Ousmane Sonko met Macky hors 'péage' : « Une autoroute n’est pas forcément payante car partout dans le monde, il existe des réseaux gratuits de qualité à côté des péages! Ce que vous ignorez, Mr Macky Sall... »


Le président des Patriotes du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef), est encore revenu, par une analyse détaillée inspirée de la sortie du président de la République Macky Sall hier, recevant les cahiers de doléances des centrales syndicales à l'occasion de la fête internationale du travail, pour jeter encore du discrédit sur Macky Sall. 

 

Ousmane Sonko, pour le nommer, n'a pas tardé à exprimer ses regrets et sa surprise suite aux propos du président de la République sur l'utilisation de l'autoroute de l'Avenir, plus connue sous le nom d'autoroute à péage. 

En effet, le chef de l'État a indiqué : " Si un citoyen ne peut pas payer les frais de l'autoroute à péage, il y'a une autre route alternative". Ainsi, répondait le chef de l'État suite à l'interpellation du syndicaliste, Mademba Sock sur les possibilités de réduction des tarifs.

 

Ousmane Sonko, dans son analyse, se dira désolé d'entendre le président s'exprimer ainsi. D'ailleurs, dès le début de son analyse il estime même qu'il ne serait certainement pas le seul. "Les Partisans du président légal et illégitime du Sénégal doivent certainement s’arracher les cheveux chaque fois que leur champion s’éloigne du texte préparé par ses officines pour improviser un discours", ironisera le président des Patriotes.

 

Ousmane Sonko prendra le rétroviseur pour se souvenir de cette sortie qu'il considère également comme tout autant improvisée sur l'utilisation des vaccins. "Après avoir menacé la population dubitative d’aller faire don de leurs vaccins contre la Covid-19 à d’autres pays, voilà que monsieur Macky Sall frappe à nouveau ! Cette fois-ci, il renvoie tout simplement ses administrés, qui n’auraient pas les moyens d’honorer les tarifs exorbitants de l’autoroute à péage, à leur situation de "misérables damnés de la République". Pour le leader de Pastef, cette interprétation de Macky Sall est simplement 'indigne' d'un président qui doit avoir une attention particulière aux préoccupations de son peuple. 

 

Aussi, Ousmane Sonko estime qu'il est tout juste bon à "endurer les secousses éreintantes des routes alternatives périlleuses qui, si l’on suit sa logique, ne méritent aucune attention de l’État". Ces propos sortis de la bouche d’un homme "élu" par un peuple pour assurer une offre de biens et services publics satisfaisante et équilibrée à tous.

 

Le leader des Patriotes ne s'en arrêtera pas là. En réalité, l'opposant déplorait comme souvent, que  "Macky Sall ait totalement faux dans le fond. "Il est tout à fait admis qu’un péage soit la rémunération, la contrepartie d’un investissement public ou privé offrant un gain de temps à l’usager. Sauf qu’une autoroute n’est pas forcément payante car partout dans le monde, il existe des réseaux gratuits de qualité à côté des péages", informe le patriote considérant ainsi que Macky Sall ignore,  que "les concessions d’autoroutes n'exonère pas les pouvoirs publics (États et collectivités locales) de leurs responsabilités par ailleurs, mais au contraire, doivent leur permettre de mieux se consacrer à l’amélioration des infrastructures secondaires. 

 

La réalisation d’une autoroute à péage peut prendre la forme d’une concession, par laquelle l'État délègue à un concessionnaire la charge totale de l'infrastructure (financement, construction, exploitation et entretien) évitant ainsi au contribuable de payer impôts et taxes", renchérit le troisième de la dernière présidentielle. 

 

 

"Le peuple ne mérite pas un tel président..."

 

Ousmane Sonko affirme que l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, reste une grosse arnaque contre le citoyen sénégalais. Il donnera ainsi quelques chiffres pour étayer ses propos. Ousmane Sonko rappelle que le financement de l'autoroute Dakar-Diamniadio a vu la participation de l'État du Sénégal à hauteur de 181.500.000.000 de francs CFA. 

 

Soit un pourcentage de 49,39% de participation; la Banque mondiale avec 52 500 000 000 de francs CFA soit 14,29%; ; la Banque Africaine de Développement qui débloque un montant de 33 200 000 000 soit un pourcentage de 9,03%; L'Agence Française de Développement ( AFD) avec un financement de 39 300 000 000 de francs CFA soit 10,69% de participation. Eiffage a sorti 61 000 000 000 de francs CFA soit  16,60%. Dans cette démonstration, Ousmane Sonko renseigne également que le groupe Eiffage avec ses 16,60% est dépassé de loin par la participation du Sénégal qui est de 49,39%. Ce qui fera dire au président des Patriotes que dans ce projet, à travers ces chiffres, montre que" le contribuable sénégalais, usager ou pas, supporte en réalité presque la moitié de l’investissement (49,39%)". 

 

Par ailleurs, ils révèlent ensuite que l’usager, supposé rembourser les prêts (34,1%) et la participation du concessionnaire (16,6% seulement), supporte lui les 50,7% du coût de l’infrastructure sans oublier que les 16,6% du concessionnaire EIFFAGE ressortent du montage financier suivant, que tout consortium national aurait pu mobiliser avec le soutien de l’État :

− 20,8 milliards de Eiffage Sénégal  

− 15 milliards de la BOAD

− 13,4 milliards de IFC

− 6,8 milliards de la BAD 

− 5 milliards de la CBAO)

 

En dépit de cette configuration du financement, Ousmane Sonko considère que l’usager-citoyen-contribuable, qui a financé cette autoroute par ses impôts, son péage ou ses redevances, subit une facturation exorbitante qui ne se justifie point. Ainsi, il est obligé de payer, pour 32 kilomètres seulement, 1 400 F CFA pour les voitures et taxis, 800 F CFA pour les motos, 2 000 F CFA pour les "cars rapides "et minibus, 2 700 F pour les autobus et camions.  

 

Pour établir un lien de comparaison, le Pastéfien rappelle que l’usager de l’autoroute Casablanca-Rabat, exploitée par la Société Nationale des Autoroutes du Maroc sur 95km (le triple du trajet Dakar-Diamniadio), paye un tarif de 21 dirham, soit 1050 F CFA ; largement en deçà des tarifs du concessionnaire SENAC S.A."

 

Aussi, le concessionnaire se taille la part du lion dans la répartition du tarif de 1 000 francs payé par l’usager, qui est réparti comme suit : 31% pour les impôts et taxes, 25% pour l'exploitation, l'entretien et le renouvellement et 44% pour l'amortissement de l'investissement. 

 

Ce qui est même déplorable, selon Ousmane Sonko, c'est que quand des citoyens s’organisent pour combattre cette usure et exiger la transparence dans les revenus générés par cette autoroute, leur président "élu" coléreux et "adepte des menaces futiles contre son peuple dont il n’est jamais capable de défendre les intérêts, n’a que mépris et dédain à opposer".

 

Ainsi, considérant qu'avec toute ces remarques, le patron des Patriotes rappelle l'impératif de la publication des contrats, initial et complémentaire, ainsi que celui renégocié, mais également de la confirmation de l’existence (ou non) d’un protocole d’accord qui porte sur plusieurs points dont l’augmentation de 5 ans de la durée de la concession de l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio-Aibd et la fusion des deux contrats.

 

Pour terminer, Ousmane Sonko rappelle que Macky Sall, qui se félicite de la hausse de la redevance domaniale de 1 000 à 800 000 000 F CFA, est le principal responsable de ce pillage organisé depuis une décennie car il est signataire du contrat initial (en tant que Premier ministre entre 2004 et 2007) et du contrat complémentaire (en tant que Président 2014)...

Lundi 3 Mai 2021
Dakaractu



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