La première session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour l’année 2026 s’est tenue ce jour au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Dakar. Placée sous le signe de l’ambition collective et de l’intégration régionale, cette rencontre a réuni les représentants des États membres autour d’un ordre du jour articulé autour des grands équilibres économiques de l’Union et des orientations stratégiques pour les années à venir.
Dans son discours d’ouverture, le ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Dr. Aboubakar Nacanabo, président en exercice du Conseil, a planté le décor d’un environnement international sous tension. Recomposition des alliances géopolitiques, transitions énergétiques et numériques, défis sécuritaires et climatiques au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Ces facteurs sont autant de pressions auxquelles l’UEMOA entend répondre non par la réaction, mais par l’anticipation. « Notre responsabilité est de faire de notre union non pas un espace qui subit, mais un espace qui choisit », a-t-il martelé devant ses collègues ministres de l’Union qui se disent favorables au cap d’une gouvernance régionale résolument tournée vers le long terme.
Dans le domaine macroéconomique, les indicateurs de 2025 sont globalement rassurants. La croissance dans l’Union s’est établie à 6,7 %, en hausse par rapport aux 6,2 % enregistrés en 2024, portée par la bonne performance des industries extractives, des services et d’une campagne agricole 2025-2026 satisfaisante. Plus remarquable encore, l’inflation a été ramenée à 0 % sur l’ensemble de l’année, contre 3,5 % en 2024, sous l’effet conjugué de la détente des prix mondiaux des produits alimentaires et énergétiques et de l’amélioration de l’offre céréalière locale. Les crédits à l’économie ont quant à eux progressé de 5,6 % à fin décembre 2025, témoignant d’un financement bancaire en regain de dynamisme.
À l’échelle mondiale, la croissance est estimée à 3,3 % en 2025, stable par rapport à 2024, et l’inflation mondiale recule à 4,1 % après 5,8 % l’année précédente. Cependant, les perspectives 2026 restent fragiles, exposées aux risques géopolitiques persistants, notamment au Moyen-Orient, ainsi qu’aux effets du changement climatique.
La session a également été marquée par plusieurs changements dans la composition du Conseil. Au titre de la Côte d’Ivoire, M. Souleymane Diarra Suba, ministre du Plan et du Développement, rejoint l’instance en remplacement de Mme Née Kaba. Le Niger y est désormais représenté par M. Maman Lawali Abou Rafa, nouveau ministre de l’Économie et des Finances, qui succède à M. Adi Maman, tandis que M. Bakary You Sangaré, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, prend la place de M. Sidi Maman comme second représentant. Dr. Aboubakar Nacanabo a salué chaleureusement les entrants tout en rendant un hommage appuyé aux membres sortants, saluant leur « hauteur de vue, leur constance et leur sens aigu de l’intérêt général ».
La session est appelée à se prononcer sur plusieurs dossiers structurants. Au titre de la BCEAO, le Conseil a examiné les rapports sur la situation économique et monétaire de l’Union au 31 décembre 2025 et devait se prononcer sur le renouvellement du mandat des représentants des États membres au sein du Comité de stabilité financière de l’UMOA. Du côté de la BOAD, les rapports annuels 2025 et les comptes de l’exercice clos au 31 décembre étaient soumis à approbation, de même que le plan stratégique 2026-2030 de l’institution. La Commission de l’UEMOA, pour sa part, a soumis au Conseil des projets de décision relatifs au développement du secteur privé, à la promotion du dialogue public-privé et au renforcement de la compétitivité des États membres dans le cadre de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).