Une opposition qui perd ses repères !

A moins de quatre mois de la présidentielle de 2019, l'opposition radicale sénégalaise se perd en conjectures. Adoptant durant toute la mandature du Président Macky Sall, la politique de la chaise vide, l'opposition vient de se rendre compte-subitement-que sa posture n'était ni bonne, ni efficace. Réveillée brutalement par l'équation du parrainage, elle cherche déjà une sortie honorable, d'un joug électoral qu'elle estime perdu d'avance.


Une opposition qui perd ses repères !
En 2017, le Cadre de concertation sur le processus électoral, présidé par l'Ambassadeur Seydou Nourou BA a été installé. Si la plupart des acteurs politiques ont pris part à ses travaux, l'opposition radicale, composée essentiellement de bleus en politique, décida de boycotter les débats, en dépit des invites du pouvoir et de la société civile.

En juin 2013, le chef de l'Etat initie une Concertation nationale sur la gestion du pétrole et du gaz, à laquelle acteurs politiques, hommes religieux, coutumiers, membres de la société civile et du secteur privé y ont pris activement part. Là encore, l'opposition radicale pratiqua la politique de la chaise vide, en boycottant un rendes-national de grande envergure. Pourtant, occasion ne pourrait être meilleure pour faire valoir leurs opinions sur un objectif aussi louable que : " construire un consensus autour de la gestion des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz, promouvoir la transparence et partager toutes les informations sur le secteur pétrolier et gazier du Sénégal", comme l'avait si bien précisé le Président de la République, dans son discours inaugural.

 Est-il raisonnable, après avoir boycotté tous ces espaces de dialogue et de concertation, que notre opposition des bleus, signe des pétitions pour réclamer la dénonciation de contrats miniers et demande-tardivement- d'être associée aux négociations ?

Ceci, d'autant qu'un journal en ligne "Afrique Confidentielle" a laissé entendre que certains des signataires de la pétition des "13" seraient à la solde de grandes compagnies minières qui cherchent à revenir au Sénégal, après l'avoir quitté par la petite porte !

L'on s'étonne également d'entendre certaines sirènes vitupérer, à tue-tête, au nom d'une société française nommée SDE, qui nous a fait avaler naguère des couleuvres, pour réclamer je ne sais quelle justice !

En dehors du dossier d'appel d'offres international pour le contrat d'affermage, l'Etat a la responsabilité régalienne de mettre un accent particulier sur l'aspect technique, puis qu'en définitive, il s'agit beaucoup plus d'une question de santé publique que d'offre financière.

A moins d'être mû par des intérêts crypto-personnels, il est difficile de comprendre le comportement guerrier des "néo tirailleurs de l'eau" qui portent en bandoulière le dossier SDE-Veolia, (toutes deux compagnies françaises) en face de SUEZ (une autre compagnie française) dans le but de faire avorter la signature prochaine du contrat d'affermage avec l'Etat du Sénégal !

Dans pareils cas, il est fréquent que l'on défende des intérêts très particuliers, en arborant la casquette de "défenseurs des intérêts du peuple".

Un sage africain disait que le problème en l'Afrique, c'est que "les opposants qui veulent le pouvoir à tout prix, ont plus d'intérêt à tromper les populations que ceux qui détiennent déjà le pouvoir".

Les slogans prêt-à-porter que brandissent les opposants avec une légèreté souvent déroutante, à savoir : bradage des ressources nationales, existence de fichiers multiples, résultats préfabriqués, etc., ne sont en réalité, que des cris de détresse d'une opposition qui vient de se rendre compte que l'élection présidentielle, c'est dans trois mois et 24 jours … Alors, elle perd subitement ses repères et son sang-froid !

 

 

Mamadou Bamba NDIAYE

Ancien ministre des Affaires religieuses

 
Vendredi 2 Novembre 2018
Dakaractu



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