Le gouvernement guinéen a annoncé jeudi soir que des milliers d'orpailleurs étrangers incluant des Burkinabè et des Maliens avaient été interpellés sur des sites d'orpaillage clandestins dans le pays puis remis à leurs ambassades respectives, après l'interdiction de cette activité cette semaine.
Ces expulsions interviennent dans un contexte de renforcement de la lutte contre l'orpaillage illégal dans ce pays producteur d'or où les mines attirent de nombreux ouest-africains, notamment des Burkinabè.
Lundi, le gouvernement guinéen a annoncé l'interdiction formelle de l'exploitation artisanale de l'or dans plusieurs zones de la région aurifère de Siguiri (nord-est), ainsi que le déploiement permanent des forces de défense et de sécurité pour faire respecter cette mesure.
"Des milliers d'orpailleurs de différentes nationalités parmi lesquels 409 Burkinabè et 606 Maliens ont été interpellés (après cette interdiction. Ils) ont été remis aux représentations diplomatiques de leurs pays respectifs dans le cadre d'une démarche privilégiant les relations de bon voisinage", a affirmé le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, à l'issue d'une rencontre avec des diplomates en poste à Conakry, sur la télévision publique.
Le Burkina Faso organise cette semaine le rapatriement de milliers de ses ressortissants de Guinée, après les mesures prises par Conakry, a appris l'AFP mercredi auprès d'une source au sein du gouvernement burkinabè et d'un média d'Etat.
"La protection de l'environnement ne peut être sacrifiée au nom de la fraternité africaine. Combien de personnes ont été hospitalisées à cause du cyanure", un produit chimique utilisé par les orpailleurs dans leur activité, a affirmé M. Kouyaté.
Le chef de la diplomatie guinéenne a cité la destruction de cours d'eau et de forêts et la mort d'animaux parmi les dégâts causés par l'orpaillage illégal. Il a indiqué que ces nuisances environnementales étaient incompatibles avec les engagements internationaux de la Guinée.
L'AFP a appris vendredi matin que sept anciens administrateurs territoriaux de la région de Siguiri ont été placés sous mandat de dépôt mercredi après leur présentation devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), dans le cadre d'une enquête sur les conséquences environnementales de l'orpaillage clandestin.
L'exploitation artisanale de l'or dans la région de Siguiri y constitue une importante source de revenus pour la population, mais elle est régulièrement associée à des problèmes de dégradation environnementale et de sécurité.
Des missions d'inspection et d'évaluation menées ces derniers mois à Siguiri ont notamment révélé une dégradation alarmante des sols, des terres agricoles et du couvert végétal, ainsi que la pollution et l'ensablement de cours d'eau, selon un communiqué du gouvernement publié lundi.
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