TOUBA - MARDI 21 JUIN ENTRE 10 H ET 11 HEURES : 213 mendiants aux alentours de la grande mosquée.


TOUBA - MARDI 21 JUIN ENTRE 10 H ET 11 HEURES : 213 mendiants aux alentours de la grande mosquée.
En cette période de ramadan, la grande mosquée de Touba est prise d’assaut comme jamais par les mendiants. Ils sont des hommes, des femmes, des enfants, des personnes handicapées, des personnes valides, des étrangers à ceinturer l’édifice. Le spectacle est singulier dans son genre.  Sous un soleil de plomb, aucun d’entre ceux que nous avons trouvés sur place ne bouge, espérant qu’un passant fasse preuve de générosité. Alioune Fall, handicapé moteur confie à Dakaractu : « à pareille heure, les  mendiants les plus âgés sont allés chercher refuge dans les concessions de Serigne Abdou Lahad et derrière la maison de Serigne Fallou Mbacké. Il fait extrêmement chaud. Revenez aux environs de 18 heures, vous ne décompterez pas moins de 500 personnes qui tendent la main ».
 
Notre interlocuteur de se désoler : «  le plus gênant, c’est que vous allez voir des gens qui ne souffrent d’aucun handicap pouvant les empêcher d’aller travailler. Ils courent plus vite que nous qui ne savons que ramper. Ils ont un discours alarmant et convoque toutes les misères du monde pour avoir de l’aumône. Il est temps que les bienfaiteurs sachent faire le distinguo entre les personnes qui ont besoin de cette aumône et celles qui en font un business ». Pape Dramé, non-voyant saisit la balle au rebond : « Monsieur le journaliste, laissez-moi vous dire une chose : il y a des hommes et des femmes qui quittent leurs villages pour disent-ils, aller travailler  à Dakar. Ils bifurquent à Touba pour tendre la main sans que personne ne s’en rende compte. Tous ceux qui vous voyez enturbannés, pour que personne ne les reconnaisse,  appartiennent généralement à cette catégorie. Regardez bien et vous comprendrez. »

Bref, entre 10 heures et 11 heures, sur le trottoir qui va de la maison de Serigne Abdou Lahad à l’esplanade des cimetières en passant par la devanture de la concession de Serigne Fallou Mbacké, 213 indigents ont été dénombrés. Un nombre effarant pourtant loin de refléter la réalité car…pour certains il y en a beaucoup plus les jours de vendredi.
 
RETOMBÉES JUTEUSES


A l’unanimité, le mois de Ramadan est un moment formidable pour les mendiants de Touba. « Nous recevons dix plus d’aumône. Et, nous mangeons très bien. Les repas qu’on nous offre sont souvent à base de viande et nos familles en reçoivent suffisamment. Nous aurions aimé que ce mois ne termine jamais », mentionne Alioune Fall. Pécuniairement, les retombées sont exceptionnelles. C’est du moins l’avis de Marième qui confie : «  vendredi dernier, je suis rentrée avec 7300 francs. Cette somme, je l’ai eue pour la dernière fois lors du magal 2015. Je dois dire que les hommes sont plus généreux que les femmes. » 
A côté des indigents, on peut aussi remarquer, posés par terre, des paquets de sucre, des sachets de dattes, de la Cola,  du papier blanc …A Touba, la mendicité rapporte décidément gros. 
Mardi 21 Juin 2016
Dakaractu




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