Une semaine après la rentrée des classes: La Cosydep note des couacs et invite l'État à l'action.

Une semaine après le démarrage de l’année scolaire 2020-2021 pour plus de 4 millions d’apprenantes et d’apprenants, la Cosydep se félicite d'abord des efforts qui ont permis la reprise des enseignements à plus de 95%, matérialisant ainsi la campagne Ubbi Tey Jàng Tey, qui se justifie plus que toute autre année en raison des effets de la COVID-19.


Cheikh Mbow et ses camarades rappellent l’impératif de garantir l’intégralité du quantum horaire en veillant rigoureusement aux trois moments clefs de l’année scolaire (Démarrage, Déroulement et Dénouement). La coalition attire l’attention sur la nécessité du respect des protocoles pédagogique et sanitaire tout en notant que, pour près de 1 million 500 mille enfants et jeunes, l’école n’a toujours pas démarré (Cf. Etudes 2016 – 2017 sur les Enfants Hors Ecole). Ceci est considéré comme une entrave au droit à l’éducation pour tous. 

Comme à l’accoutumée, la coalition des oraganisations en synergie pour la défense de l'éducation publique constate que la rentrée scolaire s’est passée avec son relent d’angoisse pour certains et d’espoir pour d’autres. En effet, les élèves ont repris le chemin de l’école dans un contexte particulier qui pose de nouveaux défis. "Si les autorités publiques notamment celles de l’éducation ont mis en place un cadre de dialogue qui a apporté quelques réponses aux attentes des acteurs, il reste encore d’autres besoins pressants à satisfaire",  aura remarqué la Cosydep.
Désormais, il faut compter avec la pandémie qui a mis en exergue les failles du système éducatif principalement caractérisé par un environnement scolaire loin des normes, des effectifs pléthoriques, un personnel insuffisant, des moyens techniques et technologiques limités.

Il faut rappeler qu'au cours des trois dernières années, le débat suscité par la rentrée s’est focalisé sur des aspects peu significatifs pour la grande majorité des populations : Groupe Scolaire Yavuz Selim (2018-2019), Institution Ste Jeanne D’Arc (2019-2020) et frais de scolarité dans l’enseignement privé (2020-2021). Ainsi, la Cosydep constate avec regret que la cristallisation du débat sur ces questions qui ne prend en compte que les intérêts d’une minorité ; 
 La Cosydep dénote un glissement qui interpelle tous les acteurs de l’éducation car focalisant l’attention sur des problématiques qui laissent en rade les besoins essentiels des franges les plus importantes de la société ;
Dans cette logique, la Cosydep dévoile les symptômes d’une société qui, de plus en plus, se soucie peu des vulnérables. 

En vérité, une société a besoin de justice, d’équité, de solidarité et d’entraide ; en d’autres termes d’une dose d’humanisme sans laquelle tout développement harmonieux demeure un rêve creux. 

Pour la COSYDEP, le débat qui vaille devrait porter sur comment rendre le système éducatif plus inclusif, plus résilient et apte à prendre en charge les besoins des démunis. Dans cette perspective, la Coalition recommande : 
- l’orientation du débat sur l’effectivité du droit à l’éducation pour tous par une meilleure prise en charge des demandes des marginalisés dont on n’entend peu la voix ;
- la recherche de réponses inclusives, complètes et adéquates aux besoins des vulnérables plus éprouvés par les effets du Coronavirus ;
la disponibilité des budgets et moyens de fonctionnement des écoles publiques
- la mise en œuvre efficace des accords avec les enseignants pour une année stable au grand bénéfice des apprenants, notamment ceux qui ont très peu de possibilités d’apprentissage   
-le changement radical de paradigme en opérant les ruptures nécessaires en vue de garantir une éducation inclusive de qualité à tous les enfants du Sénégal sans préjudices de leur milieu, de leurs caractéristiques économiques et socioculturelles.

La COSYDEP rappelle que l’État est attendu dans l’apport de solutions concrètes et complètes à cette situation. Autrement, le nombre d’enfants non scolarisés deviendra plus important, les déperditions scolaires plus massives, la qualité une affaire exclusive des privilégiés, les inégalités plus marquées. L’État doit rester une sphère de réconciliation des intérêts particuliers et de sécurisation des intérêts collectifs, en sa qualité de garant des équilibres, de la justice sociale et de l’équité. 
Vendredi 20 Novembre 2020
Dakaractu



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