Tuerie de la forêt classée de Boffa Bayotte / Me Ciré Clédor Ly : « Nous osons espérer que la Cour Suprême respectera les conventions internationales, car on ne peut rien obtenir avec notre droit qui est obsolète... »


Tuerie de la forêt classée de Boffa Bayotte / Me Ciré Clédor Ly : « Nous osons espérer que la Cour Suprême respectera les conventions internationales, car on ne peut rien obtenir avec notre droit qui est obsolète... »
"La Cour suprême a rejeté la liberté provisoire. J'ai demandé aussi au juge de leur permettre d'apporter la contrepreuve des accusations qui sont portées contre eux et d'établir leur innocence. C'est de simples accusations et pour un procès loyal et équitable, il faut leur permettre d'apporter des alibis par rapport à ces événements.

La chambre d'accusation a rejeté les deux demandes. Celle tendant à la liberté au motif que les faits sont graves et au motif que l'ordre public continue à être perturbé et enfin qu'ils pourraient corrompre des temoins. 

Nous avons saisi la chambre d'accusation qui a repris les mêmes arguments. Elle avait refusé de donner la chance aux inculpés de rapporter la preuve de ce que les jours de la réunion supposée de préparation, ils n'étaient pas là. Certains étaient à Dakar, d'autres hors du Sénégal. Par ailleurs, qu'ils n'avaient rien à voir avec tout ce qui s'est passé au niveau de la forêt de Boffa-Bayotte. 

Après les rejets, nous avons saisi la Cour suprême, la covid a fait que nous n'avons pas été convoqués à une audience ou en tout état de cause, nous n'avons pas reçu une convocation et conformément à ses règles, a pu rendre une décision de rejet de notre recours. Il fallait que j'informe les clients de ces décisions.

Par contre, par rapport à l'autre requête, la demande d'audition de témoins, demande d'expertise pour établir les faits rapportés par les gendarmes enquêteurs était mensongère et qu'il n'était pas établi des expertises, les éléments que nous avions posés, des expertises par rapport aux relevés téléphoniques. C'est des éléments techniques vérifiables. 

Pour l'instant, la Cour suprême n'a pas encore répondu à ces moyens. Nous ne les avons pas tirés du droit national, mais plutôt du droit international, où la personne a la possibilité de faire entendre des témoins et d'apporter la contre-preuve des éléments de l'accusation. Nous osons espérer que la Cour suprême respectera les conventions internationales signées par le Sénégal. On ne peut rien obtenir avec notre droit qui est obsolète qui ne permet pas d'organiser un procès équitable. 

Nous sommes au-delà de ce droit archaïque. Nous sommes sur le droit international, sur les dispositions, sur les conventions et les pactes signés par le Sénégal et que le Sénégal a l'obligation de respecter et que les juges ont l'obligation d'appliquer. Je pense que les juges vont se ressaisir..."
Lundi 15 Mars 2021
Dakaractu




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