Le parcours du boursier mobilise pourtant au moins trois départements ministériels : l’Enseignement supérieur intervient au moment de la candidature, les Affaires étrangères et les services chargés des étudiants à l’étranger assurent une partie du suivi, puis la Fonction publique traite l’équivalence. Aucun de ces acteurs ne porte la responsabilité du parcours de bout en bout.
La rupture se produit précisément lors du retour au bercail. En amont, la Direction des bourses reçoit et traite les candidatures pour les bourses. Pendant le séjour, l’ambassade et les services compétents assurent le suivi administratif et, le cas échéant, le versement d’un complément de bourse. Mais aucun fichier national ne permet d’identifier les compétences acquises. À l’arrivée, il n’existe ni accueil, ni orientation, ni réseau institutionnel. Le diplômé financé dans le cadre d’une coopération officielle repart de zéro devant l’administration. L’insertion dépend ensuite des concours et des recrutements de droit commun, sans passerelle spécifique vers les administrations, les universités ou les entreprises.
En octobre 2025, le professeur Massamba Diouf, secrétaire exécutif de l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur, l’ANAQ-Sup, rappelait qu’un diplôme non reconnu peut entraver la mobilité, fermer l’accès aux concours et empêcher tout recrutement dans la Fonction publique. Son avertissement aux familles résume l’enjeu : « Un diplôme non reconnu, c’est du temps, de l’argent et des efforts perdus. » Dans le cas des boursiers de la coopération, le temps et les efforts sont ceux des diplômés ; l’investissement, lui, mobilise aussi des ressources publiques.
La Chine offre, sur ce point, un contre-modèle instructif. Pour ses propres diplômés revenus de l’étranger, elle a créé un centre national rattaché au ministère de l’Éducation, le Chinese Service Center for Scholarly Exchange. Les demandes y sont déposées en ligne et les documents numériques ont une valeur légale. En 2019, plus de 90 % des accréditations étaient délivrées en deux semaines. La Chine avait en outre conclu 54 accords bilatéraux de reconnaissance mutuelle.
À Dakar, la demande reste manuscrite, le dossier largement fondé sur le papier et le délai officiel fixé à six mois. Aucun accord spécifique de reconnaissance mutuelle avec la Chine n’a été identifié. Le Sénégal n’a pourtant pas besoin d’inventer un modèle : son principal partenaire en applique un depuis des années...
NB: la suite sera publiée ce jeudi 8 octobre 2026
Dix ans plus tôt, Awa Ly Fall Faye, Docteure en Médecine Chinoise (Une spécialité méconnue au Sénégal) avait précisément suivi cette voie. Partie en Chine en 2006, elle y a passé une décennie avant de rentrer au Sénégal, en 2016, avec un doctorat en médecine chinoise. Son retour n’a pourtant donné lieu à aucune prise en charge particulière. « Sans protocole, comme le retour de tous les anciens étudiants de Chine. Il n’y a ni agence, ni direction chargée du suivi des étudiants à leur retour », regrette-t-elle.
Le Sénégal encourage ses meilleurs profils à partir, célèbre les bourses obtenues et appelle les diplômés à rentrer. Mais lorsque ceux-ci reviennent, aucune institution ne prend véritablement le relais. Le pays finance, accompagne parfois, puis perd la trace de compétences dont il dit pourtant avoir besoin. Entre la consigne et la réalité administrative, un gigantesque fossé s’est installé.
La coopération éducative entre Dakar et Pékin s’inscrit dans une relation diplomatique mouvementée. Les deux pays établissent leurs relations le 7 décembre 1971. En janvier 1996, le Sénégal noue avec Taïwan. Dès le lendemain, la Chine accuse Dakar d’avoir trahi son engagement et rompt les liens diplomatiques avec le Sénégal. Le dialogue ne reprend que le 25 octobre 2005.
Depuis cette normalisation, les bourses du gouvernement chinois sont devenues l’un des instruments les plus visibles du rapprochement entre Dakar et Pékin. Selon le conseiller diplomatique de l’ambassade de Chine à Dakar, Zhu Quan environ 200 bourses ont été accordées entre 2005 et 2010. Le rythme est ensuite passé à 50 voire 60 bourses par année universitaire. En vingt ans, le total approche le millier, renouvellements compris, avec une forte présence des filières scientifiques et technologiques.
Ce mouvement dépasse largement le Sénégal. Presque inexistantes à la fin des années 1990, les arrivées d’étudiants africains en Chine avoisinaient 80 000 à la fin des années 2010, selon les données officielles du ministre chinois de l’Éducation. L’ampleur des engagements a toutefois varié au fil des ans.
Lors du Forum sur la coopération sino-africaine, le FOCAC, organisé à Dakar en 2021, l’offre éducative chinoise est passée de 50 000 bourses gouvernementales à 10 000 formations destinées aux profils de haut niveau pour toute l’Afrique. Au sommet de Pékin de 2024, la Chine a promis 60 000 possibilités de formation et proclamé 2026 « Année des échanges humains Chine-Afrique ».
Pour Pékin, la réussite de ces diplômés ne constitue pas un simple résultat académique. Elle participe aussi d’une stratégie d’influence. Le chercheur britannique Kenneth King, spécialiste de la coopération éducative chinoise, observe dans son ouvrage « China’s Aid and soft power in Africa : The Case of education and training » que de nombreux anciens boursiers occupent désormais des fonctions importantes sur le continent et que la Chine porte leur parcours au crédit de son action en Afrique. Pékin a donc intérêt à ce que ces diplômés réussissent. Le Sénégal, qui devrait être le premier bénéficiaire de leurs compétences, n’a pourtant bâti aucun dispositif cohérent pour les accueillir. Il convient de noter que le choix de la formation faite en Chine peut poser problème au Sénégal, comme ce fut le cas de notre Docteure en Médecine Chinoise, alors méconnue au Sénégal à l’époque.
Deux diplômés, deux voies
Le docteur Pape Niane Faye a obtenu deux fois une bourse chinoise, d’abord en master, puis en doctorat. Entre 2010 et 2017, il se forme en Chine comme ingénieur technologue. Au lendemain de sa soutenance, il rentre au Sénégal avec l’ambition de créer son entreprise.
Il lance deux activités, l’une dans le bâtiment, l’autre dans la sérigraphie. Toutes deux cessent leurs opérations au bout de deux ans. Il n’a bénéficié ni d’un financement d’amorçage, ni d’une mise en relation avec des partenaires, ni d’un accompagnement adapté à son profil. Il finit par trouver un emploi au Niger. La coopération sino-sénégalaise a ainsi contribué à former un professionnel dont les compétences profitent aujourd’hui à un autre pays.
Son expérience n’est pas exceptionnelle. Dès 2016, dans des entretiens réalisés, le chercheur Antoine Kernen, Sinologue-chercheur à l’université de Lausanne (Suisse) relevait, à partir d’entretiens menés à Xi’an (Chine), Brazzaville et Pointe-Noire (République du Congo), que les diplômés africains des universités chinoises cherchent souvent à intégrer les grandes entreprises chinoises implantées sur le continent.
Ils se heurtent cependant à deux obstacles : la reconnaissance encore incertaine de leurs diplômes et le faible degré d’internationalisation de certaines de ces entreprises.
Dr Awa Ly Fall Faye, elle, a choisi de rester au Sénégal, mais au prix d’un long détour. « À mon retour, je n’ai pas trouvé de travail, car je fais partie des pionniers dans le domaine de la médecine chinoise au Sénégal », explique-t-elle. Elle rejoint d’abord un institut chinois, où elle exerce pendant plusieurs années, avant de créer sa propre structure.
Être pionnière signifie ici travailler dans un environnement juridique inachevé. Le projet de loi encadrant la médecine traditionnelle n’a été transmis à l’Assemblée nationale qu’en mai 2017. À l’époque, le docteur Mohamed Lamine Ly, de la Coalition pour la santé, estimait que ce retard faisait du Sénégal le « dernier de la classe » dans la sous-région. En août 2025 encore, le directeur général de la Santé d’alors, le professeur Ousmane Cissé, reconnaissait la nécessité d’accélérer la réglementation de l’organisation et de l’exercice de cette médecine.
Après dix années de formation, une spécialiste est donc revenue dans un pays où aucun texte ne définissait clairement son champ d’exercice. Son diplôme attestait une compétence. L’environnement institutionnel, lui, n’était pas prêt à la reconnaître pleinement.
L’équivalence ou l’examen de trop
« Le véritable enjeu n’est pas seulement de faire revenir les diplômés, mais de leur permettre de valoriser leurs compétences », insiste le docteur Pape Niane Faye. Il formule une question restée sans réponse : « Comment peut-on envoyer un étudiant, dans le cadre d’une bourse de coopération, étudier dans une université étrangère et, à son retour, lui demander de recommencer un long processus pour faire reconnaître son diplôme ? »
La procédure existe, mais elle est lourde. Le diplômé doit adresser une demande manuscrite au ministre de la Fonction publique. Il lui faut joindre les pièces détaillant les conditions d’accès à la formation, sa durée, son programme, son volume horaire et son mode d’évaluation. Le dossier est ensuite instruit par la Commission technique de reconnaissance, de classement et d’équivalence des diplômes, la CRCE, dont l’avis conditionne la décision. Le délai annoncé est de six mois. Le dispositif repose sur le décret n° 2021-1790, qui modifie le décret n° 2015-582 relatif à la reconnaissance, au classement et à l’équivalence des diplômes de l’enseignement supérieur.
Des agents du ministère de la Fonction Publique, du travail et de la réforme du service public interrogés dans le cadre de cette enquête n’ont pas été en mesure d’indiquer la durée réelle du traitement. Le parcours du boursier mobilise pourtant au moins trois départements ministériels : l’Enseignement supérieur intervient au moment de la candidature, les Affaires étrangères et les services chargés des étudiants à l’étranger assurent une partie du suivi, puis la Fonction publique traite l’équivalence. Aucun de ces acteurs ne porte la responsabilité du parcours de bout en bout.
La rupture se produit précisément lors du retour au bercail. En amont, la Direction des bourses reçoit et traite les candidatures pour les bourses. Pendant le séjour, l’ambassade et les services compétents assurent le suivi administratif et, le cas échéant, le versement d’un complément de bourse. Mais aucun fichier national ne permet d’identifier les compétences acquises. À l’arrivée, il n’existe ni accueil, ni orientation, ni réseau institutionnel. Le diplômé financé dans le cadre d’une coopération officielle repart de zéro devant l’administration. L’insertion dépend ensuite des concours et des recrutements de droit commun, sans passerelle spécifique vers les administrations, les universités ou les entreprises.
En octobre 2025, le professeur Massamba Diouf, secrétaire exécutif de l’Autorité nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur, l’ANAQ-Sup, rappelait qu’un diplôme non reconnu peut entraver la mobilité, fermer l’accès aux concours et empêcher tout recrutement dans la Fonction publique. Son avertissement aux familles résume l’enjeu : « Un diplôme non reconnu, c’est du temps, de l’argent et des efforts perdus. » Dans le cas des boursiers de la coopération, le temps et les efforts sont ceux des diplômés ; l’investissement, lui, mobilise aussi des ressources publiques.
La Chine offre, sur ce point, un contre-modèle instructif. Pour ses propres diplômés revenus de l’étranger, elle a créé un centre national rattaché au ministère de l’Éducation, le Chinese Service Center for Scholarly Exchange. Les demandes y sont déposées en ligne et les documents numériques ont une valeur légale. En 2019, plus de 90 % des accréditations étaient délivrées en deux semaines. La Chine avait en outre conclu 54 accords bilatéraux de reconnaissance mutuelle.
À Dakar, la demande reste manuscrite, le dossier largement fondé sur le papier et le délai officiel fixé à six mois. Aucun accord spécifique de reconnaissance mutuelle avec la Chine n’a été identifié. Le Sénégal n’a pourtant pas besoin d’inventer un modèle : son principal partenaire en applique un depuis des années...
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