En menaçant de faire rejeter la LFR et la LFI devant les membres de son parti, en conclave, Ousmane Sonko entretient une confusion inacceptable et regrettable entre ses fonctions de président de Pastef et de président de l’Assemblée nationale. Le perchoir ne lui confère aucun pouvoir personnel de décider du sort des projets ou propositions de loi.
Simple fonction de représentation et d’administration, le président de l’Assemblée nationale, dans la délibération, ne dispose que de sa voix de député, pas de celles de ses collègues.
À ce niveau, la Constitution est claire : le vote est personnel et tout mandat impératif est nul. Une consigne partisane ne saurait donc tenir lieu de décision parlementaire. Sonko peut annoncer son propre vote et défendre une orientation politique ; il ne peut considérer celui des députés comme déjà acquis avant même l’examen des textes.
Cette prétention traduit un profond mépris de notre Constitution, des élus, de l’institution et du débat parlementaire.
Par ailleurs, à l’heure où le Sénégal doit consolider ses perspectives de financement, négocier un nouveau programme avec le FMI et rechercher un traitement soutenable de sa dette, brandir le blocage budgétaire comme une arme de règlement de comptes ne relève point du patriotisme, mais de l’irresponsabilité. Les lois de finances doivent être discutées, amendées et votées dans l’intérêt national.
Les députés représentent la Nation. Ils ne sont pas les cyniques exécutants d’une volonté personnelle.
Au moins, pour une fois, mes chers députés, ayez le courage d’exercer pleinement votre mandat.
Examinez les projets et propositions de loi avec sérieux et profondeur, débattez librement et votez en toute responsabilité, guidés uniquement et exclusivement par votre conscience et par l’intérêt du peuple. Votre devoir exige de faire prévaloir les besoins des Sénégalais sur les injonctions partisanes et les querelles personnelles. Le peuple vous regarde. C’est de lui que vous tenez votre mandat et c’est à lui que vous devrez rendre compte.
El Hadji Omar YOUM
Ancien président du groupe parlementaire BBY.
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