“PS″
XVème CONGRES ORDINAIRE
(6 – 7 JUIN 2014)
Thème :
VALEURS SOCIALISTES ET DEFIS DE NOTRE EPOQUE
RAPPORT INTRODUCTIF
DU CAMARADE OUSMANE TANOR DIENG
SECRETAIRE GENERAL
Camarades,
Depuis notre dernier congrès ordinaire, des événements ayant parfois une portée historique ont marqué la vie de notre pays et aussi la scène internationale. A l’intérieur de nos frontières, sur le plan strictement politique, nous avons eu l’occasion d’analyser les plus importants de ces événements, de livrer à l’opinion notre interprétation de leurs causes et de leurs effets sur la vie de la nation. Nous avons toujours été guidés en cela par notre volonté de demeurer un parti averti et conscient de ses responsabilités vis-à-vis de ses mandants et de la nation, un parti en quête permanente d’une vie meilleure pour nos compatriotes.
Nous l’avons déjà dit et je le répète, à toutes fins utiles, la création du Front Siggil Sénégal, après la présidentielle et les législatives de 2007, l’avènement des Assises nationales, puis celui de Bennoo Siggil Sénégal ont été autant de facteurs conjugués qui ont rendu possible et, en définitive, inéluctable le départ de Abdoulaye Wade, après 12 années d’une gouvernance calamiteuse. Et, à chacune des étapes de cette longue construction, notre formation politique a apporté sa pierre à l’édifice, une pierre maintes fois angulaire.
Avant, pendant et après le congrès d’investiture de votre candidat sous la bannière Bennoo ak Tanor, des études et des appréciations appropriées ont été faites notamment au cours d’une session spéciale du Comité central, pour en tirer les enseignements et dessiner des perspectives conséquentes.
J’ai eu l’occasion, et je le réitère ici, de remercier les militants, partis et mouvements qui se sont associés au Parti Socialiste pour porter cette candidature à la présidentielle de 2012.
La Coalition Bennoo Bokk Yakaar, dont nous sommes membres fondateurs et partie prenante pour faire élire Macky Sall au 2e tour de la présidentielle, selon la formule consacrée depuis, « gagner ensemble, gouverner ensemble et gérer ensemble » constitue aujourd’hui, le creuset et le moyen politique par lesquels la majorité issue du 25 mars 2012, entend engager et poursuivre l’œuvre de redressement national et de construction d’un Sénégal émergent, en ayant à l’esprit certes le programme du candidat élu mais également les principes et enseignements tirés du bilan catastrophique du régime de Wade et des Conclusions des Assises Nationales .
Il nous appartient, à tout moment et notamment au cours de ce congrès ordinaire, d’évaluer notre participation à cette œuvre de redressement, au sein de la majorité gouvernementale et parlementaire dont nous sommes partie prenante. Je voudrais, à ce propos, rappeler brièvement les deux principaux objectifs que la coalition s’est fixés : opérer les ruptures nécessaires pour en finir avec les méthodes et vices de la gestion de Wade ; faire des avancées significatives pour la construction d’un développement durable ou l’économique serait au service du social, de la justice et de l’équité.
C’est aussi l’occasion d’indiquer, pour le souligner, la fonction et la place que nous accordons aux coalitions. Les réalités de notre époque et la complexité du jeu politique ont révélé cette donnée désormais difficilement contournable : seules des coalitions ayant en partage un programme de gouvernement et un minimum de principes et d’orientations politiques sont en mesure de gagner des élections. Les coalitions arrivées au pouvoir, si elles sont de qualité et fidèles à leurs engagements, peuvent constituer un puissant levier et un moyen efficace de mise en œuvre d’une politique concertée, au service des citoyens.
A ce propos, le Bureau politique du Parti Socialiste a régulièrement abordé la question de la marche de Bennoo Bokk Yakaar, notamment celle d’instances de concertation, d’impulsion du programme de gouvernement et de solidarité entre partenaires, sans préjudice des responsabilités inhérentes à la fonction et aux prérogatives du Président de la République. Par exemple, récemment, dans le domaine politique, la coalition Bennoo Bok Yakaar a été mise à rude épreuve quant à l’unité et la capacité de solidarité entre ses représentants, pour la confection des listes de candidats aux prochaines élections locales du 29 juin 2014.
Et, par-delà Bennoo Bokk Yakaar, c’est l’ensemble des acteurs engagés dans cette compétition qui a fait l’expérience de discordances notables entre des principes de cohérence doctrinale ou politique et les motivations individuelles ou personnelles. Il est bien évident que cette donnée nous place devant la responsabilité d’en tirer tous les enseignements, aux plans institutionnel, organisationnel et politique, pour rectifier le tir pendant qu’il est encore temps.
L’évocation des élections locales m’amène à confirmer la position du parti après que les listes ont été confectionnées et déposées dans les conditions et le climat rappelés tantôt. Notre parti veut consolider partout les acquis de 2009 et, chaque fois que cela est possible conquérir avec ses alliés de nouvelles positions. La solidarité du Parti Socialiste avec chacun de ses représentants, candidats, tête de liste ou membre d’un collectif ayant pour vocation de conquérir une collectivité locale est une évidence qui n’aurait pas dû avoir besoin d’être rappelée mais je la réaffirme solennellement ici, du haut de cette tribune. Il nous appartient tous d’agir en conséquence. Et ce congrès doit constituer une occasion de grande mobilisation pour une victoire éclatante de nos candidats et de leurs coalitions.
Je voudrais toutefois ajouter, et parce que cela aussi est une vérité, que la vocation d’une formation politique comme la nôtre est de faire connaître, accepter et triompher son projet de société, de l’approfondir et de l’améliorer, à la lumière des expériences de gouvernements ou de séjour dans l’opposition. Pour y arriver, force est de prendre la mesure des enjeux de notre époque et de les intégrer à la réflexion et à l’action. Voilà pourquoi, par rapport à notre propre trajectoire, il importe périodiquement de nous arrêter et de réfléchir sur notre propre identité, sur nos méthodes et principes, sur nos échecs et nos succès.
En vérité, l’histoire de notre parti montre bien qu’aux principaux tournants de la vie de la nation et par souci d’anticipation et de lucidité, ce genre d’exercice nous est familier. La vie du parti, en dehors des périodes de renouvellement de ses instances, a été marquée par la tenue de Conseils Nationaux consacrés à l’évaluation des politiques publiques du régime socialiste, à la lumière des attentes des populations. Moments de bilans, de critique et d’autocritique pour corriger ce qui doit l’être et encourager les bonnes pratiques : planification, dialogue social, participation des populations, souci de justice sociale. Il s’est agi là d’une bonne tradition alliant l’action à la réflexion.
De même – autre repère intéressant - à l’occasion de grands tournants de la vie du PS, les instances ont eu à s’interroger sur les structures et les orientations les plus adaptées à notre volonté de demeurer un parti d’avant-garde et de coller à la marche du monde. Ce fut le cas lors du congrès de rénovation et d’ouverture en 1989, du congrès de 1996, pour la création des postes de président et de Premier Secrétaire du parti, du Conclave de Savana, après la défaite de 2000 et du XIVe congrès ordinaire, en 2007.
Rappelons, camarades que le congrès de 2007 était placé sous le signe du NOUVEL ELAN : un programme de remobilisation psychologique et politique lié à notre situation de l’époque, de parti ayant perdu le pouvoir et soucieux de repartir du bon pied. Après avoir ausculté ce grand corps qu’est de manière exhaustive, encore moins de vouloir peindre en rose notre parcours depuis cette date, il me semble tout de même possible de rappeler quelques repères et résultats de nature à prouver que nous avons travaillé de notre mieux pour rester sur cette ligne tracée par le XIV° congrès ordinaire.
L’afflux de jeunes, de cadres qui ne s’étaient pas jusque-là engagés politiquement ; le rôle de plus en plus affirmé du Conseil consultatif des Sages ; les bonnes pratiques de démocratie interne du parti dont l’organisation, à quatre reprises, de PRIMAIRES pour la désignation du Secrétaire Général ou du candidat du parti à l’élection présidentielle ; la modernisation et la facilitation des modalités d’adhésion au parti ; la restructuration des instances de base ; la création de nouvelles structures à même de répondre aux profils et offres de jeunes, d’adultes hommes et femmes ; l’observance stricte et le respect des statuts et du règlement intérieur pour examiner et trancher toute question ordinaire ou litigieuse ; une confirmation , en dépit des vicissitudes de la vie politique, de la place du Parti socialiste dans notre pays comme parti d’initiative, de réflexion et d’action ; notre participation de qualité à toutes les initiatives ayant eu une portée historique ou déterminante, au cours de ces 13 années ; voilà quelques repères qui sont autant d’acquis précieux dont nous avons des raisons de nous féliciter .
Il reste qu’un tel travail n’est jamais parfait et mérite toujours, par la critique et l’autocritique, d’être évalué, pour de nouveau, être mis en perspective. Et nous devons d’autant plus nous y atteler que regardant comment va le monde, l’Afrique et notre cher pays, nous sommes attentifs à tous les signes qui invitent à prendre la mesure de nouveaux enjeux et de nouveaux défis. Ce XVème congrès ordinaire qui nous réunit aujourd’hui s’est justement fixé pour tâche de procéder à un examen sans doute plus radical encore. Dans un contexte politique et des enjeux variés, d’une grande complexité, l’exercice proposé par le thème de nos assises est salutaire à plus d’un titre.
« VALEURS SOCIALISTES ET DEFIS DE NOTRE EPOQUE » est un thème qui nous invite à sacrifier à un exercice normal d’auto évaluation en même temps qu’à pousser un peu plus loin la réflexion, en nous interrogeant sur la viabilité de notre doctrine dans un monde ou le libéralisme, après la chute du Mur de Berlin, ne s’est pas privé de discours aux accents triomphalistes, sans pour autant parvenir à nous épargner de la persistance des inégalités dans le monde, de la pauvreté, des guerres et d’ avoir provoqué l’une des crises financières les plus mémorables de l’histoire récente, crise dont les causes se trouvent dans ses propres turpitudes .
S’interroger sur la validité des principes et valeurs de notre doctrine, n’est pas douter de ceux-ci : c’est au contraire un exercice de vérité par rapport à soi-même et par rapport aux réalités qui commandent toute action soucieuse d’efficacité. Cette bonne coutume, nous sommes d’autant plus fondés à la perpétuer que la société sénégalaise et le monde globalisé dans lesquels nous vivons sont dans une dynamique évolution permanente menaçant de remettre en cause des paradigmes qui , comme tous les modèles, ont vocation à être dépassés et remplacés par d’autres répondant davantage aux aspirations des sociétés contemporaines.
Voilà pourquoi, conscient des enjeux, et des étapes de son propre parcours, notre parti a choisi, à l’occasion du présent Congrès, de jeter les bases d’une réflexion sur notre aptitude à rester fidèles à notre mémoire et à nos valeurs sans cesser de regarder notre époque comme un monde ouvert, problématique, complexe. Il ne s’agit donc pas de sortir de nos assises avec un nouvel édifice clés en main, mais essentiellement de bien poser les problèmes et de nous entendre sur des pistes de réflexion, sur un schéma de travail et sur un agenda afin que, dans un délai dont nous conviendrons, le Bureau politique présente aux plus hautes instances du Parti Socialiste un document de qualité sur la ligne nouvelle commandée par le diagnostic et la prospective ainsi menés.
Camarades,
Prenons bien garde à ceci : plus qu’un simple et pur exercice intellectuel, c’est, à la limite, un bon réflexe de survie, une preuve de sagesse politique, et en définitive, la preuve d’un souci de réalisme et d’efficacité concrète.
Trois grands sujets de réflexion sont susceptibles d’inspirer notre exercice d’introspection et guider notre volonté de façonner un parti moderne, connecté aux réalités du monde, tourné vers le progrès et soucieux de la satisfaction des attentes de nos concitoyens. Je me contenterai ici de les formuler dans des termes généraux mais assez précis, laissant le soin aux congressistes de les amender et de les valider et aux groupes de travail qui seront mis sur pied de les élaborer plus finement.
Nous vivons en Afrique et nous nous réclamons du socialisme démocratique : quelles responsabilités particulières cette double identité engendre-t-elle ?
Nous aspirons à l’avènement d’une société post capitaliste, dans un monde globalisé, caractérisé par l’économie de marché, la persistance des inégalités, la violence et les guerres : de quels instruments les Socialistes dans le monde - et nous avec eux - disposent-ils pour sauvegarder les valeurs socialistes et influer sur la marche du monde ?
La politique est l’instrument spécifique par lequel nous entendons proposer l’émergence d’une société ouverte, engagée dans la construction d’un développement durable pour l’épanouissement intellectuel, physique et spirituel de chacun, dans la justice sociale : comment préserver la place et la fonction des partis politiques, des partis de gauche notamment, dans un monde qui lui oppose, désormais, et, souvent artificiellement ou de manière polémique, la question de l’émergence de la Citoyenneté comme alternative aux limites des politiques ?
En reprenant chacun de ces points, en examinant les réalités qui les caractérisent et les orientations susceptibles de tracer les contours d’une vision conforme à nos aspirations, nous pouvons arriver au moins à un résultat modeste mais déjà appréciable : prendre ensemble conscience et prendre la mesure des enjeux de notre époque et des défis à relever.
Dans cette perspective, il me semble comme relevant d’une bonne méthode, la démarche qui consiste à revisiter brièvement notre expérience de parti ayant exercé le pouvoir, pour en mesurer les atouts et les limites. D’où l’examen de ce premier point qu’on peut intituler :
A / NOTRE SOCIALISME DEMOCRATIQUE A L’EPREUVE DU POUVOIR ET DU TEMPS
Camarades,
Il s’agit, avant d’aborder les défis et les problèmes nouveaux engendrés par l’évolution des sociétés contemporaines et la complexité des relations internationales, de rappeler à grands traits, les efforts accomplis et les difficultés rencontrées par notre parti, au cours de sa longue présence aux affaires, de 1960 à l’an 2000, dans sa volonté de promouvoir les valeurs socialistes en les faisant porter par des politiques publiques.
De 1960 à 2000, le Parti Socialiste au pouvoir et dont l’histoire a été parfois marquée de crises douloureuses mais aussi d’une fidélité constante aux idéaux du socialisme peut, dans un bilan global, se prévaloir de bonnes pratiques en matière de politiques publiques. Affirmer cela n’est pas verser dans l’autoglorification et n’empêche pas de reconnaitre avoir été confronté à des difficultés qui ont rendu nécessaire l’élaboration de réformes significatives sans renier les principes et la vision propres à notre projet de société.
Au chapitre des bonnes pratiques et des résultats tangibles, rappelons, sans intention ni même possibilité d’exhaustivité dans un cadre comme celui qui nous réunit, quelques faits porteurs d’une signification de rupture et d’innovation au service du plus grand nombre et de la justice sociale : l’édification d’un Etat de droit et d’un Etat moderne consacrés par l’adoption d’une Constitution ou figurent en bonne place : l’affirmation du caractère intangible de la forme républicaine de l’Etat ; celle de la laïcité définie avec précision et garantissant les principes de liberté, d’égalité et de pluralisme en matière de culte ; des institutions fortes et viables.
Le souci d’approfondissement de la démocratie a conduit progressivement les pouvoirs publics à mener des réformes touchant à l’aménagement du territoire et à la création de collectivités locales , à chercher un équilibre judicieux entre « déconcentration » des services de l’Etat et « décentralisation » afin d’assurer une gestion de proximité et surtout de donner aux Conseils des collectivités de base le droit et la possibilité d’une libre administration de leurs propres affaires dans le cadre d’un Etat unitaire et solidaire .
C’est probablement dans le domaine économique et social qu’on rencontre, au cours des premières années de notre accession à la souveraineté internationale, un élan remarquable de conduite des affaires du pays dans un esprit conforme à notre option socialiste et démocratique. Qu’il suffise, ici, également, en style télégraphique de rappeler quelques repères significatifs.
En matière d’innovation et d’orientation résolument socialiste, il convient de mettre l’accent sur la volonté d’en finir avec l’économie de traite, économie emblématique de l’ordre colonial et de son système d’exploitation ; les orientations fondamentales inscrites dans le 1e Plan de développement économique et social ; les bases d’une organisation nouvelle de la politique rurale sous la forme de coopératives agricoles, véritable base du développement agricole communautaire ; la réforme de la gestion foncière avec l’institution de la loi sur le domaine national, les instruments d’accompagnement de la politique agricole que sont l’animation rurale et les Centres d’expansion rurales ( CERP) , le CRAD et la BNDS , la création de l’Ecole nationale d’économie appliquée ( ENEA ) .
Au plan économique il est à noter également l’amorce d’une diversification du tissu industriel, pour la création d’emplois et la mise sur pied de Sociétés nationales au service du développement et du bien commun. les ICS, la SNTI pour la tomate, la CSS pour le sucre, la SISMAR pour le matériel agricole ainsi de suite.
En matière de politique sociale, comment ne pas rappeler et magnifier les initiatives et bonnes pratiques que sont la création de la Caisse de Sécurité Sociale, l’IPRES, l’Office des Habitations à Loyer Modéré et la SICAP ?
Mais camarades, être socialiste, c’est aussi avoir conscience autant des avancées que des limites de l’action politique, des difficultés dont peut souffrir la volonté d’adéquation entre les principes de notre doctrine avec les dures réalités de notre pays, de l’Afrique et du monde. Examiner les manifestations et résultats de notre projet de société socialiste et démocratique à l’épreuve du temps, c’est, aussi, par conséquent dire comment à l’époque nous avons eu recours à la critique, et l’autocritique pour identifier et prendre en charge l’émergence de facteurs ayant négativement marqué la conduite de politiques publiques que nous jugions bonnes.
Ce sont parfois de nouveaux paramètres et de nouvelles contraintes invitant à procéder à la révision de certaines options. Entre 1960 et 2000, notamment à certains tournants historiques, notre parti a été amené, au cours d’assises appropriées comme les congrès extraordinaires ou les conseils nationaux, à décider une réorientation de nos options initiales, suscitant la question de savoir si nous renoncions à notre doctrine socialiste. Il ne fait pas de doute que par exemple, au cours de la longue période d’ajustement structurel négocié avec les institutions financières internationales, nous nous sommes trouvés dans une situation ou l’initiative des politiques publiques nous échappait, temporairement, dans nombre de domaines, le souci premier étant alors de rétablir les équilibres sans lesquels l’élaboration d’une politique sociale conforme à notre option ne serait même pas envisageable. Toutefois, même dans ce cas, l’Etat du Sénégal a toujours eu le souci, dans ces négociations ou en rapport avec d’autres partenaires au développement, de mettre en place des mesures sociales d’accompagnement.
Il faut compter parmi les mesures économiques et sociales les plus significatives d’une volonté de réforme et d’adaptation aux réalités du monde moderne et de l’économie de marché, les décisions de passer d’une politique de nationalisation à celle de privatisation d’entreprises emblématiques. La volonté de disposer d’instruments de mise en œuvre d’une vision socialiste avait été à l’origine de la création de l’ONCAD, la Caisse de Péréquation et de Stabilisation des Prix, de la BNDS, entre autres. Les contradictions entre politique sociale et rationalité économique ont entrainé leur déclin, leur suppression, ou reconversion.
De même, à propos des questions syndicales , domaine sensible, propre à des citoyens jaloux de leur indépendance, le Parti socialiste s’est trouvé devant une double exigence : d’un côté reconnaître et respecter les libertés syndicales consacrées par la constitution et le droit international du travail ; d’un autre donner droit à sa doctrine syndicale , inscrite dans ses statuts , fondée sur l’idée d’ un vaste rassemblement des organisations de travailleurs liés au parti socialiste par des relations organiques , en vue de parvenir, par la négociation, à des accords sur des points essentiels : des mesures sociales significatives et la promotion du droit du travail. En parrainant et en mettant en œuvre, avec la CNTS, le principe et la pratique de la « participation responsable », le parti socialiste et son allié ont été critiqués par d’autres centrales syndicales, au nom de l’autonomie syndicale. Une telle expérience de lien organique se rencontre dans des pays d’Europe du nord notamment où elle est la principale caractéristique de la social-démocratie. Il est vrai que nombre d’autres pays connaissant d’autres traditions de coopération entre les partis et les syndicats ont soigneusement évité ce type de rapport. Il ne saurait donc y avoir de dogme, en cette matière là, mais simplement appréciation concrète d’opportunités à concilier valeurs doctrinales d’avant-garde et avancées sociales réelles.
Avec l’alternance au sommet de l’Etat survenue en 2000, et dans le cadre de notre introspection, il convient, à un moment ou à un autre que les travailleurs socialistes eux-mêmes d’abord, procèdent à un bilan de cette expérience. En plus d’une telle évaluation en termes de résultats positifs et négatifs d’abord, le parti doit en faire sa propre lecture quant aux objectifs et orientations du projet socialiste d’édification d’une société soucieuse de justice sociale.
Parmi les indicateurs les plus instructifs de cette période , il me semble que la qualité du dialogue sociale doive figurer en bonne place : en période de crise comme en période normale , les initiatives du gouvernement socialiste en matière de concertation , d’anticipation , de revue des accords et de mises en œuvres des décisions , n’ont certes pas empêché les incompréhensions , les ruptures et les cas d’échec , mais , ils ont globalement tracé la voie d’une politique privilégiant le dialogue et la paix sociale sur l’affrontement et la violence.
Parmi les questions qui ont constitué un tournant décisif de l’histoire politique du Sénégal figure l’évolution du pluralisme partisan et médiatique. Le socialisme démocratique que nous prônons ne pouvait pas ne pas rencontrer cette épreuve sur son chemin et s’efforcer de lui apporter des solutions appropriées. Le passage de la loi des quatre courants de pensée au pluralisme intégral marque les deux étapes au cours desquelles, se fondant sur la tradition des partis se réclamant du socialisme démocratique et répondant à une forte exigence des citoyens et du monde moderne, le régime socialiste, avait d’abord fait montre de beaucoup de prudence, en essayant d’encadrer cette ouverture, attitude que d’aucuns avaient interprétée comme de la réticence à l’approfondissement de la démocratie. La situation actuelle de notre pays nous place devant la responsabilité de réfléchir sur cette question, dans le respect des libertés, mais aussi dans un souci de rationalité et d’efficacité.
Le pluralisme médiatique, autre instrument de mesure de la vitalité démocratique, a suivi un chemin plus long dans les médias que sont la radio et la télévision alors que la presse écrite était déjà, de longue date, affranchie de certaines contraintes pour l’existence légale d’organes d’information. L’existence de radios communautaires, la création de la première radio privée, en 1994, suivie rapidement par d’autres, ont ouvert une ère nouvelle dont l’avènement a participé à l’approfondissement de la démocratie en même temps qu’il mettait le régime socialiste à l’épreuve de la bataille d’opinion dont l’issue ne lui a pas toujours été favorable.
En matière de décentralisation les initiatives successives procédant d’une démarche séquentielle maîtrisée et concertée sont révélatrices d’une prise de conscience précoce de la nécessité d’allier démocratie participative, transfert de compétences, gouvernance locale et développement harmonieux.
Au moment où notre pays est engagé dans l’élaboration et la mise en œuvre de l’Acte III de la décentralisation, il est bon rappeler ce parcours ainsi que l’esprit qui animait ses initiateurs, les Pères fondateurs de la République, théoriciens et hommes d’Etat que furent Senghor Mamadou Dia et, par la suite, Abdou Diouf.
Tous ces exemples montrent qu’au cœur de la construction d’un Etat moderne se trouvaient les exigences de démocratie, de gestion rationnelle et vertueuse, de respect et de promotion des libertés. Le régime socialiste et les forces sociales organisées de notre pays, toutes obédiences confondues, ont contribué à façonner notre société et à en faire une des plus exigeantes en matière de droit, de liberté et de besoin de promotion sociale.
Camarades, ce survol a montré les opportunités et les difficultés inhérentes à la mise en œuvre cohérente des principes et des actions concrètes. Mais la trajectoire est constante : nous n’avons jamais perdu de vue le peuple sénégalais et ses priorités de vie concrète et de progrès.
Les facteurs nouveaux, qui interpellent aujourd’hui notre identité de socialistes sont souvent de véritables défis de Civilisation et concernent donc toute l’humanité, celle-ci étant arrivée à un stade où elle joue sa survie et ses chances de faire preuve de sagesse pour construire un avenir meilleur. Et c’est la manière de les comprendre, de les interpréter et d’essayer de les relever qui doit caractériser une nouvelle manière d’être socialiste.
B / NOTRE IDENTITE ET LES DEFIS DE NOTRE EPOQUE
Il ne sera pas ici question de procéder à une revue exhaustive des défis de notre époque, mais seulement, à titre indicatif, certains d’entre eux qui sont assez emblématiques pour nous faire prendre conscience de notre devoir de vigilance et d’engagement sans faille pour le triomphe des valeurs socialistes.
Considérons d’abord de manière générale les problèmes communs que les socialistes du monde ont en partage face à ces défis.
Dire que nous nous réclamons du socialisme démocratique, c’est déjà rejeter cette forme nouvelle et sournoise d’idéologie qui consiste à déclarer que les idéologies sont mortes. Sous prétexte de l’effondrement du système soviétique, symbolisé par la chute du Mur de Berlin, se fondant sur les difficultés rencontrées par les partis de Gauche arrivés au pouvoir en Europe et ailleurs, considérant la domination de l’économie de marché dans les échanges internationaux ainsi que certains effets concomitants de la mondialisation /globalisation , la tentation a été grande d’en inférer que les frontières entre les doctrines et les idéologies se sont effacées, qu’il faut s’en remettre aux mécanismes et lois du marché et laisser cette prétendue Main Invisible régler la marche du monde .
Le socialisme démocratique dont nous nous réclamons est affirmation de notre attachement aux libertés, à l’expression des droits individuels et collectifs ; il est encore reconnaissance de la propriété et à l’entreprise privées ; il est enfin choix délibéré et justifié de recours à des réformes fondées sur la concertation, la consultation des citoyens et la recherche de solutions consensuelles aux questions qui engagent le devenir de la société.
Par ailleurs le Parti Socialiste reconnaît bien la réalité de l’économie de marché et les implications de la globalisation économique. Notre socialisme n’accepte pas pour autant l’idée, et encore moins la réalité d’une société de marché, caractérisée par la marchandisation systématique de toutes les valeurs et de tous les objets d’échanges, une vision du monde plus soucieuse d’intérêts personnels et de bénéfices que de réponses à l’attente de la majorité des populations.
Notre socialisme, malgré des difficultés de toute nature, se fonde sur la volonté de promouvoir des politiques publiques ayant pour finalité et pour acteurs principaux les hommes et les femmes vivant dans les communautés de base, confrontés au dénuement et au besoin d’émancipation et voués à prendre en main leurs propres destinées. Car pour nous socialistes, une société libre qui ne prend pas en charge la majorité qui survit dans la pauvreté ne préservera pas sa minorité de riches. Il y a entre cette perspective et celle du libéralisme des différences fondées sur des principes et des doctrines opposées dans leurs objectifs et leurs choix politiques et éthiques.
L’un des problèmes les plus remarqués que rencontrent les partis de gauche au pouvoir est souvent celui de la persistance du capitalisme dans un monde dominé par l’économie de marché alors que ces partis aspirent à l’édification d’une société post-capitaliste. Comment dans ces conditions mener avec efficacité une politique conforme à un programme socialiste de progrès économique et de justice sociale ? La réponse, même si elle est difficile à mettre en œuvre, et se heurte à des résistances de classe et à des conservatismes divers, se trouve dans le rôle que les socialistes assignent à l’Etat. Celui-ci a vocation à assumer une fonction essentielle et générale de régulation des rapports qui déterminent l’unité de la nation sans mettre en péril la diversité, le pluralisme, la créativité et l’initiative.
C’est en ce sens qu’il a aussi la responsabilité, lorsque les socialistes sont au pouvoir, d’assurer la régulation de l’économie en recourant à des instruments légaux susceptibles d’engendrer des mesures sociales significatives en faveur du plus grand nombre, des couches sociales défavorisées notamment l’accès aux biens et services de toute première nécessité . En cela s’il fallait désigner un seul critère de différenciation du socialisme démocratique nous dirions qu’il est fondé sur la justice sociale.
2 – Abordons à présent, camarades, l’aspect le plus difficile de cette réflexion sur les défis à relever et que l’on peut formuler ainsi : QU’EST CE QU’ETRE SOCIALISTE AFRICAIN AUJOURD’HUI, dans un continent marginalisé et un monde globalisé dominé par le libéralisme économique ?
Au premier rang des éléments de réponse à cette vaste interrogation il y a celui-ci qui, sans doute, peut déterminer tous les autres : quels paramètres particuliers, caractéristiques de notre condition d’Africains faut-il mettre en exergue pour nous donner les meilleures chances de participer au mouvement d’émancipation des peuples tout en cultivant les principes de solidarité internationale ?
En Afrique , de grands leaders , les Nkrumah , Nyerere , Senghor , Mamadou Dia , Cabral , pour n’en citer que quelques-uns, ont théorisé et proposé ce que l’on est convenu d’appeler des « socialismes africains » . Que devons-nous retenir de leurs théories et surtout de leur souci partagé d’acclimater une doctrine dont ils ne contestent pas les fondements universels mais qu’ils veulent les plus adaptés possible à certaines contraintes historiques, géographiques, culturelles, économiques etc. Ils n’ont pas toujours été compris et ont longtemps été critiqués, soupçonnés de vouloir dévaloriser la pensée des fondateurs du socialisme et surtout d’être mus par des considérations aux antipodes de la révolution dont l’Afrique a besoin .
La question se pose toujours de savoir si leurs pensées ne nous interpellent pas, si quelque chose dans leurs lectures du socialisme ne constitue pas un rappel à l’ordre, si l’on n’est pas fondé à regarder les choses autrement ? Et la gauche africaine, dans sa diversité et l’expression des différents socialismes dont elle est porteuse, doit être la première à s’interroger sur la pertinence de cette interpellation, car elle capitalise une riche expérience de participation à la démocratisation du continent, mais également d’échecs, de doutes et de révision de certains dogmes.
Et voici camarades quelques autres questions, à la suite de cette première, que nos groupes de travail pourraient examiner et approfondir en vue d’un débat collectif entre nous et avec d’autres forces de gauche : la poursuite du combat pour l’instauration d’une culture démocratique et la préservation des acquis démocratiques restent une tâche majeure.
L’armature institutionnelle de nos Etats répond-t-elle aux exigences de rationalité, de modernité et d’efficacité ou bien est-elle simple mimétisme et plaquage de modèles propres à d’autres réalités ? Et comment éviter les risques d’enfermement culturel qui nous déconnecterait du mouvement mondial de construction d’institutions intégrées et de portée universelle ?
Que répondre à ceux qui prétendent que le retard persistant de l’Afrique et les échecs de nos politiques de développement appellent l’adoption d’un autre type de développement ? Et quel serait cet autre type de développement ? Que signifierait, comme réponse à cette question, l’idée de privilégier l’élaboration et la mise en œuvre d’une économie sociale ? Celle-ci est-elle crédible lorsque pour se justifier, elle prône comme socle de sa construction une bonne articulation entre agriculture traditionnelle et agrobusiness ; une gestion prudente et rationnelle de la problématique du Foncier ; des avancées du droit du travail, reposant sur la négociation entre partenaires sociaux et l’Etat.
La question du financement alternatif, de la monnaie et de l’endettement demeure aussi une des grandes équations pour accéder à la souveraineté économique et l’Emergence.
Le traitement de la question de la pauvreté : s’agit-il d’un thème et d’une simple rhétorique inventée par les institutions internationales de coopération et de financement, sans être une réponse pertinente aux exigences d’un vrai développent durable ?
La problématique du chômage des Jeunes, et la question de l’emploi sont-elles liées au type d’économie dominant dans le monde ?
La crise des valeurs, cause ou conséquence de conduites collectives et individuelles préjudiciables à la construction de sociétés équilibrées et centrées sur d’authentiques valeurs humaines. Est-elle conjoncturelle, est-elle une crise de civilisation, est-elle la conséquence de politiques et de modèles non vertueux ?
Quels problèmes rencontre l’intégration régionale, voie incontournable du développement en Afrique, avec en point de mire la production, l’intégration des peuples et l’intégration des politiques publiques (défense, commerce, éducation, emploi, industrialisation, etc.) ?
Comment penser l’émergence de nouveaux acteurs de la société civile, l’émergence citoyenne et leur coexistence avec les partis politiques ?
Des responsabilités nouvelles impliquant une coopération internationale et des instruments juridiques efficaces et coordonnés, à propos notamment des menaces sécuritaires, du terrorisme, de la cybercriminalité, des tendances mercantiles induites par la concurrence en matière de communication et d’information, à côté du rôle incontestablement émancipateur des médias ?
Camarades, comme vous l’avez compris, chacune de ces questions mérite développement et analyse. Il est bien évident qu’un tel travail ne peut se faire dans les limites temporelles et les contraintes d’un congrès. Aussi me reste-t-il à vous suggérer une méthode de travail et quelques principes généraux pour donner suite à cet important chantier qui nous attend.
1 / Nous sommes les héritiers d’un vieux parti organisé et bien implanté : il nous faut préserver et approfondir cet acquis qui est non seulement condition de notre survie mais une modalité essentielle pour mener à bien notre réflexion sur les valeurs socialistes et les défis de notre époque ;
2/ Sur la base d’une résolution pertinente du Congrès, mandat peut être donné au Bureau politique d’organiser, en s’appuyant sur des structures appropriées, un travail de recherche, de poursuite des débats, et d’articulation de propositions en vue de produire un document qui servirait, après validation, de nouveau CONTRAT SOCIAL à présenter aux Sénégalais ;
3 / parmi les questions spécifiques qui seront au cœur de cette réflexion, mettre en exergue celles-ci :
a - Comment nous appuyer sur les Conclusions des Assises Nationales comme base d’une lecture socialiste en vue de bâtir un nouveau contrat social et économique ?
b - Quelle initiative le PS peut-il contribuer à prendre pour l’unification de la famille de la gauche, une gauche politique et sociale tout en essayant d’en préempter le leadership ? Et quelles pourraient être les modalités de cette unification : regroupements, fusions, fédérations, grand Parti de la gauche ? Et qui serait concerné par un tel appel à l’unité : partis politiques, syndicats, organisations paysannes, mouvements populaires
c- Quel rôle les partis de gauche peuvent-ils jouer pour donner à l’Afrique la place qui doit lui revenir dans un monde polycentrique, à l’instar de pays qui montent en puissance (Brésil, Chine, Inde Indonésie, Turquie etc. ? L’idée d’une fédération politique et d’une articulation organique entre partis de gauche ouest- africains en vue d’un nouveau projet régional constitue-t-il un de ces moyens privilégiés ? Et comment notre parti, du fait de son expérience africaine et internationale, pourrait-il être au cœur de cette initiative ?
Camarades, à l’heure de la révolution numérique le monde se transforme sous nos yeux à grande vitesse. Et, en dépit, ou à cause même, de notre attachement indéfectible à notre identité et nos valeurs socialistes, nous savons que les réponses que la social-démocratie peut et doit apporter face à la persistance des injustices sociales, à la résurgence de la crise économique et financière, au péril environnemental et à la pauvreté croissante, ne sauraient être nécessairement les mêmes seules réponses d’antan ; réponses qui pouvaient certes être appropriées pour une époque donnée mais qui pourraient peut-être encourir, aujourd’hui, à l’orée du troisième millénaire, le risque sinon d’obsolescence ou de désuétude du moins être datées et exiger des ajustements.
Et si nous sommes appelés à l’introspection et la réflexion collectives aujourd’hui et demain, ce n’est pas parce que nous serions tentés de renoncer à nos valeurs et à notre identité socialistes mais parce nous sommes conscients que le monde change, se transforme et appelle par conséquent de notre part les adaptations indispensables.
Mais camarades, il n’est pas question de présupposer ici des réponses aux questions qui sont posées dans ce rapport introductif. Les questionnements seront au contraire matière à débats au cours de ce XVème congrès, et, par-delà cette rencontre, ces interrogations constitueront pour le Parti socialiste et pour toute la gauche sénégalaise des chantiers à ouvrir, des terres nouvelles à défricher.
Camarades, le Parti Socialiste est notre maison commune, que nous chérissons tous ; et il est permis de dire aussi sans risque de se tromper que les militants souhaitent l’unité de ses dirigeants qu’ils appellent de leurs vœux fervents. Car ils savent que c’est en étant unis et solidaires que nous pourrons faire face aux défis qui nous interpellent et nous hisser à la hauteur des responsabilités qui incombent à la gauche à l’aune des nouveaux défis.
Camarades, pour conclure je veux redire ici que cette unité, plus que tout autre, je la veux de toutes mes forces ; car je sais que c’est elle qui rend le parti plus fort et plus attractif. C’est pourquoi je lance un appel solennel à tous, responsables comme militants de base pour tourner la page des renouvellements et à se donner la main pour à travailler ensemble.
Camarades, je ne crois pas un seul instant que chaque militant ou responsable soutiendra, toujours et en tous points, mes vues ou celles de la majorité d’entre nous, mais j’ose espérer que chacun se rappellera toujours avec force que l’unité, fondée sur la démocratie, est la seule voix du salut et que ceux qui dans l’histoire ont cédé à la tentation d’enfourcher les démons de la division n’ont pas toujours récolté des fruits à la hauteur de leurs prétentions.
En ce qui me concerne, que chaque camarade sache que je consentirai n’importe quel prix, que je supporterai n’importe quel fardeau, que j’accepterai n’importe quelle épreuve pour maintenir cette unité tant souhaitée, mais dans la démocratie et la vérité.
Puisse ce congrès être un moment de ressourcement idéologique autour des valeurs socialistes, puisse-t-il aussi être de réexamen, et de réinvention si nécessaire, de nouveaux axes programmatiques adaptés à notre époque et aptes à revigorer l’attractivité de notre parti pour les classes populaires, la jeunesse, les femmes, les travailleurs et la classe moyennes.
Vive le Sénégal