Infrastructures sous Macky Sall : Le Collectif Rappel confronte les critiques d'hier de Sonko à ses usages d'aujourd'hui


Le Collectif Rappel dénonce un « décalage de plus en plus visible » entre le discours d'Ousmane Sonko dans l'opposition et ses pratiques depuis son arrivée au pouvoir. Dans une communication rendue publique, il affirme que l'ancien Premier ministre, aujourd'hui à l'Assemblée nationale, qui critiquait hier les choix d'investissement de Macky Sall, utilise désormais régulièrement les infrastructures réalisées sous son magistère. Le collectif l'invite, « par cohérence », à cesser de s'en servir.
 
Dans son communiqué qui s'articule autour de trois observations, le collectif rappelle que Ousmane Sonko les présentait comme des « dépenses de prestige », déconnectées des préoccupations des Sénégalais. Il soutient qu'il n'a pourtant cessé de les utiliser pour ses activités officielles et politiques depuis son installation à la Primature. Il cite le salon d'honneur de l'Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD), le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), le Train express régional (TER), le BRT prolongé par la VDN, les autoponts, les aménagements de la corniche et le Building administratif. Le stade Abdoulaye-Wade, qui accueille des compétitions internationales, et la Dakar Arena, devenue selon lui un lieu de rassemblement pour les meetings politiques de M. Sonko, complètent cette liste. À ses yeux, celui qui a longtemps combattu ces investissements contribue ainsi, par leur usage, à en démontrer l'utilité.
La deuxième observation concerne les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Le collectif estime que la réussite de la cérémonie d'ouverture, suivie par « le monde entier », doit beaucoup aux installations construites à l'initiative de Macky Sall : le stade Abdoulaye-Wade et sa piste olympique, la Dakar Arena et son complexe sportif, ainsi que la piscine olympique réhabilitée. Il demande comment on peut dénoncer ces investissements et, « dans le même temps », profiter de ces équipements pour organiser une compétition de cette envergure. Si Ousmane Sonko juge toujours ces réalisations inopportunes, écrit-il, il devrait boycotter les Jeux, auxquels, précise le collectif, il n'est de toute façon pas invité.
 
Le collectif replace cette critique dans le contexte de la « dette cachée », devenue selon lui un argument majeur de M. Sonko. Il soutient que ce dernier justifie « au quotidien » l'œuvre de Macky Sall qu'il a voulu ternir, de son domicile à la cité Keur Gorgui, en passant par le péage, jusqu'à son arrivée à l'aéroport de Ziguinchor, rénové dans le cadre du programme de réhabilitation des aéroports du Sénégal. Il évoque aussi la récente participation de M. Sonko au lancement du projet SN10 de Sadio Mané, à l'occasion de laquelle lui et sa délégation auraient parcouru, de Ziguinchor à Bambaly, « des kilomètres de route à l'actif de Macky Sall ». Le Building administratif, qui avait servi de cadre à la présentation de la prétendue « dette cachée », aurait lui-même été financé par les emprunts que M. Sonko décriait. Si ces investissements ont doté le pays d'infrastructures utiles, conclut le collectif, il appartient à M. Sonko d'expliquer comment il concilie la dénonciation de la dette avec l'exploitation des réalisations qu'elle a contribué à financer.
 
La troisième observation est une invitation à la cohérence. Le collectif demande à Ousmane Sonko d'« aller jusqu'au bout de sa propre logique politique » : renoncer aux autoponts, aux aéroports et au bloc administratif de Diamniadio, y compris à ses infrastructures d'hébergement. S'il considère ces investissements comme une mauvaise orientation des ressources publiques, il devrait aussi cesser d'utiliser, pour ses activités parlementaires et politiques, le salon d'honneur de l'AIBD, le CICAD, le Building administratif ou la Dakar Arena.
 
Le Collectif Rappel considère que « la politique exige de la cohérence » et que « la responsabilité impose également de reconnaître les acquis, indépendamment de l'identité de ceux qui les ont réalisés ». Il appelle à sortir des postures pour confronter les déclarations aux faits, estimant que « la rupture ne doit pas être un discours à géométrie variable ».
Jeudi 5 Novembre 2026
Dakaractu



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