Une équipe des services du Fonds monétaire international (Fmi), dirigée par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour le Sénégal, séjournera à Dakar du 19 août au 1er septembre 2026. Cette visite s’inscrit dans le cadre des négociations en cours entre Dakar et l’institution de Bretton Woods pour la mise en place d’un nouveau programme appuyé par le Fmi, après l’affaire de la dette dite « cachée ».
Dans un communiqué rendu public la veille de cette mission, le Fmi a dressé un état des lieux des discussions entamées depuis les Assemblées annuelles du Fmi et de la Banque mondiale tenues en octobre 2025 à Washington. Ces entretiens visent à dégager une vision commune des perspectives macroéconomiques, des besoins de financement, ainsi que des politiques et réformes susceptibles d’être soutenues par un accord de prêt du Fmi, l’objectif étant d’aider le Sénégal à préserver la stabilité macroéconomique, la viabilité de sa dette et une croissance durable et inclusive.
Une économie résiliente mais des risques persistants
Le Fmi reconnaît que l’économie sénégalaise a fait preuve de résilience malgré un contexte mondial difficile, portée notamment par une forte croissance du secteur des hydrocarbures. Les soldes extérieurs et budgétaires se sont améliorés grâce aux exportations de pétrole et aux efforts de maîtrise des dépenses publiques. L’institution met toutefois en garde contre des vulnérabilités persistantes liées aux finances publiques et à la dette, et anticipe des risques à court terme, notamment une hausse des cours mondiaux du pétrole susceptible d’accentuer les tensions budgétaires en raison du coût des subventions énergétiques. Les incertitudes mondiales et le resserrement des conditions financières pourraient par ailleurs compliquer l’accès au financement.
La dette cachée : des réformes en cours de mise en œuvre
Les discussions avec les autorités sénégalaises ont porté principalement sur les causes profondes de la dette cachée, avec des audits destinés à déterminer l’encours réel de la dette publique et des réformes convenues d’un commun accord pour renforcer la gouvernance en la matière. Le Fmi indique suivre de près la mise en œuvre de ces mesures, censées réduire les facteurs de vulnérabilité et consolider la gestion des finances publiques.
C’est une fois ces causes traitées et des mesures correctives des déséquilibres macroéconomiques sous-jacents adoptées, dans le cadre d’un nouveau programme, que le Conseil d’administration du Fmi se prononcera sur l’octroi d’une dérogation permettant d’éviter un remboursement anticipé des financements déjà accordés au Sénégal.
Des garanties exigées sur la fiabilité des données
Le Fmi précise s’appuyer sur les données transmises par les autorités nationales et affirme tirer les enseignements de cet épisode pour renforcer ses propres cadres de surveillance et d’intégrité des données. De leur côté, les autorités sénégalaises mettent en œuvre des réformes visant à renforcer la transparence budgétaire : centralisation de la gestion de la dette, amélioration de la qualité des données, audits des arriérés de paiement et renforcement des contrôles budgétaires. Ces réformes doivent être déployées par étapes.
Restructuration : la décision reste à Dakar
Sur la question sensible d’une éventuelle restructuration, le Fmi salue la volonté de transparence des autorités sénégalaises et les mesures prises pour identifier et déclarer la dette cachée. Les services du Fonds et les autorités ont exploré différentes options pour renforcer la viabilité des finances publiques, mais l’institution tient à souligner que toute décision relative à une stratégie de dette reste de la seule responsabilité des autorités sénégalaises. Le Fmi et la Banque mondiale coopèrent avec Dakar pour actualiser l’analyse de viabilité de la dette sur la base des données les plus récentes. Comme pour tout pays membre, tout financement du Fmi devra s’appuyer sur des perspectives d’endettement soutenables et des politiques crédibles à moyen terme.
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