UNE SEMAINE DE DEUIL POUR LE SPORT


UNE SEMAINE DE DEUIL POUR LE SPORT
Le sport n’est pas mort. Mais c’est tout comme au regard du sentiment de deuil qui nous a frappé, nous autres enfants de la passion sportive.
C’est avec tristesse et amertume que je réagis pour décrier des exactions qui ont marqué le sport cette semaine. Je ne pouvais pas ne pas le faire après avoir vu le tweet de mon frère et concitoyen Kalidou Koulibaly, faisant suite aux évènements déplorables du stade Giussepe-Meazza de Milan.
Ma réaction face à cette lâche agression raciste est moins sénégalaise que sportive. Proférer des cris racistes dans une rencontre sportive, c’est séparer le sport de son essence. C’est le profaner. Le sport à transcendé la couleur de la peau pour valoriser celle du maillot qui, sublime témoins de l’adversité parfois très intense, s’échange même à la fin des parties, symbole ultime du respect de l’autre. Les champions du monde français ont montré que le sport est la vision qui guide l’avenir du monde, si jamais il doit en avoir un. Lors de la dernière coupe du monde en Russie, la France n’était pas blanche, Elle n’était pas noire non plus, mais elle était bleue.
J’attends avec impatience la réaction de l’UEFA ou  de la FIFA qui doit être significative à l’image des sapeurs-pompiers qui viennent sauver une mosquée attaquée par des abeilles un jour de vendredi.
Il faut saluer la grandeur d’âme du grand joueur portugais Cristiano Ronaldo, le footballeur le plus célèbre du championnat d’Italie qui soutient notre compatriote démontrant que le football doit être un trait d’union.
J’espère de la même façon, je prie que l’article écrit sur Mohamed Salah niant une autre  religion, ne soit que fausse allégation. La seule « religion » du sport est la sportivité, le fair-play ! Sur une pelouse ou un parquet, nous ne sommes ni musulmans ou juifs, ni chrétiens ou bouddhistes, nous sommes sportifs, sous le sceau du fair-play et l’exigence du règlement. A l’image d’un Mandela brisant les barrières d’un rugby coloré pour construire une nation arc en ciel, je préfère un Mo Salah ambassadeur de la paix et de la concorde dans le Moyen orient. Le sport efface les barrières, gomme les divisions et réunit.  C’est cela qui doit être sa vocation.
Ici chez nous, après une honorable élimination de la compétition africaine par le WAC de Casablanca, les supporters du Diaraf, n’ont trouvé mieux que de s’adonner à des scènes de violence contre le trio arbitral burkinabé. Je dis non, parce que le Diaraf, mon club de cœur, qui a fait siennes les vertus du Yaaru, du Yeewu et du Yeete est un creuset de travail, d’éthique et de discipline. Ce qui s’est passé l’autre jour au stade Léopold Sedar Senghor ne ressemble pas du tout à l’héritage légué par les fondateurs de mon club. Ceux qui ont porté la main sur l’arbitre se sont lourdement trompés, ils ont donné une image qui n’a jamais été celle du Diaraf. Mon équipe a été toujours synonyme de bonne éducation, de plaisir et de beauté du jeu.
En somme, je prends ma plume et les sportifs en témoins pour conjurer les démons de l’humanité devenue folle, désorganisée et violente. Ne laissons pas l’inhumanité dans notre monde qui n’a aucune place pour le racisme, pour l’antisémitisme ou encore moins pour la violence. Dans le sport, la race est la couleur du maillot, la religion le fair-play. La bataille n’est que la compétition : que ceux qui sont sur le terrain, les dirigeants, les supporters et les médias fassent tout pour qu’il en reste ainsi.
                                                                                                            Très sportivement
                                                                                                              Ndongo NDIAYE
                                                                         
Conseiller en sports du Chefs de l’Etat
Dimanche 30 Décembre 2018
Dakaractu




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