A quel Terrorisme le Sénégal fait-t-il face ?


A quel Terrorisme le Sénégal fait-t-il face ?
A)    La conception antiterroriste des occidentaux

Que le terrorisme constitue une menace pour l’Afrique de l’ouest en général, et pour notre pays le Sénégal en particulier, est un fait admis par tout le monde. La presse internationale s’en est fait l’écho, reprenant les notes des services de renseignements occidentaux et les communiqués des  « organisations terroristes » telles que l’AQMI, le MUJAO, BOKO HARAM, etc.
Au Sénégal, cette menace ne semblait pas être prise au sérieux ni au niveau officiel, où elle est comme sujet tabou, ni dans la classe politique et la presse, où elle n’est abordée que comme fait divers. « Cela n’arrivera pas ici, cela n’arrivera qu’aux autres ». De ce fait, ce ne sont que  des titres de choc, portant sur les foires d’empoignes entre pouvoir et opposition, et les querelles de préséance dans la majorité, qu’on aligne à la une des quotidiens.
Par contre, il faut noter qu’au plan international, c’est le journal  français « Le Monde » du 06/05/14, qui interpelle  le Président de la  République Mr Macky SALL  sur la question  du terrorisme et ce dernier  de répondre en  ces termes : « Aucun pays n’est à l’abri. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe en  Syrie où vous voyez des combattants français, sénégalais et d’autres nationalités ». Mais il tempère aussitôt  « Il ne faut pas non plus créer une psychose ; le Sénégal est un ilot de stabilité et nous travaillons avec nos partenaires pour répondre à la question du terrorisme par la coopération, l’échange d’informations et par des politiques en faveur de l’emploi et de l’éducation. »
Mr le Président, cette conception de la « réponse » à la question du terrorisme m’a tout l’air d’un cautère sur jambe de bois. C’est, ni plus ni moins, ne pas s’engager dans la voie de la  lutte pour l’éradication du mal ; car le terrorisme dont il est question pour nous, n’est pas celui que nos « partenaires » combattent. Car pour les occidentaux, il s’agit effectivement d’une guerre asymétrique qui oppose d’un côté, un très puissant  terrorisme d’Etat, déterminé à  dominer le  monde et de l’autre, des Etats qu’ils considèrent comme obstacles à ce dessein et qu’ils  accusent en plus de soutenir des « organisations terroristes » dont ils ont présidé, eux-mêmes, à la création. Il est aisé Mr le Président de constater, qu’après chaque attentat commis contre « les intérêts occidentaux », un Etat musulman est rayé de la carte, tandis que  « l’organisation terroriste » incriminée, s’en sort renforcée. Effectivement, cette lutte anti-terroriste exige beaucoup de moyens  que nous autres n’avons pas. Pourtant vous comptez sur ces moyens matériels pour lutter contre le terrorisme « qui (en) demande énormément : des unités spéciales, des moyens d’investigations, d’écoute et …. ». Et lorsque vous ajoutez : «  il nous faut réadapter notre système de sécurité », je constate avec beaucoup de perplexité que cette conception de la lutte contre le terrorisme demeure toujours calquée sur le mode occidental car, vous fondez encore beaucoup d’espoir sur « une force de réaction rapide que vous essayez  de mettre en place au niveau de chaque ensemble sous régional  pour pouvoir intervenir en cas de menace au lieu de faire appel à la France».
Le problème, Mr le Président, c’est qu’il faut des moyens une fois de plus, énormément de moyens,  qu’il faut aller demander «  à nos partenaires ». Il nous faut donc « réadapter » autrement.

Ces partenaires, Mr le Président, ne donneront que les moyens qui serviront fondamentalement à protéger ou (assurer) leur accès aux énormes ressources dont regorgent nos pays, notre continent et accessoirement, à conserver au pouvoir, ceux de nos régimes qui s’accommoderont de ce modus vivendi. L’Occident mène un combat mortel contre tout ce que ses stratèges considèrent comme «  menace terroriste » à ses intérêts géostratégiques, et l’Islam en fait partie.
La face cachée de la lutte des occidentaux contre le terrorisme, il faut le reconnaître, est celle qu’ils mènent en réalité contre l’Islam ; et ils disposent, pour ce faire, d’auxiliaires musulmans appelés jihadistes, qui massacrent des musulmans, au nom de l’Islam. Tout bénéfice pour l’Occident.
  




B)    Terrorisme – Jihadisme

Revenons donc sur ce terrorisme, appelé de plus en plus jihadisme, qui menace l’Afrique de l’Ouest et partant le Sénégal, pour bien saisir sa spécificité afin de pouvoir adapter notre système de défense et de sécurité en toute connaissance de cause.
Tout courant politico-idéologique, visant à instaurer un Etat sur la base de l’islam par la violence, appartient à la mouvance jihadiste : des individus organisés ou non, armés d’une vision religieuse sur laquelle ils fondent leur droit de vie et de mort sur toute personne, ou tout pays, qui ne la partage pas.  Les  partisans de ce courant désignent l’occident et ses valeurs d’une part, les chiites, le soufisme et ses adeptes de l’autre, comme des mécréants qui méritent tout simplement la mort. Mais, curieusement, toute leur puissance de feu  n’est dirigée, presque exclusivement, que  contre les musulmans  qui ne partagent pas leur interprétation  littéraliste du Coran  et/ou, qui luttent aux cotés du peuple palestinien contre l’occupant sioniste et ses alliés occidentaux. 
-D’où tirent-ils cette idéologie ?
En tout cas, pas du prophète de l’islam, Mohammad (SAWS) dont ils se réclament, qui, après avoir reçu la confirmation par Allah (SWT) de la fin de sa mission sur terre, a déclaré aux musulmans que le petit jihad était terminé mais qu’il restait à accomplir le grand jihad.
A ceux qui étaient intrigués par ces paroles, il précisa que : «  le petit jihad, c’est toutes ces guerres que nous avons menées  pour la défense de l’Islam ; tandis que le grand jihad, c’est la résistance aux passions, aux  tentations, et autres frivolités de la vie d’ici-bas. » 
Durant la première étape de la lutte armée, le jihad était principalement défensif et opposait les armées musulmanes, dirigées par le Prophète (SAWS) et ses lieutenants, aux armées païennes et aux différents négateurs ouvertement hostiles à l’Islam. 
Mais par la suite, de l’époque des Califes du Prophète(SAWS) jusqu’aux Abbassides en passant par les Omeyyades, presque toutes les guerres conduites au nom de l’islam l’étaient, pour l’essentiel, dans le but d’agrandir ou de défendre des territoires conquis et d’asseoir un pouvoir politique, plutôt que celui de défendre l’Islam.
Le dernier grand ensemble musulman, que constituait l’empire Ottoman, n’a pas échappé à la règle et a fini par succomber aux coups de butoir du nationalisme arabe naissant et de ceux de son grand rival qu’était l’empire britannique. Et ce n’est pas un hasard que ce fut l’Emir de la Mecque, Hussein Ben Ali, petit fils du Prophète(SAWS) et porte- parole de la nation arabe toute entière qui, soutenu par les français et les anglais, appela en 1915 les musulmans au jihad contre l’empire Ottoman qui lui, appelait au jihad contre les alliés occidentaux.  
Reconnu comme le fondateur du panarabisme, il proclama l’indépendance du Hedjaz en 1916(région ouest de la péninsule arabique) mais il fut battu par son rival du Nedjd (région du centre), Abdel Aziz Ben Abderrahmane Ben Fayçal Ben Saoud en 1924. C’est ce dernier qui unifia ces deux importantes provinces pour en faire en 1932, le royaume d’Arabie saoudite, grâce au soutien des britanniques.
Ce que l’on doit savoir, c’est que depuis cette date, l’histoire du jihadisme est intimement liée à celle du royaume d’Arabie Saoudite que nous allons présenter brièvement.
Ce royaume est avant tout le produit d’une rencontre entre deux ambitions : celle d’un petit Emir d’une oasis du Nedjd, qui voulait devenir roi et  disposer d’une autorité religieuse pour légitimer son pouvoir d’une part, et de l’autre celle d’un jeune étudiant qui, ayant terminé sa formation, s’est mis à la  recherche d’un pouvoir autoritaire pour imposer sa vision de la charia par l’épée. La rencontre  eut lieu en 1744 et voici comment le Professeur Madawi Al Rachid(1) a raconté la scène.
Le prince Ibn Saoud à Mouhammad Ben Abdel Wahhab : 
-    « Cette oasis est à toi, ne crains aucun ennemi. Au nom d’Allah, si tout le Nedjd décidait de te jeter dehors, nous ne t’expulserions jamais »
Mouhammad Ben Abdel Wahhab de répondre :
-    « Tu es bien le chef de ce campement et tu es un sage. Je souhaite te voir prendre l’engagement de mener le jihad contre les mécréants, en retour tu seras l’imam et le chef de la communauté islamique, de mon côté je me chargerai de la direction des questions religieuses ».
Ce pacte de soutien mutuel et de partage du pouvoir qui lie ces deux hommes a été scellé séance tenante et conclu par le mariage de la fille d’Ibn Saoud et Ben Abdel Wahhab. Ainsi le petit prince de Diriya, Ibn Saoud, renforcé par les adeptes du nouveau prêcheur pour un retour à l’islam des anciens (salaf) d’une part, et de l’autre par la légitimation de ses guerres d’extension par Ben Abdel Wahhab,devint roi. Il mit d’abord le Nejd, sa province natale en coupe réglée, après trente ans d’un jihad impitoyable qui lui permit d’étendre ses conquêtes territoriales et d’appliquer la charia selon le rite du wahhabisme naissant : lapidation à mort de femmes pour adultère, destruction de tombes, de mausolées et autres monuments historiques. Cela débuta à Karbala en 1801 contre la communauté chiite puis s’étendit à la Mecque qui connut des destructions massives en 1803 de même qu’à Médine, où le cimetière de Baqia est rasé en 1806 et la tombe du Prophète(SAWS) visée. Le tollé soulevé dans la Oumma Islamique par ces actes,  amena le Sultan Ottoman Mahmoud à charger Mouhamad Ali Pasha, gouverneur d’Egypte, d’envoyer une armée en Arabie pour écraser le premier Etat Wahhabo-Saoudien lors d’une campagne entre 1812 et 1815. Mais il a fallu une deuxième expédition pour en finir avec ce royaume, en détruisant la capitale Diriya en 1818 et en capturant le Roi, Imam Abdallah Ben Saoud qui fut exécuté à Istanbul. 
En 1824, le Roi Imam Turki Ben Abdallah Ben Saoud réussit à créer un deuxième Etat Wahhabo-Saoudien avec Ryad comme capitale ; mais, après soixante huit ans de règne marqué par des luttes fratricides pour le Trône, les Saoud furent chassés du pouvoir par  la famille rivale Al Rachid avec l’appui des turcs en 1892. Cependant, après une lutte qui dura dix ans, Abdel Aziz Ben Abderrahman Ben Saoud, qui avait trouvé refuge au Koweït,  reprit le pouvoir, aidé  en cela par ses alliés britanniques et les bédouins organisés sous l’appellation  des  « IKHWANS ». Ainsi, sous la bannière du jihad et Tawhid, il instaure le régime qui permet à la monarchie Saoudienne de mettre en œuvre depuis lors, la conception rigoriste et littérale de la charia selon Abdel  Wahhab.
Ce jihadisme, qui fait des émules dans le monde, se base sur le Tawhid selon Abdel Wahhab qui considère comme mécréants tous les « polythéistes » que sont les soufi, les chiites, les juifs, les chrétiens, les idolâtres, les féministes, les athées ….
Il suffit de lire les professions de foi ou programme de tous les mouvements qui appellent au jihad pour s’en convaincre ; du plus ancien au plus récent, des Frères musulmans d’Egypte créés en  1928 par Hassan Al Bana jusqu’à Boko Haram né en 2002 au Nigéria, en passant par Al-Qaïda de Ben Laden et les talibans en Afghanistan à la fin des années 80 et la GIA du début des années 90 en Algérie.
-    Leur devise : la profession de foi des musulmans(2)
-    Leur voie : le jihad
-    Leur crédo : le Tawhid
-    Leur cible : les juifs et les croisés ; les polythéistes que sont les soufi, les chiites, et les symboles de leur idolâtrie, c’est-à-dire les tombeaux, les mausolées et autres monuments historiques.
  
C)     Alliance du Jihadisme et de l’impérialisme occidental

Si les cibles du jihadisme  sont clairement énumérées, il y a lieu de s’interroger sur son mode d’application sur le terrain ; car ce sont les musulmans tant au niveau des Etats qu’au niveau des individus qui constituent la cible préférée. Pour ce qui concerne les Etats, les cibles s’identifient à celles  indiquées par les USA de la bouche même de Georges Bush et son  « Axe du Mal », entrainant dans son sillage, les pays occidentaux dans leur lutte contre l’islam. Ceci n’est pas le fruit du hasard, mais bien de celui d’une alliance entre le Royaume d’Arabie Saoudite, chef de file du fondamentalisme islamiste et les USA, celui de l’impérialisme occidental.       
En effet, cette alliance est née  depuis  la signature du « Pacte du Quincy » en 1945 entre le roi Ibn Saoud et le Président Roosevelt ; elle  marque l’entrée  en scène fracassante des  USA dans le Golf, son éviction du Royaume Uni  du monopole de l’exploitation des immenses réserves de pétrole saoudien en échange de sa prise en charge de la sécurité et la défense de l’Arabie Saoudite. Cette entente cordiale entre les deux pays, que tout devrait opposer, explique par ailleurs l’absence de mesures de rétorsions  des USA contre le royaume wahhabo-saoudien après les évènements du 11 septembre 2001.Pourtant l’essentiel des supposés terroristes, qui ont  mené  ces actions, étaient identifiés comme étant des citoyens saoudiens !!! En retour, du côté du Royaume, on ne parle même plus de « juifs et de croisés » parmi les cibles à abattre.
L’Occident pratique le terrorisme d’Etat, que les stratèges du Pentagone ont  baptisé  « guerre asymétrique » ; qui  est leur façon de se donner bonne conscience, quand ils déversent des milliers de tonnes de bombes  sur  des populations civiles innocentes, en  réponse à  l’action d’un individu ou d’un groupe d’individus qui, gardent malgré tout  l’avantage sur le terrain. C’est la même méthode inique, que les israéliens utilisent contre le peuple palestinien ; et là encore, le jihadisme se voile la face et tourne le dos, contrairement aux combattants du Hezbollah libanais qui résistent  vaillamment  au terrorisme d’Etat israélien .Par contre, dès qu’il s’ agit de frapper des cibles désignées par les USA et l’Occident, le roi saoudien obtient, conformément à l’accord de partage du pouvoir, sans aucune difficulté, les fatwas qui justifient le soutien et les financements des attaques dirigées  contre des pays musulmans. Hors de doute, si  l’Arabie Saoudite n’avait pas offert aux USA des facilités logistiques(bases militaires, ports et aéroports…), des armes et des équipements  aux rebelles jihadistes-terroristes, des pays comme l’Afghanistan, l’Iraq, la Somalie, la Lybie et plus récemment la Syrie, n’auraient pas subi ces bombardements  meurtriers qui ont détruit leurs Etats, semé la mort et la désolation au sein des populations innocentes notamment les femmes et les enfants. De la liste des Etats -cibles du terrorisme-jihadisme américano-saoudien, seul l’Iran demeure  encore non agressé militairement, mais reste cependant  affaibli  par des années d’embargo insoutenable et criminel. Quant à la Syrie, elle résiste  depuis 2011 aux assauts des  jihadistes-terroristes équipés et financés par  l’Arabie Saoudite(3), le Qatar et la Turquie, tous alliés fidèles  des occidentaux, des américains en particuliers. Il y a, enfin, le cas de l’Egypte : où  les Frères Musulmans ont voulu tenter une expérience autonome  d’islamisme politique, qui n’est pas en odeur de sainteté en Arabie Saoudite et leurs alliés américains ; cela a tourné  court, au prix de centaines de morts et des milliers de personnes disparues ou emprisonnées. Le terrorisme qui sévit dans les pays occidentaux n’a pas pour but de détruire des Etats, il cible des symboles. Et les exécutants de ces attentats sont tous, pour l’essentiel, connus des services secrets occidentaux.
Remarquons enfin, que tous ces pays détruits, appartiennent à ce que les stratèges néoconservateurs(4) américains appellent « la zone du chaos où  se déroule  la troisième guerre mondiale ». 

C’est cette hostilité sélective, cette violence orientée quasi  exclusivement contre les musulmans, caractéristique de l’alliance du terrorisme fomenté par  l’Occident et le jihadisme soutenu par  des musulmans contre des musulmans, qu’il nous faut   démasquer et combattre pour la défense de l’Islam et la Paix dans le monde. 

D)    Terrorisme et Islam

Donc ce jihadisme terrorisme là en fait, est la manifestation concrète et insidieuse de la lutte que mène l’Occident contre l’Islam, clairement désigné comme ennemi à abattre, après le nazisme et le communisme. 
La première guerre mondiale (14/18) a permis la liquidation de la conception féodale du pouvoir (Monarchie et Eglise) encore en vigueur au début du 20ième siècle en Europe et qui constituait un frein au développement de l’impérialisme et à la mainmise  des  oligarchies dans la politique d’oppression des nations et peuples colonisés et l’exploitation de leurs  immenses ressources naturelles. L’Empire Ottoman fut la seconde grande victime de cette guerre impérialiste ; de ses cendres naquit la Turquie de Moustapha Kamal  qui en fit le premier « Etat musulman moderne »à pas forcé et le deuxième au monde, après la France, à inscrire la laïcité dans sa Constitution.
La deuxième  guerre mondiale (39/45) a permis  aux tenants de l’idéologie « du nouvel ordre mondial »,  qui préfigurait  la globalisation actuelle, de se débarrasser du nazisme qui, après avoir servi d’auxiliaire dans la lutte pour la confirmation de la supériorité de la race aryenne et de l’occident sur le reste du monde, était devenu encombrant ; car Hitler avait non seulement dénaturé la lutte qui se voulait idéologique et  acceptable par tous, en la transformant en une vaste opération de nettoyage ethnique contre le peuple juif, mais il devenait en réalité, une sérieuse  menace militaire face à la nouvelle superpuissance naissante qui a été épargnée  par la guerre, les USA , futur leader  de l’Occident  ruiné et en lambeaux. 
La mise en œuvre de la nouvelle stratégie de domination du monde par l’Occident, dans la deuxième moitié du 20ième siècle, a vu naitre l’Organisation des Nations Unis, gouvernement du monde dirigé par les vainqueurs et leurs alliés du moment, mais aussi la désignation d’un nouvel ennemi à abattre, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et le mouvement communiste international, qui ont beaucoup contribué à la défaite du nazisme et  à  l’affaiblissement de l’influence de la religion en Occident.
Mais, cette fois ci, l’Occident s’est bien gardé de déclencher la troisième guerre mondiale, car il faisait  face à un Camp Socialiste qui comptait une super –puissance naissante en Europe (l’URSS), et une nation de près d’un milliard d’habitants qui venait de gagner ses galons de puissance incontestable en Asie, après sa brillante victoire sur l’impérialisme japonais : la Chine de Mao. Un nouveau concept est vite trouvé, il s’agit de « la guerre froide » où toute confrontation directe par les armes est bannie entre les deux camps  ennemis. Par contre tous les coups tordus semblent être permis, notamment entre les services secrets, allant jusqu’à provoquer des guerres par nations interposées dans les pays anciennement colonisés. 
Dans sa lutte contre le communisme, l’impérialisme s’est offert un auxiliaire de taille, l’Arabie Saoudite, qui a fourni des hommes et des moyens logistiques et financiers colossaux, d’abord en Afghanistan puis dans toutes les campagnes du jihadisme terrorisme aux quatre coins du monde. Ainsi, pendant que les pétrodollars saoudiens ont coulé à flot pour le compte du terrorisme occidental (y compris israélien), le camp des occidentaux, et principalement les USA, ferme les yeux lorsque, dans le même temps, les tenants de la conception wahhabite du jihad et de la charia proclamée et appliquée aveuglément, s’en  donnent  à cœur joie dans la sale besogne de destruction  d’Etats musulmans en Asie, en Afrique et  au Moyen Orient .
Voilà pourquoi notre pays doit savoir identifier, de façon claire et nette, qui sont nos amis, sur qui compter pour mener le combat contre le jihadisme terrorisme qui agit sous couvert de l’islam et qui s’incruste dans notre sous-région. Nous allons citer quelques pays dont l’expérience dans cette lutte pourrait nous être utile:
       *La Mauritanie, qui a fait l’objet d’attaques en 2008 ;  mais elle a su relever le défi  très tôt et écraser, dans l’œuf, les velléités criminelles de la section d’Aqmi sur son territoire. Elle reste sur ses gardes et doit constituer un partenaire privilégié pour notre pays dans cette lutte.
       *Le Maroc, disposant d’une vieille tradition de lutte contre le wahhabisme qui avait tenté une incursion dans ce pays au début du 19ième siècle, est parvenu à contrer les menaces subversives  de cette secte, qui survit encore sous la forme d’un parti politique qui semble accepter  de collaborer avec le royaume chérifien dans le respect des lois en vigueur dans le pays. Les relations séculaires, tissées entre  le Maroc  et le nôtre, font de ce pays  un autre partenaire de choix dans notre lutte.
       *Le Mali, qui a laissé depuis des  décennies le Qatar  financer des groupes (ONG et autres associations islamistes) acquis à la propagande wahhabite, est en train de subir les contre- coups néfastes de cette politique laxiste qui a failli le détruire comme l’Afghanistan et l’Irak. 
       *Le Nigéria, a également prêté le flanc en acceptant la division du pays en deux entités distinctes, sans se donner les moyens adaptés pour lutter efficacement contre les extrémistes wahhabites qui avaient investi le Nord et obtenu le droit d’y appliquer  la charia, selon leur interprétation littéraliste de la charia. Les autorités fédérales doivent se mordre les doigts devant leur impuissance, face aux actions criminelles  que mènent sans trop de mal, les jihadistes terroristes du  mouvement Boko Haram dans ce pays. Bien sûr  avec aussi la complicité de certains hauts gradés de l’Armée.
Nous devons, il va de soi, collaborer avec  ces deux derniers pays mais, ils  doivent surtout nous  servir de leçon sur ce qu’il ne faut pas faire dans la lutte contre ce fléau que constitue le jihadisme terrorisme, qui s’infiltre dans nos pays par des prétendus financements à coups de pétrodollars sous le manteau de la solidarité islamique. Alors qu’en réalité, ces donateurs zélés ne sont rien d’autre, que le bras armé de l’Occident dans sa lutte contre l’Islam, constitué par les adeptes d’une secte musulmane formée, soutenue, équipée et financée par des pays musulmans tels que l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie. 
Cela indique donc qu’il nous faut, certes, mobiliser tous nos moyens au plan national, comme sous régional, nouer des partenariats nous permettant de mutualiser nos ressources et nos informations, coordonner nos services de renseignements, adapter nos systèmes de défense et de sécurité aux exigences nouvelles de la lutte contre le jihadisme, non calquée sur celle conçue par d’autres pour d’autres objectifs. Mais surtout, compter sur une mobilisation populaire sans précédent  qui prendra  sa source depuis  les quartiers et villages les plus reculés jusqu’aux cités les plus huppées des grandes villes, en passant par les mosquées , les églises, les universités, les dahiras, les cellules et comités des partis politiques , les syndicats et les organisations des jeunes et des femmes   : 
1)    contre les antivaleurs que l’Occident veut imposer au reste du monde sous couvert de droits de l’homme (la laïcité qui donne le droit d’injurier la religion ; le mariage homosexuel ; la légalisation de la drogue ; etc.) d’une part,  et de l’autre, 
2)    pour la défense de l’unité nationale et la cohésion  sociale, bâties sur les  fondements d’un Islam tolérant qui fait coexister pacifiquement différentes Tarîqa, toutes adeptes du soufisme, et ce depuis plusieurs siècles. Défendre la paix et stabilité que  nous partageons, également et en parfaite harmonie, avec la communauté chrétienne qui participe activement à la pérennisation de ce « commun vouloir de vie commune », qui est une de nos plus grandes richesses,
3)    pour une sous –région ouest –africaine débarrassée du fléau jihadiste, intégrée et prospère dans une Afrique unifiée dans la Paix et la Sécurité.

Note : 
1- Professeur Madawi Al Rachid : est saoudienne d’origine née en 1962. Professeur d’anthropologie sociale au département des Etudes Théologiques et Religieuses au King’s College de Londres depuis 1994. Elle a écrit plusieurs livres et articles dont une ‘Histoire de l’Arabie Saoudite’ d’où est tirée cette citation.

2- la profession de foi des musulmans : « Laa Ilaaxa Illa laa Muxammadu Rasuululaa » 

3- Arabie Saoudite: Selon le journal Saoudien en langue anglaise « Arab News » N°308 du jeudi 09 Octobre 2014, le vice-Président des USA, Joe Biden a déclaré lors d’un discours à l’université Harvard le 02 Octobre 2014 : « La Turquie, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis avaient déversé des centaines de millions de dollars et fourni des milliers de tonnes d’armes à tous ceux qui désiraient aller se battre contre Assad y compris des cellules extrémistes rebelles » ajoutant que  « la Turquie permettait aux combattant étrangers de passer par sa frontière »
NB : Ce journal a été créé en 1987 par le prince Ahmad bin Salman bin Abdulaziz

4- néoconservateurs: groupe dont le long travail politique et intellectuel, conduisit sous Georges W Bush, à la guerre en Irak. Ses membres sont : Norman Podhoretz, Richard Perle, David Frum, Bernard Lewis, Fouad Ajami et l’ancien dissident soviétique et homme politique israélien de droite Nathan Sharansky 

Bougouma MBAYE 
bougooma@gmail.com
Dakar, Novembre 2015  
Lundi 30 Novembre 2015
Dakaractu




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