Exploration de Rufisque offshore : Frank Timis attaque le Sénégal devant le CIRDI

La firme exploratoire African Petroleum Corporation (APC), de Frank Timis, a annoncé avoir déposé un recours en arbitrage auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Ce, pour protester contre l’annulation de ses contrats de partage de production Sénégal Offshore Sud Profond (SOSP) et Rufisque Offshore Profond (ROP).


Frank Timis ne lâche pas l’affaire. Écartée de l’exploration de Rufisque offshore profond au bénéfice de Total, sa compagnie, le groupe «African Petroleum», réclame à l’État ses «intérêts».

L’homme d’affaires roumain a saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), basé à Washington, d’un recours en arbitrage. Ce, pour protester contre l’annulation de ses contrats de partage de production Sénégal Offshore Sud Profond (SOSP) et Rufisque Offshore Profond (ROP). L’annonce a été faite par la société pétrolière Africa Petroleum Corporation (APC) qui s’estime lésée dans ces contrats de partage de production. En effet, APC se plaint des deux licences qui ont été transférées par le gouvernement sénégalais à Total en mai 2017.

A l’époque, Dakar a souligné qu’il ne comptait attirer dans ses eaux que des grandes compagnies du secteur. Pour cela, il modifierait les politiques en amont relatifs aux contrats de partage de production. Par ailleurs, APC dit prendre note des informations selon lesquelles Total a réalisé une importante acquisition sismique sur le bloc ROP et envisage de forer un puits en 2019. Néanmoins, la société affirme qu’elle continuera à exercer ses droits sur le bloc.

Au courant du mois de janvier 2018, le cabinet d’avocats parisien Betto Seraglini, mandaté par la firme African Petroleum, a touché l’Etat du Sénégal de réclamations autour du champ pétrolier Rufisque offshore profond (Rop). Ce bloc a été attribué à Total en mai 2017, alors qu’African Petroleum venait d’y achever la première phase d’exploration. Les autorités sénégalaises lui ont refusé d’entamer la deuxième phase, dans le but de satisfaire la multinationale française, porte-étendard de la France, l’ancienne puissance colonisatrice. Se sentant injustement évincée, African Petroleum a entamé une poursuite pour contraindre notre pays à lui rembourser ses investissements engagés dans la première phase, ainsi que des dommages-intérêts naturellement.

Très réputé sur la place arbitrale de Paris, le cabinet Betto Seraglini a entamé une conciliation avec l’Etat du Sénégal, mais lui a fixé un ultimatum : il usera d’autres recours si un accord n’est pas trouvé jusqu’au 18 avril. L’arbitrage ouvert au CIRDI risque de coûter très cher à notre pays. Va-t-on vers un remake de l’affaire Mittal-Kumba Resources dans le cadre de laquelle notre pays avait été lourdement condamné pour avoir injustement dépossédé Kumba Resources au profit de Mittal ? Une chose est sûre : si l’Etat risque une sanction financière, Total encourt le risque d’être stoppé dans son travail d’exploration jusqu’à l’expiration de la procédure qui va être engagée.

Rewmi Quotidien
Mardi 26 Juin 2018
Dakaractu



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