L’ancien directeur général de CGIS SA (filiale de la Caisse des dépôts et consignations), Abdou Khafor Touré a été invité à réagir à la série de départs qui touche son parti. Membre du secrétariat exécutif de l’APR a balayé l'idée d'une crise de cohésion, quelques jours après l'annonce de la démission de Mamadou Cassé et le retrait discret de plusieurs autres cadres.
Pour le responsable politique de l'Alliance pour la République (APR) à Guédiawaye et adjoint au maire de la commune de Wakhinane Nimzatt, ces mouvements relèvent de la vie normale d'un parti politique. « L'histoire des partis politiques est marquée par des arrivées et des départs », a-t-il rappelé, insistant sur le caractère volontaire de l'engagement partisan. Il dit respecter le choix de ceux qui ont estimé devoir changer d'orientation, tout en saluant la fidélité de ceux qui restent mobilisés autour du projet de l'APR.
Sur les antennes de la RFM, Khafor Touré affirme que le parti est engagé dans un vaste chantier de réorganisation, entamé au niveau de la direction nationale et désormais étendu aux structures territoriales, avec la mise en place progressive des secrétariats exécutifs communaux et départementaux sur l'ensemble du territoire. Une tournée nationale doit être lancée début octobre pour remobiliser militants et responsables et définir les orientations du parti pour les prochaines années.
Relancé sur l'absence de responsables comme Abdoulaye Seydou ou d'autres cadres qui ne participeraient plus aux activités du parti, Abdou Khafor Touré a opposé le fait que le comité de liaison et de suivi de l'APR se réunit régulièrement et rassemble l'ensemble des responsables. « Un parti politique, c'est comme un train : à chaque gare, il y en a qui descendent et il y en a qui montent », a-t-il image, disant préférer concentrer l'attention du parti sur les nouvelles adhésions enregistrées chez les cadres, les jeunes et les femmes.
Sur un possible affaiblissement de l'APR en l'absence de Macky Sall du terrain politique quotidien, il a assuré que l'ancien chef de l'État reste l'autorité du parti, dont le leadership n'est, selon lui, pas remis en question. Il a toutefois expliqué que le travail de contact avec la base est aujourd'hui assuré par les responsables territoriaux, réservant l'intervention directe de Macky Sall aux échéances électorales à venir, qu'il s'agisse de locales ou de législatives.
Sur la nature de l'opposition actuelle au Sénégal, Abdou Khafor Touré a refusé de qualifier certains partis de rivaux, estimant que le pouvoir actuel est le fruit d'une scission d'un projet politique commun vendu aux Sénégalais. Il a préféré recentrer son propos sur la situation économique du pays, rappelant que le Premier ministre lui-même a reconnu un appauvrissement du Sénégal en 2025 et en 2026, signe selon lui d'un bilan « désastreux » du pouvoir en place.
Par ailleurs, l'avenir électoral du parti a été évoqué. Il a assuré que l'APR poursuit sa reconstruction « sans bruit, sans agitation », entre renouvellement de la direction et implantation des structures locales, avant d'enchaîner sur l'élaboration d'un programme politique en vue de 2029. Abdou Khafor Touré, sur la concurrence d'autres formations qui recruteraient d'anciens responsables du parti, il a botté en touche et considère que le recrutement de bons profils reste de bonne guerre en politique.
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