Mauritanie: le viol d'une fillette de sept ans relance le débat sur la protection des femmes


Le drame, qui s'est déroulé samedi 5 septembre au moment où l'enfant se rendait chez son maître coranique, suscite depuis de très nombreuses réactions indignées. Alors que les associations de défense des droits des femmes exigent davantage de protection pour les femmes et les enfants, certains élus plaident pour l'adoption d'une loi qui vise à lutter contre toutes les formes de violences faites aux femmes, adoptée en conseil des ministres il y a plusieurs années déjà.

En Mauritanie, le viol d’une fillette de sept ans à Toujounine, un quartier de la capitale, Nouakchott, suscite l’indignation des associations de défense des droits des femmes qui exigent des sanctions sévères contre l'auteur des faits et davantage de protection pour les femmes et les enfants. L'événement s'est déroulé samedi 5 septembre : alors qu'elle se rendait chez son maître coranique, la fillette a alors croisé son agresseur - un homme âgé d’une trentaine d’années environ - qui l’aurait emmenée dans un endroit retiré avant de la violer.

Si la police nationale a annoncé l’arrestation du présumé coupable dans un communiqué, la famille de la victime a organisé une marche place de la Liberté, mercredi 9 septembre en fin d'après-midi, qui a vite été dispersée par les forces de l'ordre. Une vingtaine de personnes ainsi que des membres d'organisations de défense des droits des femmes avaient répondu à l'appel, comme Zeinab, l'une des manifestantes.

 

« Nous sommes venus parce que nous voulons que ce cirque s'arrête !, lance-t-elle. On ne peut pas continuer à compter les victimes - des femmes âgées, des adolescentes, des petites filles qui ont toute leur vie devant elles - sur lesquelles reposent les espoirs de leurs familles et qui sont victimes de violences atroces. Il y a celles qu'on brûle, celles qu'on jette dans des fosses, celles qu'on éventre... Ça ne peut plus durer », poursuit cette dernière.

Alors que ce nouveau cas de viol suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, le député Khalid Diallo plaide de son côté pour que le projet de loi dit « Karaama », adopté en conseil des ministres il y a plusieurs années déjà, soit enfin voté à l'Assemblée nationale. « Cette affaire est très grave. En tant que député, je compte parmi ceux qui portent un plaidoyer pour que cette loi soit votée, car elle va permettre de protéger les femmes et les filles de Mauritanie qui ne le sont pas aujourd'hui », affirme-t-il.

Le centre de santé où a été admise la fillette violée samedi dernier se veut, quant à lui, rassurant : il vient en effet d'annoncer que son état de santé s'améliore, démentant ainsi les rumeurs selon lesquelles la victime aurait perdu la vie.

Jeudi 10 Septembre 2026
RFI



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