Lutte contre la xénophobie : Le CUDIS mobilise guides religieux, médias et autorités et rappelle les devoirs des étrangers


Le Cadre unitaire de l'Islam au Sénégal (CUDIS) alerte sur la montée de la xénophobie. Il l’a fait savoir dans un communiqué publié ce mercredi et dans lequel il manifeste sa « vive préoccupation » sur la progression des discours de haine, des propos xénophobes et des campagnes de désinformation visant des communautés étrangères, en particulier les Africains établis ou de passage dans le pays.

 

Le CUDIS considère que ces dérives sont contraires à la foi, à l'histoire et à la culture du Sénégal. Elles menacent la paix sociale, la cohésion nationale et la teranga, cette hospitalité que l'organisation décrit comme une vertu religieuse, une éthique sociale et un « pacte de civilisation ». Le texte s'appuie sur un hadith relatif à l'honneur dû à l'hôte et sur le verset 13 de la sourate Al-Hujurat, qui présente la diversité des peuples comme un signe divin.

 

Toujours dans son communiqué, le cadre invoque aussi la fraternité inter-africaine. Il rappelle que de nombreux Sénégalais vivent en Gambie, en Guinée, en Mauritanie, au Mali, en Côte d'Ivoire, au Maroc ou en Afrique du Sud, et s'interroge : comment tolérer que d'autres Africains soient traités en « indésirables » au Sénégal alors que les compatriotes y sont accueillis ailleurs ?

 

Le CUDIS ajoute toutefois un volet sur les responsabilités. L'hospitalité repose, selon lui, sur une responsabilité partagée : les étrangers établis au Sénégal sont invités à respecter les lois de la République ainsi que les coutumes, valeurs et traditions locales. L'État, de son côté, doit appliquer ses lois dans le respect des droits humains. L'organisation condamne « avec la plus grande fermeté » les discours de haine fondés sur l'origine, la nationalité, l'ethnie, la religion ou la condition sociale, les campagnes de désinformation, les violences verbales ou physiques contre des étrangers, ainsi que l'instrumentalisation politique ou médiatique de la peur de l'autre.

 

Le CUDIS formule six engagements et appels. Il invite les guides religieux, imams, prédicateurs et enseignants à multiplier les messages de tolérance. Il demande aux médias, aux influenceurs et aux acteurs du numérique de refuser toute complaisance envers la haine. Il exhorte les jeunes à ne pas se laisser instrumentaliser. Il appelle enfin les autorités à faire respecter la loi, à protéger les personnes vulnérables et à sanctionner « sans faiblesse » les auteurs d'actes ou de propos xénophobes.

 

Le Cadre annonce l'organisation, avec l'appui des plus hautes autorités, d'une Semaine du vivre-ensemble. Elle doit permettre de sceller un Pacte national pour le vivre-ensemble, de renforcer le dialogue interreligieux, d'outiller l'école et la jeunesse et de mobiliser les médias et les territoires. Le CUDIS se dit disposé à accompagner l'État et les institutions dans la lutte contre la xénophobie.

 
Jeudi 22 Octobre 2026
Dakaractu



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