Vaccin contre la Covid-19 : Les véritables raisons de l’engagement de Macky Sall auprès de ses homologues.


‘’Je prends part à l’appel co-signé avec mes homologues pour un vaccin gratuit, accessible à toutes et tous. Parce que nos vies ne doivent pas dépendre des logiques des marchés’’. Voilà un message posté sur Twitter de Macky Sall qui a été mal interprété dans les réseaux sociaux où son auteur a été la cible de beaucoup de critiques. Le président de la République entendait, en effet, faire part de sa réponse positive à l’appel lancé par l’Onusida intitulé ‘’S’unir pour un vaccin pour tou-te-s contre la Covid-19’’.
 
Ainsi, ce sont plus de 140 dirigeants et experts du monde entier, dont Cyril Ramaphosa (Président de l’Afrique du Sud et Président de l’Union africaine) ; Imran Khan (Premier ministre du Pakistan) ; Macky Sall (Président de la République du Sénégal) ; Nana Addo Dankwa Akufo-Addo (Président de la République du Ghana) qui ont signé cette lettre ouverte appelant tous les gouvernements à s’unir en faveur d’un vaccin universel contre la Covid-19.
 
Cet appel a été lancé quelques jours seulement avant la réunion virtuelle des ministres de la Santé à l’occasion de l’Assemblée mondiale de la santé, qui se tiendra ce lundi 18 mai. Et dans la copie parcourue par Dakaractu, il est relevé que cette lettre co-signée par le président Macky Sall ‘’constitue la prise de la position politique la plus ambitieuse à ce jour sur un vaccin contre la Covid-19’’. Dans leur engagement, les dirigeants (signataires) ‘’exigent que tous les vaccins, traitements et tests soient produits en masse, libres de brevet, distribués sur un pied d’égalité et mis gratuitement à la disposition de toute la population, et ce dans tous les pays’’.
 
‘’À l’heure actuelle, des milliards de personnes attendent un vaccin, qui est notre plus grand espoir de mettre fin à cette pandémie. En tant que pays d’Afrique, nous sommes déterminés à faire en sorte que le vaccin contre la Covid-19 soit mis au point et distribué rapidement, exempt de brevets et gratuit pour tous. Toutes les avancées scientifiques doivent être partagées entre les gouvernements. Personne ne doit se voir relégué au dernier rang de la file d’attente pour le vaccin du fait de son lieu de résidence ou de ses revenus’’, a déclaré Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud.
 
Inscrit dans la même lancée, Imran Khan, Premier Ministre du Pakistan de rappeler la nécessité pour toutes les populations de ’’travailler ensemble pour vaincre ce virus. Nous devons mettre en commun toutes les connaissances, l’expérience et les ressources à notre disposition pour le bien de l’humanité tout entière. Les dirigeant-e-s du monde ne sauraient trouver le repos tant que chaque individu, dans chaque pays, n’est pas en mesure de bénéficier rapidement et gratuitement d’un vaccin’’.
 
Cette lettre, coordonnée par Onusida et Oxfam, se veut un moyen de préciser que ‘’le monde ne peut se permettre d’ériger des barrières (comme les monopoles et la concurrence) faisant obstacle à la nécessité universelle de sauver des vies.
 
L’ancienne présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, a légitimé son engagement dans cette initiative. Selon elle, ‘’les gouvernements doivent lever tous les obstacles à la mise au point et au déploiement rapide des vaccins et des traitements. Aucun intérêt n’est plus grand que le besoin universel de sauver des vies’’, dira-t-elle.
 
 
Dans la lettre qu’ils ont co-signée, les dirigeants se sont engagés à la mise ‘’en commun obligatoire au niveau mondial des brevets et le partage de la totalité des connaissances, des données et des technologies en relation avec la Covid-19, afin de garantir que tout pays puisse produire ou acheter à un prix abordable des doses de vaccins, des traitements et des tests’’. Il en est de même de la mise en place rapide d’un plan mondial de fabrication et de distribution équitable de tous les vaccins, traitements et tests, entièrement financé par les pays riches et garantissant des prix coûtants réels en toute transparence ainsi qu’un approvisionnement fondé sur les besoins, plutôt que sur la capacité à payer’’. À cela s’ajoute ‘’la garantie que les vaccins, les traitements et les tests de la Covid-19 seront mis gratuitement à la disposition de toute la population, partout dans le monde, en accordant la priorité aux travailleurs/ses les plus exposé-e-s, aux personnes vulnérables et aux pays pauvres qui ont des capacités moindres pour sauver des vies’’. Autant de motivations listées par le président Sall et ses homologues pour expliquer le fondement de leur engagement.
 
Mais pour comprendre ce qui précède ce message, voire cette décision de Macky Sall et des autres signataires, il est bon de rappeler que tout est parti, dans cette histoire d’une offre des Usa à Sanofi. Une offre faite par les Américains pour recevoir probablement le vaccin Covid-19 de Sanofi avant le reste du monde si ledit géant pharmaceutique français réussit à en délivrer un. Cela dès lors que ce sont eux (les Usa) qui ont été les premiers à financer la recherche sur les vaccins de Sanofi, a déclaré le Président-directeur général Paul Hudson dans une interview accordée à Bloomberg News. Interview plusieurs fois reprise par des personnalités de ce monde pour s’opposer à la volonté de l’administration de Donald Trump de s’offrir de manière prioritaire le prochain vaccin contre la Covid-19 qui, aujourd’hui a tué plusieurs milliers de personnes dans le monde.
La raison qui a poussé le Pdg de Sanofi, Paul Hudson, à croire que "le gouvernement américain a le droit à la plus grosse pré-commande’’ est que selon lui, c’est ce sont les Usa qui ont ‘’investi pour prendre le risque".
 
Engagé, le groupe pharmaceutique français Sanofi, après avoir annoncé que les Américains auront la priorité sur les commandes d'un éventuel vaccin contre la Covid-19, a reçu une volée de bois vert. Cet engagement a mis en rogne la France et l'Europe.
 
Engagement pris, le 16 mars dernier, marquant le premier jour du confinement en France journée au cours de laquelle, Donald Trump avait aussi tenté de faire signer à un laboratoire pharmaceutique allemand une clause d'exclusivité sur un possible vaccin, en échange de quelques dizaines de millions de dollars.
 
Aujourd’hui, cette volonté du président Trump de réserver à ses concitoyens la primeur de ce vaccin en gestation, a engendré une vive polémique en France.
 
Outre le président Emmanuel Macron qui a convoqué le patron de Sanofi à l’Elysée pour parler de cette affaire, la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher est elle aussi montée au créneau, le jeudi dernier. "Pour nous, ce serait inacceptable qu'il y ait un accès privilégié de tel ou tel pays sous un prétexte qui serait un prétexte pécunier", a déclaré la secrétaire d'Etat sur Sud Radio.
Interrogé, à son tour le jeudi matin, sur la chaîne Bfmtv, renseigne la presse française, le président de Sanofi France, Olivier Bogillot était revenu à de meilleurs sentiments. Il a précisé que le vaccin ne sera pas distribué prioritairement aux Etats-Unis si l'Union européenne (Ue) se montre aussi "efficace" pour financer son développement’’. Cependant, il a signalé que "les Américains sont efficaces en cette période’’. Et qu’’il faut que l'UE soit aussi efficace en aidant Sanofi à mettre à disposition très vite ce vaccin".
 
Obnubilé par la découverte d’un vaccin efficace contre la Covid-19, le président Américain a engagé un médecin Belgo-marocain d’ailleurs. Il s’agit du Dr Moncef Slaoui, un immunologiste qui a été nommé par Donald Trump et présenté à la presse depuis la Maison-Blanche. Celui-ci a tenté de rassurer le président américain en lui faisant croire à la possibilité de ’’délivrer quelques millions de doses de vaccins d’ici fin 2020’’, renseignent des sources médiatiques.
Lundi 18 Mai 2020
Dakaractu



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