Vrais et faux débats autour de la candidature unique et véritables enjeux de l'élection présidentielle de 2012 au Sénégal

« Ce sont les démocrates qui font les démocraties, c'est le citoyen qui fait la république » Georges Bernanos [1]
On ne change pas le Sénégal sous Wade. Au moment où les scandales financiers se succèdent aux révélations ; alors que les sénégalais ne mangent pas à leur faim et manquent de tout (l’électricité cher se fait rare, 1/3 de la population rurale n’a pas accès à l’eau potable); au moment où une partie de la population vit dans des eaux stagnantes et est confrontée aux maladies d’un ancien âge ; au moment où l’économie est en lambeaux ; au moment où Wade père confie à son fils la plupart des responsabilités et du budget de l’Etat ; au moment où Abdoulaye Wade met en péril les intérêts du Sénégal dans la sous région, au moment où le camp libéral est en train de poser les actes d'une fraude électorale à grande échelle, au moment où Wade Waakh Wakheet s'apprête à fouler des pieds pour la nième fois la constitution en se présentant alors qu'il n'en a pas le droit à sa troisième élection présidentielle à 86 ans révolus; certaines personnes ou groupes de personnes, se livrent à des déclarations et des comportements qui sont loin de refléter les préoccupations des sénégalais ou en tout cas de servir leurs intérêts


Vrais et faux débats autour de la candidature unique et véritables enjeux de l'élection présidentielle de 2012 au Sénégal
Parmi ces tentatives de manipulations de la conscience collective des sénégalais, relayées par une certaine presse, je veux évoquer par exemple la campagne électorale permanente de Wade qui persiste dans sa candidature; mais aussi certaines déclarations de circonstances de personnes ou mouvements de la société civile qui prétendent défendre les intérêts nationaux mais qui au final se révèlent défendre des ambitions affairistes ou politiques individuelles ; ou encore certaines déclarations et utilisations par des groupuscules des conclusions des assises nationales à des fins partisans à l’opposé de la démarche consensuelle ayant présidé aux différents travaux des assises ; et plus curieusement certaines autres déclarations de partis politiques relatives à la candidature de l’opposition à l’élection présidentielle ou à une prétendue période de transition etc. 
 
Autant de nuages de fumée dressés çà et là, par des forces plus ou moins obscures, consciemment ou inconsciemment, tendant à saper l’unité de l’opposition républicaine malgré les déclarations contraires de principe et à semer le trouble dans l’esprit des citoyens. 
 
C’est pourquoi, il faut bien à un moment donné essayer de démêler le vrai et le faux débat, distinguer le principal de l’accessoire, l’intérêt général et l’intérêt particulier, le vrai du faux enjeu dans cette cacophonie communicationnelle. 
 
La Candidature de Wade : débat sans objet
 
En 2012, l’âge de Abdoulaye Wade, bien qu’incertain, en ferait le plus vieux candidat à une présidentielle au monde. Jospin avait dit de Chirac qu’il était vieux, usé et fatigué. On peut en dire autant de Wade sans risque de se tromper en rajoutant même que Wade est aussi dangereux. Dangereux parce qu’au lieu d’essayer de résoudre les problèmes du pays, il essaye de leurrer une nième fois les sénégalais en déclarant une candidature que le monde entier juge fantaisiste ou à tout le moins inopportune et que les spécialistes de l’intérieur comme de l’extérieur du Sénégal déclarent anticonstitutionnelle. Dangereux par sa propension à dire demain le contraire de ce qu’il a pu dire hier (Waakh Wakheet). Dangereux pour la stabilité de la sous région au vu de ses agissements dans la gestion des affaires guinéennes ou libyennes. 
 
Il ne faut point s’attendre à un sursaut républicain de juges constitutionnels nommés par Wade lui-même, qui se réunissent pour la 1ère fois en soi disant séminaire pour constater on ne sait quoi, pour confirmer l’anti-constitutionnalité de sa candidature. Autant "le tigre n'a pas besoin de proclamer sa tigritude", autant le Conseil constitutionnel n'avait pas besoin d'un séminaire pour se proclamer compétent sur des questions d'ordre constitutionnelles. Si jamais le Conseil Constitutionnel veut préparer et prend une décision irrégulière en droit et en opportunité, c’est le peuple dans son entièreté qui devra refuser cette candidature de trop à l'identique de ce qu'il avait fait un mémorable 23 juin 2011. 
 
Période de transition post Wade: un faux débat 
 
Certains esprits pressés, mal éclairés ou mal intentionnés ont brandi l’idée d’une soi disant période de transition à l’issue des élections de 2012. Ils prônent la mise en place d'une équipe sur une période de quelques années pour restaurer l’Etat et les institutions et remettre le Sénégal sur les bons rails. 
 
Esprits pressés parce qu’avant de crier à la mise en place d’une équipe de transition, il faut d’abord s’atteler à créer les conditions d’une victoire des forces de progrès. Or sur ces conditions on ne les entend point. Benno Siggil Sénégal n’était-il pas en train de réfléchir sur un programme de gouvernement, sur une constitution consensuelle, ensuite sur les modalités d’aller à l’élection ? Mais non ! Cela ne suffit pas à ces partisans de la transition. Il leur faut aller plus vite et plus fort que la musique et choisir coute que coute un candidat unique pour répondre et faire le jeu de Wade. 
 
Esprits mal éclairés parce que la transition à ce que je sache s’envisage dans des pays en guerre ou en crise institutionnelle suite à un coup d’Etat notamment. S’il en a été question au Niger, en Mauritanie, en RDC, en Guinée, au Mali, au Niger et même en Côte d’Ivoire, le Sénégal malgré l’état catastrophique multiforme du pays, n’en est pas encore là. Même les acteurs de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire qui sort de guerre n’ont pas évoqué cette hypothèse. Alors pourquoi en parler au Sénégal où l’on n’a pas connu de coup d’Etat militaire, ni de crise institutionnelle entraînant le blocage des institutions ou de crise sociale avec blocage de l’économie. 
Esprits mal intentionnés sans doute parce que les tenants de cette thèse voudraient peut-être sans le dire mettre en selle une ou des personnalités de la société civile pour remettre le pays sur de bons rails. C'est ainsi qu'il faut comprendre la création de Bennoo Alternative 2012.
 
Nul ne dénie le droit à tout citoyen de se prononcer sur la marche de la Cité. Encore faudrait-il le faire de manière loyale et transparente et ne pas se cacher derrière les assises nationales pour écarter des politiques, dont on sait très bien qu’ils ne s’entendront pas sur une candidature unique, au profit d’une personnalité de la société civile qui réunirait, comme par enchantement, tout le monde autour de sa personne. Ce genre de manœuvre inopportune et dangereuse participe à la confusion dans l’esprit des gens et à la division des clans patriotiques. 
 
La participation aux travaux des assises nationales ne donne pas ipso facto le droit aux membres des mouvements citoyens de se mettre à la place des partis politiques pour conquérir le pouvoir. Or l’effervescence autour de certains de ces mouvements citoyens trahit une volonté politicienne. Qu’à cela ne tienne ! Si ces mouvements ont le droit de se constituer en un ou plusieurs pôles alternatifs pour aller aux élections, qu’ils n’essaient pas de museler ou de réduire les forces politiques traditionnelles qui ne font que jouer leur rôle institutionnel à travers des appels confondant et confuses qu’ils savent voués à l’échec. 
 
D’ailleurs s’il ne s’agit pour ces illustres personnalités de la société civile que d’intégrer un quelconque gouvernement, point n’est besoin de « théoriser » la « transition » parce que l’après Wade sera nécessairement une période de transition. L’après Wade sera nécessairement une ère de gouvernance collective, une période qui verra ressurgir des hommes de valeur issus de la société civile ou des forces vives de la Nation pour aider les politiques à redresser le pays. Abdou Diouf (avec Ousmane Tanor Dieng à ses côtés) l’avait fait sans grand tintamarres lorsqu’il avait appelé à l’aide le duo Loum et Sakho qui a permis à Wade de trouver un pays à la situation macro économique assainie. 
 
Et puis cette idée qui a même fait l’objet d’un appel par un groupuscule de personnes ayant participé aux travaux des Assises nationales en France et au Canada soulève des problèmes de modalités pratiques et même juridiques. 
 
En effet comment mettre en œuvre cette période de transition ? Quelle sera sa durée et son contenu ? Comment obtenir la garantie juridique du futur président élu nécessairement pour 7 ans sur la base de l’actuelle constitution de renoncer à son pouvoir qu’il tiendra du peuple et de re-convoquer les électeurs pour de nouvelles élections qui devront être forcément précédées d’un référendum constitutionnel parce qu’il faudra nécessairement une nouvelle constitution pour mettre fin à l’actuelle ? Comment expliquer aux populations qu’ils vont élire un Président « de transition » qui ne va gouverner que pendant une période de 3 ou 5 ans aux termes desquels il leur faudra repartir aux urnes pour élire à nouveau un autre président ? 
 
Allons chers compatriotes un peu de sérieux et du respect pour cette population qui souffre et qui en a assez des ambitions individuelles ou oligarchiques. Saisissez vous des vrais enjeux de cette vie de misère qu’elle est en train de vivre. Economisons et rassemblons notre temps et nos forces pour les vrais problèmes auxquels nous faisons face et auxquels nous ferons face dans quelques mois. 
 
Certains esprits du même calibre que ceux précédemment évoqués trouvent même dans les conclusions des assises nationales le fondement de la thèse selon laquelle point de salut sans candidature unique de l’opposition. 
 
Candidature unique ou non de l’opposition : un faux débat  
 
C’est le lieu de dénoncer à nouveau l’utilisation éhontée que font certaines personnes des conclusions des assises nationales pour asseoir des ambitions cachées ou inavouées. Brandir le manteau des assises nationales pour appeler Benno Siggil Sénégal à se déterminer sur la question de la candidature de l’opposition c’est dévoyer le travail consensuel de milliers de personnes ayant participé aux consultations citoyennes, à la rédaction des différents rapports et à leur synthèse dans les conclusions et la Charte de bonne gouvernance. 
 
Les Assises nationales, démarche inclusive s’étendant au-delà des organisations politiques d’opposition, n’ont jamais été le cadre pour ce genre de réflexions politiciennes. Bennoo Siggil Senegaal, ce n'est pas les Assises nationales et vice versa.
 
Comment désigner ce candidat unique, selon quels critères et sur quelles bases ? Doit-on faire des primaires ? Ce qui signifie une élection à organiser selon des règles encore jamais établies parce que l’opposition sénégalaise ce n’est pas un seul parti. Doit-on choisir le candidat unique sur la base du nombre de voix engrangées aux dernières consultations nationales ou doit-on le choisir selon des critères autres basés sur le charisme, la compétence, l’expérience, l’âge etc… 
De l'impossibilité de se déterminer sur des critères de choix démocratiques ou consensuels découlent les tâtonnements légitimes auxquelles assiste le peuple car sur quelles bases objectives demander à Tanor Dieng de se désister au profit de Moustapha Niasse ? Sur quelles bases subjectives demander à Tanor de se désister au profit de Niasse car l'objectivité penche pour le 1er nommé ?
 
Au demeurant de quelle opposition parle t-on ? Nous osons espérer qu’il ne s’agit pas des opposants de la dernière heure au régime de Wade ou des hommes tapis dans l’ombre, qui ne sont jamais fait entendre sur la situation du Sénégal, qui n’ont endossé ou pris à leur profit aucune bataille contre le clan Wade et qui découvrent comme par enchantement les méfaits du régime de Wade à quelques encablures des élections. 
 
Le débat sur la candidature unique de l’opposition est on ne peut plus inutile et inopportun car il n y a pas une opposition mais des oppositions à Wade. L'opposition est dans Benno historique, elle dans la société civile, elle dans son propre camp, elle dans les mouvements politiques citoyens. Bref l'opposition à Wade est partout et si les conditions d’une élection démocratique et transparente sont réunies, le scénario de 2000 qui a joué en faveur de Wade jouera dans le pire des cas contre son camp car son représentant, quel qu’il soit, sera éliminé dès le 1er tour. 
 
On le voit bien, ceux qui veulent instaurer un tel débat veulent nous faire perdre du temps d’autant plus que certains leaders de partis politiques se sont déjà auto-déclarés candidats de leur parti. La candidature unique n’est donc ni souhaitable ni possible. L’opposition ivoirienne qui n’avait pas de candidat unique a mis en ballotage le président sortant qui n’est pas moins méritant que Wade. 
 
A notre avis, les leaders de l'opposition traditionnelle à Wade se sont laissés piégés de bonne foi par ce faux débat car ils avaient le souci de bien faire, de rassembler chacun autour de son camp et de ne pas heurter sans doute certaines susceptibilités (suivez notre regard) par déformation professionnelle (ce sont tous deux des diplomates de formation et hommes de dialogue).
 
Il faut d’ores et déjà tirer les conséquences de l'impasse dans laquelle ils se sont mis et/ou ils ont été mis et réfléchir plutôt, à la finalisation communication d'une constitution commune, à un projet de gouvernement et un programme commun aux membres de la coalition ou à la fameuse équipe dont tout le monde parle et qu'on ne voit pas encore. 
 
Car Bennoo ne signifie pas nécessairement unicité de candidature. Il suffit que Bennoo soit une coalition de partis unis par un « pacte patriotique républicain » public qui les engagera à ne prendre pour seul adversaire qu’Abdoulaye Wade et son camp et à se ranger au 2ème tour derrière celui qui aura engrangé le plus grand nombre de voix au 1er tour. 
 
Il est vrai que le silence ou les déclarations des leaders historiques de Benno Siggil Sénégal qui tardent à se déterminer officiellement et clairement sur ce point, chacun croyant éviter ainsi la responsabilité de l’éclatement éventuelle de la coalition, entretiennent faussement l’espoir de la candidature unique et participent à la confusion alors même que les différentes bases des partis poussent leurs leaders respectifs à être candidat.
 
Malgré ce déficit de bonne pratique communicationnelle de Benno Siggil Sénégal, nous pensons que les véritables enjeux et vrais débats du pays sont ailleurs ! 
 
Mettre fin à l’oligarchie wadienne : le véritable enjeu du moment 
 
Les véritables enjeux sont dans la mal gouvernance qui gangrène ce pays depuis l’accession de Wade à la tête du Sénégal dont la preuve éloquente est fournie par le classement du Sénégal dans les Etats les plus corrompus au monde ; corruption qui s’est manifesté au plus haut sommet de l’Etat par la tristement célèbre Alex Ségura ; 
 
Les véritables enjeux sont dans l’insuffisance pour ne pas dire l’absence de satisfaction des besoins vitaux minimum de la population qui font du Sénégal un pays voisin de Haïti sur l’indice de développement humain (IDH) du PNUD ; 
 
Les véritables problèmes du Sénégal sont dans la concentration des pouvoirs entre les mains d’un fils illégitime électoralement et politiquement et qui a fourni les preuves de son incompétence technique avec les scandales des chantiers de l’ANOCI, d’Air Sénégal International, du montage du financement de l’aéroport de Ndiass, du plan Takkaal et bientôt de l'autoroute Dakar-Diamniadio etc... 
 
Sur tous ces sujets, tout a été dit et écrit. Les médias nationaux et internationaux relatent depuis 11 ans les faits et scandales impliquant les dirigeants de ce pays qui donneraient une nouvelle vie aux dirigeants disparus comme Bongo, Mobutu ou Eyadéma ou qui auraient du valoir à Wade le sort de Bourguiba destitué pour « insanité mentale ». 
 
Mais à défaut de pousser le pouvoir actuel à démissionner (ce qui aurait valu pour le coup certainement une période dite de transition) puisque le Sénégal « est un pays de droit », à la population paisible avec une « opposition républicaine » qui attend les échéances électorales pour la conquête du pouvoir, seul l’enjeu, à très court terme, électoral vaut la peine qu’on s’y concentre. 
 
Des élections fiables, transparentes et à due date : les véritables enjeux à court terme 
 
Rapportés aux échéances électorales futures, les véritables débats qui doivent occuper l’espace politico-médiatique du pays doivent portés sur le maintien du calendrier républicain, le renforcement des règles de transparence des élections et des règles constitutionnelles liées notamment à l’intangibilité des deux tours. 
D’abord, il faut que l’élection présidentielle se tienne comme prévu en février 2012. Qu’on nous épargne les velléités de couplage et de découplage comme cela s’est passé en 2007 ou encore les manipulations tendant à prolonger le mandat de Wade ou à mettre le pays en état de troubles pour s'en servir de prétexte. Plan « Jaxxay »[2] ou plan « Jaxllé »[3], troubles ou pas, les élections se tiendront ou Wade partira par la petite fenêtre. 
 
Heureusement que le 23 juin, le peuple debout comme un seul homme a mis un terme à la volonté d'instituer la suppression de fait du 2ème tour. Parce que le Sénégal est une « démocrature »i.e une dictature légitimée par une fraude électorale car Barack Obama disait « qu’il ne suffit pas d’organiser des élections pour dire qu’il y a la démocratie. Il n y a pas de démocratie sans le respect des règles constitutionnelles intangibles, sans séparation des pouvoirs, sans des contre pouvoirs libres et indépendants » vouloir faire sauter l'un des verrous démocratiques qui nous reste ne pouvait prospérer. 
 
Enfin la question de la transparence des élections à venir doit être évacuée. La volonté des partis alliés à Wade avec la complicité de Ministres de l'Intérieur et des Elections partisans de remettre en cause le consensus autour par exemple du bulletin unique que les tunisiens viennent d'utiliser est symptomatique de leur volonté de frauder.
 
De même, au moment où la Cote d’Ivoire et dans une moindre mesure la Guinée ont réussit tant bien que mal à organiser des élections transparentes, le Sénégal est en train de se poser la question de la fiabilité de son processus électoral. De consensuel en 2000, le ficher électoral est actuellement décrié par le plus grand nombre depuis les élections de 2007 qui ont vu Abdoulaye Wade et son régime inaugurer l’ère des fraudes informatiques en Afrique même si les élections locales suivantes ont consacré la victoire de l’opposition. Car ce serait oublier que cette victoire est certes due à un vote de populations qui ont tourné le dos à Wade mais aussi et surtout à la détermination des partis de Benno Siggil Sénégal à veiller à la transparence des élections, dissuadant notamment les étrangers à y participer, mettant en place des comités de vigilance électorale et empêchant les transferts massifs  des électeurs. 
 
A ce propos, nous soulignons le faible degré de compréhension et d'efficacité des auditeurs du fichier électoral sous l’égide de l’USAID et de l’union européenne car les irrégularités qui entachent le fichier actuel sont nombreuses et n'ont pas été suffisamment relevés. Nous renvoyons à tout ce qui a été démontré et écrit à ce sujet par ailleurs (http://www.socialisme-republiquesn.org/la-grande-fraude/index.php ). Il faut quand même se rappeler l’aveu même de l’ancien Président de la CENA selon qui il y aurait un gap de plus d’un million d’électeur entre le fichier de la commission électorale nationale de 2007 et celui divulgué par le Ministère de l’Intérieur. 
Que dire aussi des deux millions de guinéens vivant au Sénégal et recensés comme électeurs guinéens en prévision des élections guinéennes. Mamadou Yacine Diallo, membre de la Commission administrative de recensement des électeurs (CARELE) de la Guinée a quand même déclaré à l’APS que « quelque 2 millions de potentiels électeurs résidant au Sénégal sont attendus pour les inscriptions sur le fichier électoral en perspective de la présidentielle en Guinée prévue en janvier 2010 » (http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_article=60340 ). 
 
Sans faire une fixation sur les étrangers, quand on sait que près d’un million de personnes se sont inscrites sur le fichier électoral sénégalais sur la base d’un simple extrait de naissance, combien de guinéens ont pu le faire alors même qu’ils ne devraient pas figurer sur le fichier électoral sénégalais parce que n’ayant pas la nationalité sénégalaise ? 
 
Un fichier nettoyé des étrangers et des doubles inscriptions et autres irrégularités était un préalable à des élections transparentes. Mais le temps nous manque pour ce faire et il faudra se contenter d'un fichier non fiable pourvu que les opérations de vote elles, le soient.
 
Par conséquent, une fois évacuée la question de l’impossibilité de la candidature de Wade père, il faut s’opposer par tous les moyens à une autre violation de la volonté populaire avec le tripatouillage de la constitution qui aurait pour conséquence la remise sur selle de la candidature de Wade père par la complicité de juges aux ordres ou encore l’adoption de règles électorales par une assemblée illégitime qui mettrait un fils consanguin ou d'emprunt en position de force. 
 
Gageons que le clan Wade voudra colmater les brèches ayant occasionné sa défaite lors des locales. Cette volonté de confiscation de la souveraineté populaire se manifeste déjà par des signes qui ne trompent pas : 
 
- le projet de provincialisation du Sénégal et l'installation des délégations spéciales pour procéder à un découpage électoraliste du pays afin d’affaiblir l’opposition qui gère les plus grandes collectivités territoriales ; 
- le retour aux affaires aux Ministères de l’intérieur et de la Justice du tristement célèbre duo Cheikh Tidiane Sy/Ousmane Ngom ;
- l’ouverture fermeture de la période de révision des listes électorales empêchant les jeunes qu’on veut museler de s’inscrire; 
- la volonté d’empêcher les nouveaux mécontents du régime Wade de s’inscrire sur les listes par le blocage de la délivrance des cartes d’identités ;
- l'impossibilité pour les inscrits de vérifier la régularité de leur inscription avec une étape précontentieuse bâclée et passée sous silence au Sénégal et pire, non ouverte dans la Diaspora. etc…
 
Le processus et le fichier électoral constituent donc toujours un véritable enjeu à notre sens dans le sillage des élections municipales. 
Il faut donc contraindre le pouvoir de Wade à respecter le principe de l’intangibilité des règles du jeu électoral à la veille d’échéances électorales ; principe que Wade a largement bafoué lors des précédentes élections de 2007. 
 
Dans l’état actuel du pays ; nous avons la certitude que si les élections se passent démocratiquement, Wade ne passera pas d’autant plus que son camp est émietté avec le départ des piliers de son régime. Seul Idrissa Seck continue, d’affirmer son ancrage dans le clan PDS. Mais Idrissa Seck tout seul ne parviendra pas à sauver un libéralisme "d'appropriation privée des ressources et opportunités publiques". 
 
Ne pas se tromper d’objectif est le seul credo qui vaille. L’objectif principal étant l’éradication de l’épidémie politico-mafieuse qui gangrène le Sénégal depuis maintenant 11 ans. Cela passe par la restauration d’un véritable Etat de droit avec des institutions républicaines légitimes, le respect du calendrier et des règles démocratiques électorales, la remise sur pied de notre économie moribonde, le rétablissement des valeurs morales et sociétales qui faisaient la fierté de notre Nation etc. 
 
Les vrais enjeux sont là. Il y va de l’avenir du Sénégal et de ses fils. 
 
L’histoire, nos enfants, les générations futures ne nous pardonneront pas nos lacunes, nos fautes et nos défaillances dans cette bataille pour un Sénégal nouveau parce que débarrassé de l’oligarchie malfaisante et diabolique qui nous dirige si jamais nous, personnes conscientes de notre génération, nous ne réussissons pas à unir nos forces pour débarrasser le pays de ces puissances maléfiques qui l’entraînent dans les profondeurs obscures des Nations. Tel doit être l’unique sens de notre engagement individuel ou collectif afin que participions à l'écriture des pages glorieuses de l'histoire du Sénégal. Le peuple du 23 juin a montré l'exemple...
 
[1]  - Georges Bernanos est un écrivain français mort le 5 juillet 1948. Il est l'un des inspirateurs de la Résistance. 
[2]  - Un plan de construction de logements au profit des sinistrés des inondations qui servi de prétexte à Wade de reporter les élections de 2007. Des constructions qui n’ont pas d’ailleurs profité aux inondés qui continuent de vivre dans l’eau. 
[3]  - « Jaxllé » signifie « surprise » ou « étonnement » en Wolof. Comprendre ici un plan de secours pour Wade qui ne saurait à quel saint se vouer pour éviter de faire tenir les élections.
 
IBRAHIMA NDIAYE
Socialisme et République Sénégal
http://www.socialisme-republiquesn.org/ 
 
Mercredi 9 Novembre 2011
Ibrahima NDIAYE




1.Posté par dogonars le 08/11/2011 17:40
Apprenez a etre concis! Respectez les règles de présentation d'un texte!

2.Posté par aly sore le 08/11/2011 18:56
Aucun internaute n'aura le temps de lire un texte aussi long que touffu.

3.Posté par Oumar Ndiaye le 08/11/2011 20:12

Pour lire le texte :

http://www.socialisme-republiquesn.org/politique-nationale/vrais-et-faux-debats-et-veritables-enjeux-autour-de-la-future-election-presidentielle-au-senegal.html



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