Près de 50.000 euros pour chaque nouveau-né: comment Singapour lutte contre la chute de la natalité


Près de 50.000 euros pour chaque nouveau-né: comment Singapour lutte contre la chute de la natalité
Une enquête publiée ce mois-ci par YouGov révèle qu’un Singapourien sur quatre ne veut pas d’enfants. La cité-État, qui fait face à un taux de natalité historiquement bas, a annoncé des mesures radicales pour inciter les couples à avoir des enfants. Ainsi, le gouvernement singapourien alloue près de 70.000 dollars singapouriens, soit environ 47.000 euros, par enfant jusqu’à l’âge de 17 ans.

Cette politique commence dès la naissance avec une prime de naissance de 10.000 dollars singapouriens (environ 6.775 euros) et deux bourses de 5.000 dollars singapouriens chacune (environ 3.388 euros) destinées à couvrir les frais médicaux et scolaires. Viennent ensuite des “crédits pour enfants” jusqu’à l’âge de 16 ans, des services d’accueil préscolaire bénéficiant de subventions supplémentaires et des dispositions plus généreuses en matière de congé parental.

Le taux de fécondité total de Singapour a atteint un nouveau plancher à 0,87. À titre de comparaison, en Flandre, il s’élevait à 1,43 en 2025. Un taux inférieur au seuil de renouvellement de 2,1 – soit le nombre moyen d’enfants par femme nécessaire pour maintenir la population à son niveau actuel sans immigration – est la norme mondiale. Pourtant, Singapour, tout comme des pays tels que la Corée du Sud et Taïwan, figure parmi les derniers du classement en Asie.

Pour les pouvoirs publics, cette évolution démographique représente un défi économique majeur, car la proportion d’adultes actifs disponibles pour subvenir aux besoins d’une population âgée en augmentation diminue. Singapour devrait atteindre cette année le statut de “société super-vieillissante”. L’ONU définit ce statut comme une situation dans laquelle plus de 20 % de la population est âgée de 65 ans ou plus.

Réactions mitigées

Les mesures prises par le Premier ministre suscitent des réactions mitigées. Même les personnes hésitantes qui souhaitent avoir des enfants s’inquiètent du coût élevé lié à l’éducation d’une famille. Pourtant, cette nouvelle politique donne de l’espoir à Iqbar Hisham (27 ans) et à son fiancé : “Cette aide m’encourage vraiment à avoir des enfants rapidement après mon mariage”, a déclaré Hisham au Guardian.

La pression sociale, notamment un système éducatif très compétitif et des environnements de travail exigeants, ainsi que le besoin d’aide pour la garde des enfants, les deux parents travaillant, jouent également un rôle dans la réticence croissante de certains Singapouriens à fonder une famille.

Mardi 1 Septembre 2026
7sur7.be



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