LFR 2026 / Réponse au mémorandum de la commission des finances : Le gouvernement défend ses arbitrages au nom du risque de crise énergétique


LFR 2026 / Réponse au mémorandum de la commission des finances : Le gouvernement défend ses arbitrages au nom du risque de crise énergétique
Le gouvernement a transmis, le 29 octobre 2026, un document de 29 pages répondant au mémorandum que la Commission des finances et du contrôle budgétaire, dominée par la majorité Pastef, lui avait adressé le 26 octobre. Signé du ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, le texte maintient l'essentiel des arbitrages du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, tout en se disant ouvert à un accord sur les ajustements.
 
Sur les investissements, l'Exécutif justifie ses coupes par la double contrainte d'une baisse des recettes de 415,5 milliards FCFA et d'une hausse des subventions à l'énergie de 540,3 milliards. Sans ces ajustements, assure-t-il, le déficit avoisinerait 10 % du PIB, soit un besoin de financement supplémentaire proche de 1 000 milliards. Les réductions portent surtout sur les crédits de paiement et sur les projets adossés aux recettes du PRES, dont le recouvrement s'établit à 174 milliards à fin septembre, soit 22,8 % de l'objectif annuel de 762,6 milliards. Les dépenses fléchées PRES sont réduites de 295,6 milliards. Les crédits de la santé (17,9 milliards), de l'enseignement supérieur (42,4 milliards) et de l'éducation (22,2 milliards) sont préservés. Les 35 centres de santé, dotés de 60 milliards en LFI, passent à zéro en LFR : le gouvernement opte pour un financement en partenariat public-privé via le FONSIS. Il affirme que le Grand Transfert d'Eau reste une priorité, avec un démarrage visé courant 2027.
 
C'est sur l'énergie, l’enveloppe de 790,3 milliards est maintenue : 250 milliards de la LFI, 468,3 milliards de complément et 72 milliards issus du CERP. La dotation initiale est « intégralement consommée », selon le document, qui évalue les sommes dues aux opérateurs à près de 320 milliards. Sans crédits additionnels, prévient le ministère, le pays « risque une pénurie en carburant ainsi que des délestages répétitifs ». Il écarte aussi l'option d'une baisse des taxes sur les carburants. Aux cours actuels, elle ne coûterait qu'environ 11 milliards, mais la perte de recettes atteindrait quelque 285 milliards par an quand les cours se détendront. Le gouvernement juge en outre la mesure régressive et impossible en fin d'exercice, et annonce une réforme de la structure des prix en 2027.
Sur le CERP, le gouvernement détaille les 208 millions de dollars réaffectés à partir de quatre projets financés par l'IDA : gestion des ressources naturelles, PROGEP II, ESPOIR Jeunes et PAMUS. Il explique qu'ils se répartissent entre 126,5 millions pour la sécurité de l'approvisionnement énergétique et 81,5 millions pour des transferts à 325 743 ménages. Il invoque un taux de 1,31 % sur 31 ans, contre plus de 7 % sur le marché régional. Les bourses de sécurité familiale sont maintenues à 70 milliards, avec des bénéficiaires portés de 355 013 à 469 497 ménages.
 
Le gouvernement assure par ailleurs que les transferts aux services non personnalisés de l'État seront supprimés en 2027, et que 156,09 milliards ont déjà été reclassés en 2026. Il chiffre à 87,8 milliards les économies de fonctionnement de 2026 et rappelle la suppression de 19 entités et le repositionnement de 10 autres, avec un objectif d'au moins 55 milliards d'économies cumulées. Sur les fonds spéciaux, il s'en tient à la décision n°10/C/2026 du Conseil constitutionnel du 15 octobre.
 
Le déficit de 1735,2 milliards (7,6 % du PIB) est présenté comme un plafond d'autorisation, non comme une prévision d'exécution. Le besoin de financement total s'élève à 6774 milliards, bouclé notamment par 700 milliards de financement exceptionnel et une partie de l'enveloppe de 2,2 milliards de dollars attendue du FMI. Tout retard dans l'adoption de la LFR ferait, selon le gouvernement, glisser des appuis extérieurs sur 2027. Le service de la dette intérieure passe de 2 825,92 milliards à 3349,11 milliards entre la LFI et la LFR, hausse que le texte attribue à des émissions postérieures à la préparation de la LFI.
 
Sur les arriérés, l'Inspection générale des finances en recense 1956,3 milliards (environ 9 % du PIB), dont 967,8 milliards de dossiers réguliers. Enfin, la taxe sur les transferts d'argent a rapporté 44,4 milliards à fin septembre, dont 12,49 milliards de régularisations de 2025. Le gouvernement défend son remplacement par une contribution de solidarité économique, estimée à 93,79 milliards cumulés sur 2027-2028.
Vendredi 30 Octobre 2026
Dakaractu



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