Violences et troubles au Sénégal : ARTICLE 19 exprime ses craintes sur les attaques et menaces faites aux médias et journalistes.


La crise politico-sociale qui secoue le Sénégal depuis le 3 mars et qui ont engendré de violents troubles à Dakar, Ziguinchor et dans d'autres parties du pays, ne laisse pas de marbre l'organisme de défense des droits humains ARTICLE 19. 

"ARTICLE 19 est très préoccupé par l’usage excessif de la force par les forces de sécurité lors des manifestations, ainsi que par la violence et la destruction des biens publics et privés pendant les émeutes", a fait savoir la directrice ARTICLE 19 Afrique de l'Ouest, Fatou Jagne dans un communiqué officialisé.

La crise et la polarisation s’étant aggravées, les médias sont devenus l’une des principales victimes de la violence, a-t-elle dénoncé, alertant sur la sécurité des journalistes et autres acteurs des médias.
"Nous sommes profondément préoccupés par les attaques et les menaces dont font l’objet les organes de presse et les journalistes et demandons à toutes les parties de respecter la liberté des médias et à s’abstenir de toute violence contre les médias", a alerté Fatou Jagne.

ARTICLE 19 juge inacceptables et terrifiants la coupure du signal de deux médias, Walfadjiri et Sentv par le CNRA, l’organe de régulation de l’audiovisuel et les violentes attaques contre les médias privés Radio RFM, Télévision Futur Media (TFM), le site Dakaractu, et le journal gouvernemental, Le Soleil ainsi que les violences physiques sur quatre (4) journalistes couvrant une manifestation.

Pour Fatou Jagne "cibler les médias en période de crise politique n’est pas seulement dangereux pour la sécurité des journalistes, cela augmente également les tensions et le risque de préjudice. C’est une menace réelle contre une presse libre et indépendante et pour l’accès à l’information. La démocratie ne peut pas fonctionner sans la pluralité des médias et la diversité d’opinions".

Le CNRA a ordonné la coupure des signaux des deux médias après la diffusion en direct des confrontations.
L’internet a également été perturbé, et le site de cybersécurité NetBlocks a déclaré que les réseaux sociaux et les applications de messagerie étaient soumis à de sévères perturbations tout au long de la journée du vendredi 5 mars, a renseigné ARTICLE 19.

L'organisme insiste cependant sur un certain nombre d'exigences pour apaiser le climat de tension.
Face à cette escalade de violence et de tension, le Gouvernement doit prendre des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des journalistes et protéger l’indépendance de la presse et l’accès du public à l’information, faire la lumière sur les circonstances de la mort des personnes, libérer les politiciens et activistes détenus.

Depuis le début du mois de mars, au moins 4 activistes et leaders des mouvements citoyens dont Guy-Marius Sagna sont détenus et accusés des infractions telles que menace à la sûreté de l’Etat, l’ordre public, appel à l’insurrection, etc.

ARTICLE 19 entend sou peu produire un rapport détaillé sur les atteintes aux médias et aux libertés d’expression et de manifester au Sénégal.
Mardi 9 Mars 2021
Dakaractu




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