Un Africain pour l’ONU: Macky Sall, candidat de l’Union africaine, promet de « refonder le multilatéralisme »


Le 2 mars 2026, la Mission permanente de la République du Burundi auprès des Nations Unies a transmis une lettre officielle de nomination au Président de l’Assemblée générale et au Président du Conseil de sécurité. L’auteur : l’Union africaine, dont le Burundi assure la présidence tournante. Le candidat à la tête de l’ONU est Macky Sall, ancien chef de l’État du Sénégal de (2012 à 2024) 

 

La lettre signée par S.E. l’Ambassadeur Zéphyrin Maniratanga ne laisse visiblement aucun doute sur la portée continentale de la démarche. C’est explicitement en sa qualité de « current Chair of the African Union » que le Burundi présente Macky Sall signal fort d’une Afrique qui entend peser collectivement dans la course au poste le plus élevé du système onusien. Le courrier a été adressé simultanément à Annalena Baerbock, Présidente de la 80e session de l’Assemblée générale, et à Michael G. Waltz, Président du Conseil de sécurité pour mars 2026 les deux instances qui piloteront la sélection du successeur d’António Guterres, dont le mandat expire fin 2026.

 

Dans sa déclaration de vision intitulée Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur, Macky Sall dresse un diagnostic: celle d’une ONU confrontée à « une défiance croissante, un manque d’efficacité et un risque d’affaiblissement sans précédent ». Il propose en réponse une architecture en trois piliers. Le premier est lié structurellement à la paix, la sécurité et le développement, avec un renforcement des mécanismes d’alerte précoce, une meilleure coordination entre opérations de paix et agences humanitaires, et une attention particulière aux États fragiles. Le deuxième vise à revitaliser le multilatéralisme en faisant du Secrétaire général un « facilitateur et bâtisseur de ponts » entre États membres, société civile et secteur privé, tout en intégrant pleinement à l’agenda onusien les défis transversaux intelligence artificielle, migration, violences faites aux femmes. Le troisième porte sur la gouvernance interne de l’Organisation, avec trois impératifs martelés : rationaliser, simplifier, optimiser, à travers un financement plus prévisible et le recours accru au numérique.

 

« Mon objectif stratégique consiste à travailler en étroite collaboration avec les États membres pour restaurer la confiance dans le multilatéralisme », écrit-il dans sa déclaration. Un programme qui s’appuie sur un profil forgé en quatre décennies : de directeur général de PETROSEN à ministre des Mines, en passant par Premier ministre et Président de l’Assemblée nationale sénégalaise, avant deux mandats à la présidence de la République. À l’international, il a présidé l’Union africaine (2022–2023), la CEDEAO (2015–2016) et le NEPAD (2013–2019), conduisant notamment l’intégration de l’Afrique au G20.

 

La présentation collective par l’UA plutôt que par le seul Sénégal est une stratégie délibérée car, elle transforme Macky Sall en candidat de 55 États membres, dont le poids est décisif à l’Assemblée générale.  « C’est le moment d’agir avec clarté, courage et discipline pour faire mieux avec moins et réaliser le plein potentiel de l’Organisation », conclut le candidat une formule qui résume à elle seule l’ambition d’un homme pressé de mettre l’ONU au défi de se réinventer.

Mardi 3 Mars 2026
Dakaractu