Yakaar-Teranga : Le réseau de la diaspora sénégalaise en Italie réclame la vérité sur 33 milliards de FCFA


Le Réseau des Sénégalais de la Diaspora, basé en Italie, a sorti un communiqué dans lequel il exige la transparence totale sur le dossier Yakaar-Teranga, au lendemain des révélations faites par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô lors de sa Déclaration de politique générale du 8 septembre devant l'Assemblée nationale. Le chef du gouvernement y a évoqué une somme de 55 millions de dollars, soit près de 30 milliards de francs CFA, qu'il estime due à l'État du Sénégal à la suite du retrait de la compagnie américaine Kosmos Energy du bloc gazier offshore de Cayar, et qu'il n'aurait jamais été recouvrée.
 
Dans son communiqué, le Réseau rappelle ce qu'il présente comme un premier scandale du passage d'Ousmane Sonko à la Primature, celui des 37 milliards de FCFA liés au projet de l'Agence sénégalaise d'Électrification rurale (ASER), révélé en juin 2024. Il établit un parallèle avec le dossier Yakaar-Teranga, qu'il qualifie de « ticket de sortie » du même gouvernement, Kosmos ayant formalisé son retrait du permis en avril 2026, soit peu après le départ de M. Sonko de la Primature fin mai.
 
Il interroge la chaîne de décision ayant conduit à ce qu'elle présente comme une renonciation de l'État à cette créance, et met nommément en cause l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko ainsi que l'ancien ministre de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop. Elle demande la publication de l'ensemble des documents relatifs au permis, une clarification publique du Premier ministre Al Aminou Lô, l'ouverture d'une enquête parlementaire et, si nécessaire, la saisine des organes judiciaires compétents. Le Réseau insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas de « condamner qui que ce soit avant que les faits ne soient établis », mais d'exiger que les responsabilités soient situées.
 
Pour rappel, le président Bassirou Diomaye Faye a instruit l'Inspection générale d'État d'enquêter sur le dossier, selon des informations de presse parues le 10 septembre. Le montant de 55 millions de dollars fait toutefois l'objet d'une contestation directe de la part de l'ancien directeur général de Petrosen, Alioune Guèye, signataire de l'accord de retrait avec Kosmos en avril 2026. Dans une tribune, il affirme que cette somme correspondait à un engagement minimum de dépenses prévu par un décret de mars 2024, et non à une créance due à l'État, précisant que les travaux contractuels avaient été exécutés et que plus de 300 millions de dollars avaient déjà été investis sur le bloc. D'autres voix, dont celle du député Thierno Alassane Sall, ont également réagi publiquement aux propos du Premier ministre, s'interrogeant sur les responsabilités dans ce qu'ils qualifient de perte pour l'État.
 
À ce stade, les documents contractuels sous-tendant le dossier n'ont pas été rendus publics, et l'enquête ordonnée par la présidence n'a pas livré de conclusions. 
 
Vendredi 11 Septembre 2026
Dakaractu