Portrait de la Semaine / Général Boubacar Wade, Directeur de l’Hôpital Principal : « De l’Amour des Mots, au Soulagement des Maux… »


Portrait de la Semaine  / Général Boubacar Wade, Directeur de l’Hôpital Principal : « De l’Amour des Mots, au Soulagement des Maux… »
L’homme est affable, et nous reçoit avec élégance et simplicité dans le salon de son domicile, sobrement meublé, et traversé de bon goût et de sobres œuvres d’art. 
Le Général Boubacar Wade est le directeur de l’hôpital Principal de Dakar, dirigé depuis des lustres par les militaires, français d’abord, et ensuite depuis 2000, managé toujours par des militaires sénégalais, mais devenu hôpital public.
Le Général Boubacar Wade est un pur dakarois, médinois de cœur, né le 5 septembre 1955, et qui s’est ouvert aux curiosités de la médecine au contact d’un étudiant gabonais logé par ses parents, qu’il allait parfois embêter dans sa chambre. Il a alors juste 7 ans. La vocation s’immisce dans cet esprit qui pourtant est féru de littérature et de belles lettres, au point qu’il est au Lycée Blaise Diagne, un brillant élève, excellent en français, qui de ce fait est orienté en série A par ses professeurs, au grand dam de celui qui rêvait toujours à devenir médecin. 
Il s’en ouvre alors à son père qui, respectueux de l’autorité, ne lui donne guère le choix : Il fera ce que ses professeurs qui en savent plus que lui ont décidé. Un point c’est tout ! 
Le jeune Boubacar s’entête et va faire le siège de ses professeurs auxquels il confie son désarroi, et leur expose ses espoirs qui en seraient brisés, s’il devait, malgré son talent littéraire et son amour pour les belles lettres, continuer sur une voie qui anéantit ses rêves de soigner ceux qui souffrent. Il doit avoir quelque talent de persuasion puisqu'il est finalement orienté en Série D, et la magie opère : Boubacar est un esprit scientifique, validant que les plus grands savants étaient de grands philosophes et de subtils penseurs. Le Bac D en poche et brillamment obtenu, il fonce vers son rêve, à la manière de René Char, obstinément et convaincu, les sceptiques s’habitueront à son audace. Boubacar Wade fera Santé Militaire, à Dakar avant de faire sa spécialisation en France et de décrocher une belle agrégation à l’Hôpital du Val de Grâce, hôpital militaire de grande réputation s’il en est.
C’est là qu’il comprend, sans qu’on ait eu à le lui expliquer longtemps, signe de perspicacité et de vision, qu’il lui faudra se renforcer le mental et la compétence par des études de gestion, ce qu’il fait au galop en passant son MBA  en administration des affaires. « Parce qu’un hôpital demande une grande administration pour tendre vers une médecine et des soins de qualité, avec toute une logistique à mettre en place, pour que les efforts de tous aient quelque efficience », affirme cet homme qui n’est pas loin de penser, militaire affirmé, qu’un hôpital s’administre comme on commande une armée… Le maître mot : La discipline. Serait-il redouté comme directeur ? Boubacar Wade, ne le souhaite pas, préférant plutôt donner dans la pédagogie, pour une gestion participative et inclusive, ce qui ne l’empêche pas dès que les conditions l’exigent de prendre des décisions. Discipline et fermeté, sont ses secrets de réussite dans la mission  qui lui a été confiée. Son adjoint, le Colonel Elimane M'baye confirme le trait et dépeint son directeur « comme un homme fraternel, social et respectueux, qui a su instaurer un bel esprit d’équipe, mais ancré dans une grande rigueur et un professionnalisme implacable. C’est un meneur d’hommes, mais qui sait agir aussi en cas de dilemme, sans aucune complaisance dans des situations qui demandent de la fermeté ». 
C’est ainsi qu’il a dû sévir lorsque des cas de corruption ou de prévarication se sont fait jour dans l’enceinte de son hôpital, devant redresser ce grand navire qui emploie 1 200 personnes et qui bon an, mal an, se retrouve avec 800 millions d’impayés. « Nous soignons d’abord les malades, parce que chaque citoyen doit avoir droit à la santé, et c’est en cela que la CMU, la Couverture Maladie Universelle est une excellente initiative du Gouvernement Sénégalais et il faut rendre hommage à cette initiative salutaire », pose le Général Boubacar Wade, d’une voix pleine d’assurance. Il faut selon lui que cet effort soit accompagné de renforcement des ressources humaines, aux qualifications particulières. 
A côté de ce grand navire qu’est l’Hôpital Principal, le Général Wade s’est investi, aux côtés de l’ancien Directeur Monsieur Klotz, dans l’érection du dispensaire de Bala, parce qu’il est convaincu que la Santé Rurale est d’importance capitale, et que la médecine a pour obligation d’aller vers les populations. Une équipe mobile est en place et un projet de télémédecine est en gestation à Bala pour son plus grand bonheur.
Le Général Boubacar Wade n’a pas transmis le virus de la médecine pour autant à ses enfants, trois garçons qui sont devenus informaticien, pour l’un et logisticien et banquier pour les deux autres. A son grand désespoir d’ailleurs, les comprenant à travers un léger voile de tristesse, lorsqu’il évoque leur réticence à suivre sa voie, ces derniers lui expliquant que parfois ils avaient éprouvé quelques contrariété à aller de moins en moins faire des balades au Lac Rose… Travail oblige… Ahmadou, son fils ne lui en tient pas rigueur et décrit son papa comme «  un homme à l’écoute de ses enfants, disponible et attentif, donnant toujours des conseils qui servent au final, mais sans jamais chercher à les imposer comme des vérités vraies, parce qu’il nous a toujours donné le choix, meilleure façon d’éprouver ce qu’est la liberté », rajoutant espiègle,« c’est un ami pour ses enfants… D'ailleurs, on le chambre souvent, et il est bon public ».
Et puis un Général qui écoute des grands classiques de musique, ne peut être que bon, tranquille mélomane qu’il est, il se berce encore à la lecture à tout crin, en tournant et en tournant encore les pages d’un livre sur l’ivresse des mots qu’il a lu de multiples fois… Un amour pour les mots qui l’a mené à vouloir soulager les maux de la terre… C’est son menu…Principal…
 
Jeudi 12 Février 2015
Dakaractu




1.Posté par SOW le 12/02/2015 09:34
merci mon général vous êtes un homme bien et je prie au bon Dieu de vous donner long vie et sante
ainsi toute votre famille
bravo digne fils du Sénégal
ma mère cardiaque que vous avez toujours soutenue vous dit merci

2.Posté par Jacobe le 13/02/2015 09:15
J'ai eu à travailler avec un de ses fils dans une grande structure mais il est d'une simplicité et politesse extraordinaire.

3.Posté par Lamine le 13/02/2015 09:23
Un très grand homme, un des meilleurs fils de ce pays: il.se dévoué sans rien demander à qui que ce soit. Ce monsieur est un exemple pour nous tous. Que Dieu lui rende ses bienfaits en millions



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