Vol et abus de confiance : Faty Souaré fait retirer un chèque volé auprès de sa patronne, le Dr Mame Awa Touré.

Faty Souaré, née en 1993, a été attraite le vendredi 13 août 2021 à la barre du tribunal d'instance pour répondre des faits de vol à l'occasion du service d'un chèque appartenant au Docteur Mame Awa Touré, qui n’est autre que la sœur de l’avocat Me Ndèye Fatou Touré. Elle risque ainsi deux ans d'emprisonnement dont 3 mois ferme si le juge suit le réquisitoire du procureur.


Vol et abus de confiance : Faty Souaré fait retirer un chèque volé auprès de sa patronne, le Dr Mame Awa Touré.
L'ingratitude a un nom et elle s'appelle Faty Souaré. La femme de confiance et chouchou du Docteur Awa Touré a comparu le vendredi 13 août 2021 devant le Tribunal d’Instance pour vol de chèque appartenant à cette dernière. En effet, la mise en cause a été présentée à la plaignante en 2018 par une agence de placement de femmes de ménage.  

Mais vu la capacité intellectuelle de la jeune demoiselle, le Docteur Mame Awa Touré a décidé de l’aider à poursuivre ses études en l’inscrivant dans une école de formation parce qu’elle avait déjà obtenu son bac. Elle a été chérie et chouchoutée par la dame. Et en 2019, la susnommée Touré l’emmenera  avec elle en voyage en Sierra Léone. Il résulte clairement des débats d’audience que la mise en cause était quasiment son bras droit. Elle n'a jamais fait le ménage. 

À son retour au Sénégal, le Dr Mame Awa Touré s'est rendu compte que beaucoup de choses disparaissaient dans sa maison. C’étaient des draps, des tissus et des boubous « Thioup » d’une valeur de plus de 250 000 de francs Cfa. En effet, la prévenue avait accès à toutes les affaires et gardait toutes les clés des armoires du Docteur.  

Venue représenter sa sœur, Me Ndèye Fatou Touré fait savoir que sa sœur lui avait même payé des études en informatique lorsqu’elle était en Sierra Léone. « C'est en décembre 2019 qu'elles sont rentrées à Dakar. Mame Awa était loin d'imaginer qu'elle avait volé son chèque au moment où elles étaient en Sierra Leone. Par la suite, elle a également découvert que la prévenue lui avait volé des tissus, des draps et des boubous Thioup qui coûtent plus de 250 000 de nos francs. La prévenue a utilisé la nommée Ndèye Amy Guèye qu’elle a rencontrée près du rond-point ‘’Case bi’’ aux Parcelles Assainies pour la prier de retirer le chèque pour elle. Et c’est la banque UBA qui a informé Mame Awa du retrait de la somme d'un million dans son compte. Aussitôt, elle a porté une plainte. Nous détenons des audios dans lesquels elle a même avoué son forfait », a soutenu la robe noire.  

Interrogée en audience, la nommée Faty Souaré a catégoriquement nié les faits qui lui ont valu sa comparution devant le tribunal d'Instance. « J'ai fait une année en Sierra Léone. Je ne volais que le reste des aliments. » Elle affirme avoir vu Ndèye Ami Guèye pour la première fois à la gendarmerie. Elle ajoute que le jour du retrait du chèque, elle était aux HLM, mais pas au Rond-point « Case bi ». 

Me Ousseynou Gaye, avocat de la partie civile, à la prévenue : " il y a une drôle de coïncidence parce que le chèque volé avait la série de 2019. Et il a été volé en Sierra Léone alors que vous y étiez. Comment expliquez-vous cela ? La prévenue répond : « En 2019, j'étais en Sierra Léone, mais je n'ai jamais volé de chèque. Certes, je connaissais leurs emplacements sur la table de chevet parce qu'elle m'envoyait souvent les chercher dans la chambre ».   

Un des témoins, Ndèye Amy Guèye revient sur les faits. « Ce jour-là, en allant au marché Gueule-Tapée des Parcelles Assainies pour acheter des légumes, j'ai croisé cette fille qui m'a supplié de lui rendre service. Elle m'a demandé de lui retirer un chèque à la banque parce qu’elle n'avait pas sa pièce d'identité. Elle m'a également dit qu'elle risquait d'être exclue de l’école en plus de rater ses examens si elle ne payait pas. J’ai retiré le chèque et elle m'a remercié en me donnant un billet de 10 000 francs Cfa. J'ai seulement voulu l'aider. Une fois à la gendarmerie, la propriétaire du chèque s'est présentée et elle a fait savoir aux gendarmes qu'elle ne me connaissait pas. C'est par la suite qu'elle m'a montré des photos avec lesquelles j'ai pu identifier la prévenue Faty Souaré », a-t-elle déclaré.  

Des allégations que la mise en cause a balayé d'un revers de main. « Je l'ai vu pour la première fois à la gendarmerie et ici devant ce tribunal. Je ne lui ai jamais remis un chèque », dit-elle.  

Selon Me Ousseynou Gaye, qui assure la défense de la partie civile, Faty Souaré gérait toutes les provisions et affaires de la dame. Tout passait entre ses mains, mais regrette l’avocat, Faty est une voleuse. Sur ce, Me Gaye demande au tribunal d’entrer en voie de condamnation afin de lui allouer la somme de 1 million.  

Lors de son réquisitoire, le maître des poursuites a requis la culpabilité de la prévenue avant de la condamner à 2 ans d’emprisonnement dont 3 mois ferme.  

Pour l’un des conseils de la mise en cause, Me Khadim Kébé, il reste sur sa faim après avoir écouté la partie civile et le parquet. « On ne peut pas sur la base de sensations et d'indices requérir la condamnation d’une personne. « On n'a pas la certitude qu'elle est coupable. La soustraction frauduleuse n'est pas démontrée. Devant la barre on ne vous pas prouvé qu'elle était sur les lieux », a-t-il défendu en demandant la relaxe au bénéfice du doute. Me Bamba Cissé, lui aussi plaide pour la relaxe de sa cliente au bénéfice du doute. 

Le délibéré est prévu le 18 août 2021. 
Samedi 14 Août 2021
Dakaractu



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