Le Canada déjoue un projet d'attentat contre un train


Le Canada déjoue un projet d'attentat contre un train

La police canadienne a déjoué lundi un projet d'attentat visant un train de passagers préparé par deux hommes, arrêtés à Toronto et Montréal, qui recevaient leurs ordres d'éléments d'al-Qaida  établis en Iran. "Ces individus voulaient mener une attaque terroriste" contre un train de passagers de la société d'État canadienne Via Rail, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada  (GRC, police fédérale). "Ils ont surveillé des trains de la région de Toronto", la capitale économique du pays, a ajouté un responsable, en se refusant à fournir d'autres précisions. Selon plusieurs médias locaux, ils visaient en particulier la liaison ferroviaire très fréquentée New York-Toronto.

La police, invoquant l'enquête en cours, n'a pas voulu préciser le pays d'origine des suspects, qui ont été arrêtés lundi et n'ont pas la citoyenneté canadienne, ni dire depuis quand ils se trouvaient au Canada. Elle s'est limitée à indiquer qu'il s'agissait de Chiheb Esseghaier, 30 ans, résidant à Montréal, et Raed Jaser, 35 ans, établi à Toronto, et que les deux hommes, qui étaient surveillés depuis août dernier, voulaient faire dérailler un train dans la région de Toronto.

Étendard des salafistes

Selon le journal National Post, citant des collègues de Chiheb Esseghaier à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) à Varennes, au Québec, et un voisin de Raed Jaser à Toronto, le premier est Tunisien et le second Palestinien, citoyen des Émirats Arabes unis, possédant le statut de résident permanent au Canada.

Quant à Esseghaier, une responsable de l'INRS, Julie Martineau, a confirmé à l'AFP qu'il était étudiant en doctorat en sciences de l'énergie et des matériaux au Centre énergie matériaux télécommunications à Varennes, où il est inscrit depuis l'automne 2010. Les deux hommes ont été inculpés pour "complot en vue de commettre un attentat terroriste" et "complot (...) sous la direction d'un groupe terroriste", a indiqué la GRC. Une audience pour décider d'une éventuelle mise en liberté sous caution est prévue mardi.

Le profil d'Esseghaier sur le réseau professionnel LinkedIn est illustré d'un drapeau noir, marqué d'inscriptions en blanc portant la profession de foi musulmane, et qui est devenu l'étendard des salafistes : "Il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète."

Ordres et conseils en provenance d'Iran

Les deux hommes "recevaient du soutien d'éléments d'al-Qaida se trouvant en Iran", en particulier "des ordres et des conseils", a souligné la police. Toutefois, "il n'y a aucune information indiquant que ces attaques étaient soutenues par l'État (iranien, NDLR)", a précisé la GRC.

Un avocat de Toronto, cité par le quotidien Globe and Mail, a indiqué que l'un de ses clients, un imam de la ville, avait alerté les autorités au sujet d'un des deux suspects après l'avoir vu faire du prosélytisme islamiste auprès des jeunes de la ville. "Les arrestations d'aujourd'hui démontrent que le terrorisme continue d'être une menace réelle pour le Canada", a fait valoir le ministre canadien de la Sécurité publique, Vic Toews, en louant le travail des policiers canadiens impliqués, ainsi que du Service du renseignement de sécurité. "J'aimerais également remercier le FBI (police fédérale américaine) pour son assistance tout au long de l'enquête et pour sa coopération qui a permis cette conclusion heureuse", a-t-il ajouté.

Le Canada, nouveau levier de recrutement pour le terrorisme

Ce projet d'attentat n'a aucun lien avec celui de Boston, dans le nord-est des États-Unis, qui a fait il y a une semaine trois morts et quelque 200 blessés, mais la GRC a reconnu que ce dernier avait précipité son entrée en scène concernant cette enquête débutée en août dernier. Les autorités canadiennes ont noté que l'attentat "était encore à l'étape de la préparation" et qu'aucune attaque n'était "imminente". "Ces arrestations sont le résultat d'une coopération transfrontalière approfondie", s'est félicité l'ambassadeur des États-Unis à Ottawa, David Jacobson. C'est la première fois au Canada que des chefs d'accusation impliquant al-Qaida sont prononcés. Relativement épargné par le terrorisme international, le Canada est toutefois apparu ces derniers temps comme un vivier pour le recrutement de futurs extrémistes islamistes.

Des médias rapportaient encore la semaine dernière que la spectaculaire attaque menée le 14 avril par un commando de shebab à Mogadiscio (au moins 34 morts) avait été dirigée par un ancien étudiant canadien, Mahad Ali Dhore.

AFP





Mardi 23 Avril 2013
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