Réunis à Dakar ce vendredi pour la première session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union, les membres de l’UEMOA ont adopté plusieurs décisions stratégiques dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. La guerre déclenchée le 28 février entre les États-Unis, Israël et l’Iran secoue les marchés mondiaux de l’énergie et fait peser sur les économies de l’Union des risques dont l’ampleur est encore difficile à mesurer.
Le président du Conseil, Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, a indiqué, qu’au regard d’un environnement régional et international marqué par des incertitudes persistantes, les ministres ont su faire preuve, selon lui, de discernement, de cohésion et d’esprit de décision. Des qualités que l’heure exige, tant les signaux d’alarme se multiplient à l’échelle mondiale.
La menace est bien réelle pour la zone. Pour l’UEMOA, la principale menace réside dans un choc énergétique importé. L’Afrique, majoritairement importatrice nette de produits pétroliers raffinés, subit de plein fouet la hausse des coûts d’importation, la pression sur les réserves de change et le renchérissement du transport et de la production électrique. Le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars le 9 mars, atteignant 106 dollars, un niveau record depuis 2022, moins de dix jours après le début des hostilités. À cette flambée, rappelle le conseil, s'ajoute une menace logistique de grande ampleur. La paralysie quasi totale du détroit d’Ormuz force les raffineurs asiatiques à se tourner vers des approvisionnements longue distance, notamment en Afrique de l’Ouest, tendant encore davantage le marché du fret. Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a alerté dès le 24 mars sur l’apparition d’un « nouveau choc pétrolier », estimant que l’hypothèse d’une crise passagère n’est désormais plus d’actualité, avec entre 15 % et 20 % du pétrole mondial qui n’arrivent plus sur les marchés.
Pour les économies de l’Union, déjà soumises à des contraintes budgétaires serrées, le scénario est préoccupant. L’OCDE anticipe une remontée sensible de l’inflation dans les grandes économies, alimentée par la flambée des cours de l’énergie, et évoque des risques importants de ralentissement en cas d’intensification des perturbations, avec une croissance mondiale ramenée à 2,9 % en 2026 contre 3,3 % l’année précédente. Même les pays producteurs de pétrole du continent ne sont pas totalement à l’abri, plusieurs d’entre eux restant dépendants des importations de produits pétroliers raffinés.
C’est dans ce contexte que les décisions adoptées à Dakar prennent tout leur sens. Le renouvellement des mandats au sein du Comité de Stabilité Financière de l’UMOA, l’approbation des comptes de la BCEAO, le renouvellement du mandat du Vice-Gouverneur Mamadou Diop et l’adoption du plan stratégique 2026-2030 de la BOAD baptisé « DJOLIBA la suite » constituent autant de signaux de continuité institutionnelle dans la tempête. La validation des stratégies de développement du secteur privé et de promotion du dialogue public-privé, ainsi que l’ancrage résolu dans la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine, dessinent par ailleurs une trajectoire d’ouverture maîtrisée face à un monde en recomposition accélérée.
Pour les pays d’Afrique de l’Ouest importateurs de pétrole, le conflit se traduit déjà très concrètement : carburant plus cher, transport plus cher, inflation sur l’ensemble des biens. La réponse de l’UEMOA sera collective ou ne sera pas.
Le président du Conseil, Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, a indiqué, qu’au regard d’un environnement régional et international marqué par des incertitudes persistantes, les ministres ont su faire preuve, selon lui, de discernement, de cohésion et d’esprit de décision. Des qualités que l’heure exige, tant les signaux d’alarme se multiplient à l’échelle mondiale.
La menace est bien réelle pour la zone. Pour l’UEMOA, la principale menace réside dans un choc énergétique importé. L’Afrique, majoritairement importatrice nette de produits pétroliers raffinés, subit de plein fouet la hausse des coûts d’importation, la pression sur les réserves de change et le renchérissement du transport et de la production électrique. Le baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars le 9 mars, atteignant 106 dollars, un niveau record depuis 2022, moins de dix jours après le début des hostilités. À cette flambée, rappelle le conseil, s'ajoute une menace logistique de grande ampleur. La paralysie quasi totale du détroit d’Ormuz force les raffineurs asiatiques à se tourner vers des approvisionnements longue distance, notamment en Afrique de l’Ouest, tendant encore davantage le marché du fret. Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a alerté dès le 24 mars sur l’apparition d’un « nouveau choc pétrolier », estimant que l’hypothèse d’une crise passagère n’est désormais plus d’actualité, avec entre 15 % et 20 % du pétrole mondial qui n’arrivent plus sur les marchés.
Pour les économies de l’Union, déjà soumises à des contraintes budgétaires serrées, le scénario est préoccupant. L’OCDE anticipe une remontée sensible de l’inflation dans les grandes économies, alimentée par la flambée des cours de l’énergie, et évoque des risques importants de ralentissement en cas d’intensification des perturbations, avec une croissance mondiale ramenée à 2,9 % en 2026 contre 3,3 % l’année précédente. Même les pays producteurs de pétrole du continent ne sont pas totalement à l’abri, plusieurs d’entre eux restant dépendants des importations de produits pétroliers raffinés.
C’est dans ce contexte que les décisions adoptées à Dakar prennent tout leur sens. Le renouvellement des mandats au sein du Comité de Stabilité Financière de l’UMOA, l’approbation des comptes de la BCEAO, le renouvellement du mandat du Vice-Gouverneur Mamadou Diop et l’adoption du plan stratégique 2026-2030 de la BOAD baptisé « DJOLIBA la suite » constituent autant de signaux de continuité institutionnelle dans la tempête. La validation des stratégies de développement du secteur privé et de promotion du dialogue public-privé, ainsi que l’ancrage résolu dans la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine, dessinent par ailleurs une trajectoire d’ouverture maîtrisée face à un monde en recomposition accélérée.
Pour les pays d’Afrique de l’Ouest importateurs de pétrole, le conflit se traduit déjà très concrètement : carburant plus cher, transport plus cher, inflation sur l’ensemble des biens. La réponse de l’UEMOA sera collective ou ne sera pas.