L’autoroute à péage, un beau projet dévoyé par une grosse arnaque (Par Cheikh Yérim Seck).


L’autoroute à péage, un beau projet dévoyé par une grosse arnaque (Par Cheikh Yérim Seck).
DAKARACTU.COM  Pour juguler le casse-tête des embouteillages-monstre à l’entrée et à la sortie de la capitale, le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, a conçu l’un des plus utiles grands projets de son règne : la construction  d’une autoroute à péage 2x3 voies reliant Dakar à Diamniadio. Cet ouvrage, qui devait incarner la splendeur de l’ère Wade, est en passe de devenir le symbole de sa mal-gouvernance. Ce 24 octobre, SOS Consommateurs a publié un communiqué invitant les usagers à refuser de payer des droits de circulation jusqu’à l’achèvement total de l’ouvrage. Ce communiqué réagissait à la volonté déclarée de commencer à les faire payer pour se déplacer sur le tronçon de 13 km, reliant Malick Sy à Pikine, déjà réalisé. Il est en effet curieux que le concessionnaire, qui devait financer, construire et exploiter, veuille commencer à rentabiliser avant d’accomplir toutes ses obligations. Mais ceci n’est que la partie émergée de l’iceberg. Quoique le fruit d’une bonne intention, l’autoroute à péage est l’objet d’une énorme arnaque qui remonte à l’attribution du contrat de concession.
Pour éliminer des entreprises sénégalaises comme Jean Lefebvre Sénégal et la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE), les critères retenus ont été rendus draconiens, fixant le capital des soumissionnaires à un niveau inatteignable par ces sociétés. Eiffage Sénégal s’est alliée à Eiffage France pour pouvoir remplir les critères liés à la consistance du capital, à l’expérience dans la construction d’autoroutes et à la puissance financière. Après avoir remporté le marché, cet attelage a orchestré ce qui n’est ni plus ni moins qu’une escroquerie. Le 2 juillet 2009, l’Etat du Sénégal a signé un convention de concession pour la conception, le financement, la construction, l’exploitation et l’entretien de l’autoroute à péage entre Patte d’Oie et Diamniadio avec le groupement composé des sociétés Eiffage SA et Eiffage Sénégal SA. Ce même jour, a été avalisé un « Avenant n°1 », dont dakaractu a eu copie, qui dispose que « le contrat a fait l’objet d’une cession du groupement titulaire à la Société Eiffage de la nouvelle autoroute concédée (Senac), société ad hoc spécialement créée pour exécuter la mission. Au terme de cette cession, le titulaire du contrat est la Société Eiffage de la nouvelle autoroute concédée.»
La Senac est une entité dépourvue de puissance financière, dotée d’un capital de… 10 millions de francs cfa, qui a raflé la mise à des entreprises sénégalaises qui pèsent des milliards de capital. Le fameux « cheval de Troie » connu depuis l’Antiquité…
L’arnaque ne s’arrête pas là. Le coût global prévu du financement du projet s’élève à 320 milliards de francs cfa pour… 35 km de route ! Soit près de 9 milliards pour 1km, un record mondial absolu de cherté !
Pire, la Senac n’a tenu aucun de ses engagements, bénéficiant de la complicité totale de l’Etat. Moyennant quoi et combien ? Elle devait financer la conception, c’est l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix) qui a commandé les études. Elle devait financer le premier tronçon, c’est l’Etat, à travers le budget national et les bailleurs de fonds, qui a fourni les 65 millions nécessaires à la construction des 13 premiers kilomètres. Elle devait financer les 22 km restants reliant Pikine à Diamniadio, c’est toujours l’Etat qui a mis à contribution son budget et ses bailleurs pour réunir 77 milliards de francs cfa, le reste ayant été mobilisé par les banques (la Cbao, par exemple, a débloqué 40 milliards). Elle devait payer 120 milliards pour l’indemnisation des déguerpis et les « autres aménagements d’accompagnement », c’est le Trésor public qui a déboursé ce montant.
La Senac, qui n’a financé ni la conception ni la construction, va, au terme de la convention de concession, percevoir les péages sur 30 ans. Elle se fait rembourser un financement fictif fourni par la Cbao. Grassement payée à 135 milliards pour faire 22 km de routes, elle pourra avec ses bénéfices rembourser la Cbao dès la fin des travaux. La Senac va gagner sans rien apporter. L’Apix a supporté les frais d’études, l’Etat a apporté 65, 77 et 120 milliards, soit un total de 262 milliards, et les banques locales 40 milliards, soit un total de 302 milliards pour un projet évalué à 320 milliards de francs cfa.
N’importe laquelle des entreprises sénégalaises écartées aurait pu construire l’autoroute dans des conditions si préférentielles.
Mais Gérard Sénac, patron d’Eiffage Sénégal, n’aurait pas pu, le cas échéant, imprimer son propre nom à cet ouvrage national. Et ceux qui le favorisent auraient peut-être été moins bien "traités" en affectant le marché à une entreprise sénégalaise qui appliquerait la vérité des prix.           
    
Mardi 25 Octobre 2011



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3.Posté par farba le 25/10/2011 08:59
ca se voit que vous ne meritez même pas ces indemnités. Un enseignant maitrise d'abord la concordance des temps
".... il aura fallu que certains...........aillent jusqu'à...........pour qu'on leur garantie!!!! SSE!!!
qu'en meme!!!. vous ne faite que gueuler.

2.Posté par zeus le 25/10/2011 08:57
Merci cheikh, j'aimerai bien avoir une idée de la clé de montage financier de AIBD !!!!!!!!!!!!

1.Posté par deug le 25/10/2011 08:30
NSPECTION D'ACADEMIE DE TAMBA : UN AUDIT S'IMPOSE
Chers compatriotes c'est avec désespoir que je lance ce SOS pour sauver le corps enseignant des Départements de Goudiry, Bakel et Koumpentoum.En effet depuis que le payement des examens (CFEE -BFEEM), missions ordinaires et autres a été centralisé, nous vivons le calvaire pour rentrer dans nos fonds et ceci a cause d'un I.A ,Aliou NDiaye pour ne pas le nommer , irresponsable qui fait passer l'argent on ne sait ou?
c'est ainsi :
pour l'année dernière on a noté des retards et une mode de payement extraordinaire par tranche jusqu'en février pour les CFEE idem pour le BFEM.
pour les missions ordinaires il aura fallu que certains collègues d'autres départements comme Bakel en aillent jusqu’à boycotter la correction du CFEE 2011 pour qu'on leur garantie une partie de leur dû.
Chers compatriotes tout ceci n'aurait pas été frustrant si l'ensemble du pays ou de la région avait ce même problème.Si dans les autres départements de tamba on parle des restants de 2010, à tamba le personnel se la coule douce avec l'argent de 2011 et des missions qui n'existent nulle part.
Merci de nous comprendre.

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