Violences universitaires : l’état de santé d’Ibrahima Ngom Général s’empire, son agresseur toujours pas inquiété par la police


Il porte encore les stigmates de sa blessure, suite à son agression à l’université Cheikh Anta Diop. Diminué physiquement et mentalement, il est alité dans une maison sise à Mermoz qui sert de dortoir à certains étudiants rejetés par le système du logement au campus et qui y vivent difficilement. Ici, beaucoup de matelas sont éparpillés par ci et par là. Etudiants, filles et garçons, y cohabitent. Pour manger, il faut cotiser. Et quand les temps sont durs on se sert la ceinture, boire simplement de l’eau avant de prendre le chemin de la faculté. C’est dans cet atmosphère lugubre qu’on a trouvé Ibrahima Ngom Général, allongé sur un matelas posé a même le sol avec un ventilo qui distille un peu d’air frais. Il n’est plus ce garçon solide sur la photo. Il se relève difficilement pour faire face à son interlocuteur. Il peine à s’assoir et a du mal à identifier son vis-à-vis. Plongé depuis 23 jours dans un coma, il porte encore les séquelles de son agression qui lui brouille les yeux et un traumatisme crânien qui lui donne parfois des trous de mémoire. A l’origine de la bataille rangée, une scène d’inspection de l’amicale des étudiants. Une bataille qui avait opposé Ibrahima Ngom Général coordonnateur de la liste jaune-lumière qui s’est autoproclamée vainqueur des dernières élections d’une part et d’autre part l’amicale sortante du nom de la liste grise qui est une coalition de listes. Tout est parti des logements provisoires que le Coud met à la disposition des délégués pour préparer la rentrée. Le contentieux post électoral n’étant toujours pas vidé, aucune des deux parties n’a accepté que l’autre se pose en interlocuteur du Coud. Armés de coupecoupes et de barres de fer, ils se sont livrés à une bagarre d’une rare violence. Résultat : Ibrahima Ngom Général sera grièvement blessé, touché au cerveau, au niveau de la bouche et sous l’aisselle gauche avec des cotes brisées.  Inerte et gisant dans une mare de sang, il sera acheminé à l’hôpital principal de Dakar avant de sombrer dans un coma. Aujourd’hui, il se remet difficilement de ses blessures avant de pointer un doigt accusateur vers la police qui n’aurait pas fait correctement son travail. Avec une enquête bâclée, dit-il et une plainte au commissariat du Point E qui est restée sans suite, son agresseur, un certain Daouda Dème, court toujours sans être inquiété par la justice. Sans moyens pour suivre son traitement et sans assistance, Général dit se sentir très diminué et fatigué.

 

 Né le 21 janvier 1990 à Neourane dans la commune de Touba Toul département de Thiès, et étudiant en master 1 en Sciences de la vie et de la terre au département de Biologie Chimie Géosciences à la faculté des Sciences et Techniques Ucad, il risque de voir son avenir hypothéqué si sa santé qui nécessite un transfert en Europe n’est pas prise en charge.  Ses camarades réclament son évacuation  à l’étranger du fait que  l’état de santé de leur camarade qui a subi une agression à l’arme blanche au niveau du campus inquiète de jour en jour, avant de demander l’exclusion de l’étudiant Daouda Dème qui a fait ce forfait, sous peine de venger leur camarade.

 
Vendredi 2 Novembre 2018
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :