​Risque de défaut de paiement en Afrique : Le Sénégal, le Mozambique et le Malawi sous haute surveillance


​ L'Afrique n'en a pas fini avec les crises de la dette souveraine. Selon David Cowan, économiste en chef pour l'Afrique chez Citi, le Sénégal, le Mozambique et le Malawi pourraient se retrouver en situation de défaut de paiement au cours des deux prochaines années d'après Reuters .

​S'exprimant lors d'une conférence de presse ce jeudi, l'expert a souligné que ces nations subissent de plein fouet l'impact du choc pétrolier iranien sur leurs finances publiques, alors que le continent tente encore de se remettre des crises successives depuis 2020.

​Des trajectoires de risques distinctes

​Bien que regroupés dans cette alerte, les trois pays présentent des profils de vulnérabilité différents :

​Sénégal : Toujours aux prises avec une « dette cachée » révélée fin 2024, le pays reste dans une situation précaire. Si un défaut semble écarté pour l'année en cours, David Cowan estime que l'échéance de 2027 sera critique pour Dakar.

​Malawi et Mozambique : Ces deux nations d'Afrique australe présentent un risque immédiat dès cette année. La chute brutale de leurs monnaies locales rend le remboursement des prêts en devises fortes mathématiquement insoutenable.

​Une résolution potentiellement rapide

​Toutefois, il se veut rassurant sur la complexité d'éventuelles restructurations pour l'Afrique australe :

​Le Malawi ne possède pas d'obligations internationales, sa dette étant principalement contractée auprès de bailleurs multilatéraux (Banque mondiale) et bilatéraux.

​Le Mozambique ne dispose que d'une seule obligation en devises fortes sur les marchés.

​Depuis 2020, quatre pays africains (Ghana, Zambie, Éthiopie et Tchad) ont déjà dû restructurer leur dette sous l'égide du G20. Si la menace persiste, David Cowan note une résilience inédite du continent face à la crise actuelle liée au conflit iranien. Il cite notamment la République démocratique du Congo, qui a réussi sa première émission d'euro-obligations malgré un contexte de taux d'intérêt internationaux élevés.

​« L'Afrique n'est pas encore totalement sortie d'affaire en ce qui concerne les défauts de paiement », a conclu l'économiste, rappelant que la gestion des chocs externes reste le défi majeur des gouvernements de la région.
Jeudi 16 Avril 2026
Dakaractu