Pour un meilleur accès des jeunes aux ressources et aux services en matière de la santé de la reproduction, un atelier de plaidoyer a été organisé par les acteurs du secteur à Kolda. Cette rencontre vise à davantage sensibiliser les jeunes pour une appropriation des structures de santé et une bonne prise en charge sanitaire.
Ainsi, l'objectif visé par le réseau des jeunes et ses partenaires est la contribution à la promotion de l'abandon des violences basées sur le genre, en particulier les mutilations génitales féminines et l'amplification de la voix des jeunes filles et garçons dans la lutte contre les MGF.
Dans la foulée, il s'agit aussi d'accompagner les jeunes filles et femmes dans la gestion de leur hygiène menstruelle tout en menant un plaidoyer auprès des autorités administratives et locales pour un meilleur accès aux services de santé de la reproduction.
Selon Bécaye Souané, le directeur régional de la jeunesse et des sports, "nous sommes réunis pour faire un plaidoyer avec le réseau des jeunes pour l'abandon des mutilations génitales féminines dans le cadre du projet de la protection des filles. D'ailleurs, notre région est confrontée à la problématique de la violence faite aux filles comme les MGF d'où l'importance de faire un plaidoyer auprès des autorités administratives pour une bonne protection de ces dernières. En ce sens, on peut citer les clubs de jeunes filles leaders qui sont des acteurs en faveur de l'élimination des MGF."
Pour Bounama Diop, le point focal du projet Dambe Fund et responsable suivi-évaluation du réseau des jeunes, "il est important de faire des plaidoyers pour un meilleur accès des jeunes à la santé de la reproduction. En ce sens, nous constatons que les jeunes fréquentent moins les structures de santé d'où la nécessité de les réunir pour qu'ils se prononcent devant les autorités administratives pour des solutions aux MGF..."
La région de Kolda se distingue par des taux particulièrement élevés : 38,5 % des filles de moins de 15 ans ont subi une MGF et 66 % des jeunes filles de moins de 18 ans sont mariés précocement.
Par ailleurs, les grossesses précoces constituent un facteur majeur de déperdition scolaire. D'après le rapport du GEEP 2023 indique que 71 % des grossesses scolaires surviennent entre 13 et 18 ans, dont 29 % à Kolda. Ces grossesses compromettent la santé des adolescents et réduisent leurs perspectives d'avenir.
Face à ces constats, Mme Danfa, 2e adjointe au Maire, soutient qu'il est indispensable de renforcer les actions de plaidoyer afin de promouvoir l'abandon des violences basées sur le genre, de garantir un accès universel aux services de santé reproductive et d'assurer un accompagnement adéquat des survivantes. D'ailleurs, elle précise : "nous allons nous battre au sein du conseil municipal pour avoir une ligne budgétaire spécialement dédiée à la santé de la reproduction des jeunes filles et garçons."