Corruption présumée à l’Iaaf : Convoqué par le juge le 20 janvier, Lamine Diack refuse de s’exprimer

Selon les informations exclusives de Libération, Lamine Diack, a été convoqué par le juge pour audition le 20 janvier dernier. Sauf que l’ancien patron de l’athlétisme mondial a refusé de répondre aux questions du magistrat instructeur.


Lamine Diack est-il en train de se révolter contre les juges, surtout après la publication des procès verbaux de ses auditions dans « Le Monde » suivie de la sortie, à Munich, de la patronne du parquet financier, Eliane Houlette ?
En effet, selon les informations exclusives de Libération, l’ancien patron de l’athlétisme mondial était convoqué par le juge le 20 janvier dernier pour une nouvelle audition, en présence du représentant du parquet financier. Selon des sources judiciaires françaises, Lamine Diack, bien qu’ayant déféré à la convocation, n’a pas souhaité répondre aux questions du magistrat. Une attitude que la loi lui permet d’adopter.
Ce rebondissement intervient après le communiqué des conseils de Diack notamment Mes Daouda Diop, Christian Charrière-Bournazel et Alexandre Varaut qui réagissaient à la sortie de la patronne du parquet financier, Eliane Houlette. «Mme la Vice-Procureure de la République du Tribunal de grande instance de paris, affectée au pôle financier, a participé à une conférence de presse qui s’est tenue à Munich qui avait pour objet de stigmatiser le comportement critiquable qu’auraient eu diverses personnalités du monde de l’athlétisme. Tout en prétendant respecter la présomption d’innocence, Mme la Vice-Procureure Houlette a livré au public, sans aucune nécessité, des éléments tirés du dossier de l’instruction, mettant en cause nommément les personnes mises en examen et en détaillant, de manière parfois incomplète, des éléments du dossier couverts par le secret de l’instruction», affirmaient ses avocats.
Au surplus, «Mme la Vice-Procureure de la République Houlette a donné une information partielle en s’abstenant d’indiquer que les juges d’instruction, pour ce qui concerne M. Lamine Diack, avaient déclaré, lors de l’interrogatoire du 21 décembre 2015 en présence d’un représentant du parquet financier, qu’ils acceptaient de ramener le montant de la caution, initialement fixée, à une somme très inférieure compatible avec ses moyens financiers propres. Le fait de passer sous silence cette indication essentielle peut laisser à penser que M. Lamine Diack détiendrait une fortune personnelle, éventuellement en relation avec des faits de corruption», disaient-ils.
Avant de conclure : «Cette intervention publique est d’autant plus imprudente que les conseils de M. Lamine Diack avaient attiré l’attention de Mme la Vice-Procureure sur les divulgations déjà commises dans cette instruction qui débute, lesquelles ne pouvaient provenir que de personnes étrangères à la défense. L’annonce de sa déclaration à venir avait conduit la défense à exprimer ses réserves quant aux conséquences qui pourraient survenir de propos tenus alors même que les juges sont à la recherche de la vérité. Les avocats soussignés ne peuvent, en effet, accepter que la représentante de l’État dans une procédure pénale s’affranchisse des règles au respect desquelles elle a justement pour mission de veiller. En conséquence, ils se réservent le droit de donner toute suite judiciaire utile à cette conférence de presse.»
Vendredi 5 Février 2016
Dakaractu




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