Les tensions persistent dans les universités sénégalaises, en particulier à voir l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, où de violents affrontements ont été enregistrés ces derniers jours entre forces de l’ordre et étudiants. Ces événements surviennent dans un contexte de mobilisation estudiantine marquée par des revendications liées au paiement d’arriérés de bourses et à la dégradation des conditions de vie sur les campus.
Dans une déclaration rendue publique, le Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT-Sénégal) a condamné « avec la plus grande fermeté » les interventions des forces de l’ordre à l’intérieur de l’UCAD, qu’il qualifie de « brutales » et « indignes d’un État qui se veut démocratique ». Le parti estime que ces opérations, menées à l’initiative du gouvernement, ont donné lieu à des scènes de « violence généralisée » jugées inacceptables.
Le PIT-Sénégal replace ces affrontements dans un climat social déjà extrêmement tendu, rappelant notamment la fermeture prolongée des services de restauration universitaire. Des images largement relayées sur les réseaux sociaux ont récemment montré des étudiants contraints de se bousculer autour de marmites pour se nourrir, une situation que le parti qualifie de « profondément choquante » et révélatrice de la précarité croissante en milieu universitaire.
Selon la formation politique, les incidents enregistrés, incendies, défenestrations, arrestations musclées et militarisation de l’espace universitaire ravivent des souvenirs douloureux de périodes troubles de l’histoire nationale, que le Sénégal « aurait légitimement voulu ne plus jamais revivre ». Le PIT-Sénégal dénonce notamment des jeunes « livrés à eux-mêmes face à la violence de l’État ».
Face à ce qu’il considère comme une escalade préoccupante, le parti exige la cessation immédiate des interventions des forces de l’ordre dans les universités. Il appelle également à la reprise urgente du dialogue entre le gouvernement et les « forces vives de la Nation », en priorité les étudiants, afin de ramener l’apaisement dans un climat jugé « insupportable ».
Pour le PIT-Sénégal, la situation actuelle illustre l’écart entre les promesses faites à la jeunesse et la réalité vécue au quotidien. Si le parti reconnaît que le système universitaire traverse de profondes difficultés structurelles, il affirme qu’aucune d’entre elles ne saurait justifier « un tel déchaînement de violence » contre des jeunes en quête de dignité et d’avenir. Il conclut en dénonçant une gouvernance qui, selon lui, « confond autorité et brutalité », au détriment du dialogue et de la concertation.