Convention 189 : 15 ans après, seuls deux pays d'Afrique de l'Ouest l'ont ratifiée, selon l'OIT qui initie le débat sur le travail domestique


Le travail domestique, un travail à part entière qui reste trop peu protégé. C'est le message porté par Ndeye Coumba Diop, directrice du bureau de l'Organisation internationale du travail (OIT) pour la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo, à l'issue d'un forum sous-régional de trois jours tenu à Dakar. La rencontre a réuni des délégations tripartites de plusieurs pays d'Afrique, 15 ans après l'adoption de la Convention 189 de l'OIT sur les travailleuses et travailleurs domestiques.
 
Deux produits phares en sont issus : une Déclaration de Dakar, qui réaffirme l'engagement des délégations autour de la promotion du travail décent dans le secteur, et une feuille de route commune, élaborée avec la société civile, qui prévoit des actions concrètes pour accélérer cette promotion. Les participants ont aussi relevé que seuls deux pays d'Afrique de l'Ouest ont ratifié la Convention, même si la plupart ont adopté des législations qui renforcent la protection de ces travailleurs. « Il ne s'agit pas seulement de ratifier, il s'agit aussi d'étendre », a insisté Ndeye Coumba Diop.
 
La responsable de l'OIT basée en Côte d’Ivoire a plaidé pour que ces travailleurs, souvent qualifiés d'« invisibles », soient reconnus comme des travailleurs à temps plein, qui ont besoin de protection mais aussi de valorisation de leurs compétences. Parmi les pistes discutées figurent l'extension de la protection sociale aux travailleurs de l'informel, l'organisation de ces travailleurs au sein de syndicats ou d'associations, de nouvelles méthodes pour permettre aux inspecteurs du travail d'intervenir dans les ménages en cas de violations graves, et le développement de la formation professionnelle. « Le certificat te permet d'avoir le salaire minimum, de négocier », a-t-elle expliqué, en regrettant le très faible nombre d'écoles professionnelles dédiées à ces métiers.
 
Elle a aussi souligné l'enjeu économique et social. C'est-à dire le travail domestique qui est une source importante d'emplois pour les jeunes de la région et facilite l'accès des femmes au marché du travail. Le travail domestique doit être regardé, a-t-elle dit, non comme un travail qu'on soutient par pitié, mais comme un travail très important, sans lequel d'autres travailleurs ne pourraient exercer le leur.
 
Les conclusions de Dakar serviront de position ouest-africaine au forum mondial sur la Convention 189, prévu en novembre. Les mandants ont convenu, avec l'appui technique de l'OIT, de se retrouver tous les trois mois pour faire le point sur les engagements pris. Un rendez-vous est également fixé en 2031, 20 ans après l'adoption de la Convention, pour évaluer la place accordée à ces travailleurs dans la société.
Jeudi 22 Octobre 2026
Dakaractu



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