Gestion de la dette : Le ministre Cheikh Diba écarte la « restructuration classique » au profit d'un « traitement homéopathique » sur mesure


Le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a clarifié la nature du plan de traitement de la dette extérieure du Sénégal. Face à la presse, il a fermement écarté l'idée d'une restructuration classique, qu'il assimile à une « intervention chirurgicale », pour lui préférer une approche spécifique, « homéopathique », adaptée aux particularités du pays. « C'est une question subtile, mais la réponse est claire », a d'emblée prévenu Cheikh Diba lors de la conférence de presse tenue cet après-midi à l'issue des négociations avec le Fonds monétaire international. Le ministre a tenu à lever toute ambiguïté sur la stratégie adoptée par Dakar pour gérer son endettement, qui atteint 119 % du PIB.
 
Selon lui, le plan de paiement de la dette extérieure mis en place « n'est pas une restructuration au sens classique du terme, ni un réaménagement conventionnel ». Il s'agit, a-t-il insisté, « d'une initiative propre au Sénégal », conçue pour traiter la dette en fonction des spécificités nationales. « C'est un mécanisme qui ne pourrait peut-être pas être appliqué à la Gambie, ni à l'Argentine, parce qu'il répond exclusivement aux spécificités du Sénégal », a-t-il illustré.
 
Pour faire comprendre la singularité de cette approche, le ministre a eu recours à une métaphore médicale filée. « La dette, voilà la maladie. Il faut la traiter », a-t-il posé. Il a ensuite opposé deux thérapies : la restructuration classique, qu'il assimile à une « intervention chirurgicale lourde », et une autre approche, plus douce, une application par doses homéopathiques, qui ne conduit pas à l'intervention chirurgicale généralisée. « Dans ce cadre, nous nous sommes dit que, pour notre malade, nous ne voulons pas qu'il soit opéré pour laisser une cicatrisation. Nous pensons qu'il y a une possibilité de le traiter par homéopathie et d'arriver au même résultat, même s'il peut rester quelques séquelles », a expliqué Cheikh Diba, assumant pleinement ce choix assumé.
 
Le ministre a tenu à rassurer sur la transparence du processus : « Ce traitement sera déroulé dans la transparence, avec des communications régulières pour donner les différentes étapes de sa mise en œuvre. » Mais il a réitéré avec force : « Ce n'est pas une restructuration au sens entendu ou au sens attendu. C'est un traitement spécifique, qui tient compte de nos spécificités, de la composition de notre dette, et de la volonté de nos partenaires à nous accompagner. »
Mardi 1 Septembre 2026
Dakaractu



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