ENTRETIEN AVEC OUMAR SARR : « Wade, comme comprimé, est périmé… C’est un serpent venimeux dont la tête est coupée… Ce qui pourrait nous faire perdre Touba... »

A Mbacké pour les besoins de la campagne éléctorale, l’ancien proche collaborateur d’Idrissa Seck n’a pas raté le Président Wade qu’il se fera le plaisir de traiter de « comprimé périmé » ou encore de « serpent venimeux et dangereux, hélas dont la tête est coupée. »
Dans cet entretien avec Dakaractu, Oumar Sarr reviendra sur les derniers instants de sa rupture avec Idy le Thiessois, mettra à nu les « vraies » raisons du retour de Wade dans l’arène politique, la fin de non recevoir opposée à Khalifa Sall qui a désiré quitter Rebeuss pour aller voter.


ENTRETIEN AVEC OUMAR SARR : « Wade, comme comprimé, est périmé… C’est un serpent venimeux dont la tête est coupée… Ce qui pourrait nous faire perdre Touba... »
Dakaractu : Vous travaillez à donner la majorité à la mouvance présidentielle au niveau de l’Assemblée Nationale.  Pouvons-nous en savoir les raisons ?


Les raisons remontent à 2012 quand nous avions décidé de rejoindre la liste Benno Bokk Yakaar après avoir soutenu le Président Sall au second tour. Il y a eu une brouille très profonde entre Idrissa Seck et moi au sein de Rewmi. Une bonne partie des responsables m'avait demandé de rester cohérent et de demeurer dans la coalition qui m'a élu. Du 13 juin 2015 au jour d'aujourd'hui, vous avez remarqué que je suis toujours dans la mouvance Présidentielle. Et, par conséquent, il est tout à fait logique et naturel que je travaille à lui donner cette majorité à l'Assemblée. En 2019, nous l'aiderons aussi à rempiler pour un second mandat.
 
 
Pourquoi est-il utile, selon vous de donner la majorité au Président Sall à travers sa coalition ?
 
Je suis un privilégié dans le sens où je suis député, donc capable de mesurer la marche du pays et je n’en suis pas à mon premier mandat. Le budget nous est soumis tous les ans. Je peux mesurer si le pays avance. Je peux mesurer le volume d'investissements consenti par le Président Macky Sall. Et dans ce volume d’investissements savoir quels sont les investissements porteurs d'émergence et de  progrès. Je suis donc un homme avisé qui peut mesurer cette marche. Et, puisque celle-ci est très encourageante et pleine de bonne volonté pour le devenir du Sénégal, je crois que Macky Sall est l’homme qu’il faut soutenir afin qu’il mette en œuvre tout le Pan Sénégal Emergent qu’il a en chantier pour l’intérêt de tous les Sénégalais.
 
 
Pourquoi voter, maintenant,  pour l’opposition serait-il une erreur, selon vous ?
 
J’entends le débat. S’il y a cohabitation, c’est parce que c’est la volonté des populations. Il ne sert à rien de créer une sorte d’épouvantail pour que les populations prennent peur. Ce n’est pas cela l’angle de tir. L’angle de tir le plus adéquat, c’est de dire pourquoi le Président Macky Sall doit avoir une majorité. Et c’est pour poursuivre les réformes porteuses dont nous, en tant que députés nous avons pu mettre en oeuvre. Il suffit d’aller dans le monde rural pour se rendre compte que le pays avance. Il y a des routes, des chantiers, des forages, l’allègement des travaux, les écoles qui se construisent…Donc, acceptons d’agiter cet épouvantail.
 
 
 
Pensez-vous comme certains que votre législature est la plus médiocre de l’histoire du Sénégal ?
 
Non, du tout ! Moi je me demande sur quoi ils se basent pour dire que cette législature n’est pas la meilleure. Il y a des députés de valeur dans cette législature. Nous avons quand même procédé à la mise en place d’un dispositif législatif qui a accompagné le PSE qui nous a permis de réformer tout ce qui est en relation avec la bonne gouvernance. La critique est facile. Nul ne peut vous démontrer ces allégations. Ceux qui le disent en général, ce sont des députés qui sont arrivés à l’Assemblée nationale par des voies que vous savez. Nous avons voté des lois. Nous avons contrôlé l’action du Gouvernement. C’est la première fois qu’un Premier ministre dans l’histoire du Sénégal, vienne avec l’ensemble du Gouvernement s’expliquer. Nous l’avons fait à 7 reprises. Nous avons voté des centaines de lois. Nous avons pu désamorcer la grève scolaire de 2015, mettre autour d’une même table syndicats et Gouvernement. Nous avons fait des visites de terrain sur les réalisations du Gouvernement. Nous avons signalé les retards, indiqué les progrès à faire et félicité au besoin.
 
Une tête de liste en prison parce qu’il est juste accusé de détournement. Vous trouvez cela normal ?


Vous savez …La normalité c’est de savoir ce que les lois de notre pays permettent de faire. Les juges se sont prononcés. Ils ont dit, qu’étant dans les liens de la prévention, Khalifa Sall ne peut pas sortir pour voter ou battre campagne. Moi, je m’en limite strictement à ce que dit la justice. Elle veut que Khalifa demeure en prison. Il est en prison. Qu’il y reste parce que c’est cela la volonté du juge et de la justice.
 
Le retour de Wade, vous-a-t-il ébranlé ?


Wade ne nous a jamais ébranlé. Mais, il faut dire qu’au niveau de notre département, il y a une longue histoire d’amour entre Wade et les populations. Ces populations, certaines d’entre elles, ne comprennent que Wade est fini. Son temps est dépassé. Si c’était un comprimé, je dirais qu’il est périmé. Ce qu’on doit faire, c’est de tourner la page Wade et de voir qu’est-ce que le Président Sall a fait pour Mbacké pour qu’on puisse dire : soutenons-le. Les projets mis en œuvre pour la communauté mouride et pour le département de Mbacké sont sans précédent. Donc, penser que Wade peut régler des situations est illusoire. Lui, il ne cherche qu’une assemblée dont la seule vocation est d’amnistier son fils. Tout ce qu’il déploie comme énergie n’est destiné qu’à laver à grande eau Karim Wade pour qu’il revienne sur la scène politique. C’est peine perdue. Pourquoi je ne le crains pas? Wade et son parti, je peux les comparer à un serpent venimeux et dangereux mais dont la tête est coupée au niveau de Touba. Il me semble très difficile que cette vague de sympathie puisse être organisée, structurée et transformée de manière adéquate en une force électorale qui pourrait l’aider à s’imposer. Je crois que rien n’est gagné d’avance. Nous y travaillons. Mais ne dormons pas sur nos lauriers!
 
 
Qu’est-ce qui peut vous faire perdre à Touba ?
 
Nos erreurs peuvent nous perdre et nous porter préjudice. Nous avons besoin de travailler paisiblement. Touba ne rime avec le bruit. Discuter avec les gens dans le respect et la discipline. Je crois qu’aujourd’hui, le cœur des Mourides est en train de battre pour le Président Macky Sall.
 
La marche de Wade de ce mardi, vous en dites quoi ?
 
C’est une marche dont l’objectif me semble être un objectif de subversion. C’est peine perdue. Force restera à la loi. Je crois que le Président leur a coupé l’herbe sous les pieds. Dans le processus actuel, certains ont perdu l’espoir de gagner.
Le ministre de l’intérieur, si ce n’est chose déjà faite, tente de produire la totalité des cartes...
 
Mardi 25 Juillet 2017
Dakaractu



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