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LIBRE PROPOS : L’arbitre, l’autre adversaire !



«Enough is enough !» «Trop, c’est trop !» C’est ce que devrait se dire Aliou Cissé. Jadis, très respectueux des arbitres, le sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal a perdu son calme et s’en est pris ouvertement à l’arbitre zambien de la rencontre entre le Sénégal et l’Algérie. Janny Sikazwe était tout simplement l’homme du match dans cette rencontre très attendue par tout un continent. 

«Je n'ai pas envie de revenir sur l'arbitrage que j'ai trouvé, aujourd'hui je le dis, vraiment catastrophique, inadmissible, pour peser mes mots. Il y a des choses sur l'arbitrage que je n'ai pas envie de dire parce que je sais que je serais suspendu, mais il faut à un moment donné protéger l'intégrité de nos joueurs», a déclaré Aliou Cissé, faisant certainement référence au penalty qu'aurait pu siffler l'arbitre zambien Janny Sikazwe pour un contact sur Sadio Mané. Que nenni ! Mais le plus étonnant, c’est comment est ce que l’Algérie a pu terminer à 11 ce match en commentant 34 fautes sur les 52 sifflées ? Quid des Tanzaniens qui ont transformé l’agressivité en agressions des joueurs sénégalais, sans que l’arbitre ne bronche. Diantre ! 
Mais la solution, les Algériens l’ont très vite trouvé. Il fallait mettre la pression sur Janny Sikazwe.  
La presse n’y est pas allée de main morte. Les journaux ont rappelé que c’est ce même arbitre qui les aurait privé de la coupe du monde 2014 au Brésil parce qu’il était au sifflet du fameux match aller des barrages qu’ils ont joué face aux Etalons du Burkina Faso, le 12 octobre 2013. 
«Cet arbitre est un salaud ! » avait titré à sa Une, le quotidien sportif «Compétition», avant de dézinguer le pauvre Janny Sikazwe dans les pages intérieures, accusé d’avoir accordé deux pénalty imaginaires et litigieux aux Burkinabé.

Rappelons que c’est ce même arbitre zambien qui a encore été récemment accusé d’avoir offert à l’Espérance de Tunis sa qualification en finale de la Ligue des champions en 2018, contre les Angolais de Primeiro De Agusto.

Il sera suspendu à titre conservatoire le 20 novembre 2018 pour «soupçon de corruption» avant d’être réhabilité par la CAF au mois de janvier 2019.
A l’issue de la rencontre avec le Sénégal, El Watan écrit ceci : «L’arbitre Sikazwe dans son meilleur jour !». Et d’ajouter : «tout le monde attendait à voir Sikazwe influencer l’issue de ce choc. Il n’en fut rien».
L’Algérie s’en est bien sortie. Pendant ce temps, le Sénégal continue à pleurnicher, comme ce fut le cas, en 2006, ici même au Caire avec Raphaël Evehe Divine (Cameroun) en demi-finale face à l’Egypte. Qui ne se souvient pas non plus de Martins de Carvalho Helder (Angola) en juin 2011 à Yaoundé devant le Cameroun ?
Aujourd’hui, face au Kenya, la CAF a désigné l’Egyptien, Gehad Grisha pour officier le match entre les Harambee Stars et les Lions. 
Il s’agit encore d’un arbitre suspendu récemment pour six mois par la CAF en raison de sa «faible performance» lors du match WAC-Espérance de Tunis, en finale aller de la Ligue des champions (1-1). 
Mais à la surprise générale, 15 jours seulement après cette décision, la CAF a fait volte-face pour lever la sanction. Ce qui a permis à M. Grisha de rejoindre les arbitres égyptiens retenus pour la CAN.
L’Egypte étant un potentiel adversaire du Sénégal, ne soyons donc pas surpris d’assister à un autre scandale. Pauvre football africain. C’est à se demander même si la VAR pourra nous sauver. On l’a déjà essayée. Mais elle s’est grippée. C’est dire que le mal est très profond. C’est même le talon d’Achille du football continental. 
Par Abdoulaye THIAM
(Sud Quotidien)


Lundi 1 Juillet 2019 - 10:38
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