Après déjà deux débats et de très longues heures de discussions, cette troisième et dernière joute verbale entre les candidats à la primaire de la gauche a d'abord été dominée par un premier sujet à évacuer. Celui d’une vidéo sortie la veille, qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, dans laquelle Raphaël Glucksmann accuse Ségolène Royal d’avoir fait « la danse du ventre » à Emmanuel Macron pour obtenir des postes sous son premier mandat.
La réponse de l'intéressée a été cinglante. Cette dernière avait déjà déploré sur X le « sexisme consternant » de cette remarque. Dimanche soir, elle a souligné avoir « l'habitude des agressions verbales », mais « venant de vous, ça m'a particulièrement choquée parce que c'est une agression, en plus à connotation sexuelle », lui a-t-elle asséné. Raphaël Glucksmann a d'abord assuré qu'il n'y avait « pas de connotation sexiste » dans l'expression « danse du ventre », et que ses propos, issus d'une réunion avec des militants dans un café, « n'avaient pas vocation à être publics ».
Olivier Faure en a profité pour pousser son concurrent dans ses retranchements : « Le plus simple, c'est de s'excuser », a souligné le patron du PS. « La réalité, c'est que cette vidéo, elle n'était ni faite ni à faire. Ce n'était pas un cadre privé, c'était une réunion militante », a-t-il insisté.
Pas de quartiers entre les candidats non plus à l'heure d'évoquer à nouveau les possibles alliances pendant la campagne pour l'élection présidentielle, comme les législatives qui suivront. Avec, encore une fois, une dominante, la question d'un rapprochement ou non avec La France insoumise. Olivier Faure s’en est pris à Jérôme Guedj : « Je n'ai jamais dit que je ferai alliance avec la gauche radicale, mais toi tranquillement, tu expliques que tu es prêt à faire l'alliance avec la droite ». « Tu mens ! », lui a opposé le député de l'Essonne. Ce dernier, comme Raphaël Glucksmann, s'est résolument opposé à toute alliance avec LFI. Jérôme Guedj accusant au passage Olivier Faure de « tous nous fragiliser » en laissant « entendre que nous aurions des passerelles possibles » avec LFI.
Ségolène Royal a, elle, dénoncé le « hold-up » que le candidat de Place publique mène sur le PS. Elle l’a accusé d’être venu dans la primaire car il « n’a pas réussi à créer une dynamique avec son parti politique », et d’accabler la formation de Jean-Luc Mélenchon pour « justifier l’alliance avec la droite ». Des piques successives qui ont poussé Emmanuel Maurel à rappeler l’enjeu de la primaire, celui de « se mettre tous derrière le ou la même candidate pour qu'il arrive au deuxième tour et batte le RN »
Sur le mouvement des lycéens en revanche, moins de divergences. Olivier Faure a demandé la convocation d"« états généraux lycéens » et déploré que « 70 % des budgets des écoles privées soient sur des financements publics ». Raphaël Glucksmann, de son côté, a promis une « loi de programmation sur cinq ans » pour l’école publique. Les cinq rivaux ont ensuite échangé sur divers sujets, comme les retraites, les familles monoparentales, l’énergie ou la fiscalité. Olivier Faure a défendu la taxe Zucman, tandis que Raphaël Glucksmann a plaidé pour la taxation des méga-héritages, des superprofits et des plus hauts patrimoines. En matière d’immigration, ils se sont accordés sur la régularisation des travailleurs sans-papiers.